ВУЗ: Не указан
Категория: Не указан
Дисциплина: Не указана
Добавлен: 20.01.2021
Просмотров: 4860
Скачиваний: 1

5
HYDROGÉOLOGIE
trouve des preuves du séjour de la mer dans des lieux
où elle n'est plus ? par quelle cause s'y est-elle trouvée,
et pourquoi n’y est-elle pas encore ?
4°. Quelle est l’influence des corps vivans sur les
matières qui se trouvent à la surface du globe terrestre
et qui composent la croûte dont il est recouvert, et
quels sont les résultats généraux de cette influence ?
Il ne s'agit pas de créer, à l’égard de ces belles
questions, d’ingénieux systèmes, ni de proposer de
brillantes hypothèses, en se fondant sur des principes
supposés ; cette manière d’étudier la Nature et d’en
vouloir tracer la marche, avance rarement nos
connaissances à cet égard ; et il arrive même le plus
souvent qu'elle en retarde les vrais progrès, en nous
écartant de la seule route qui peut nous en procurer de
solides.
Mais sommes-nous donc réduit à ne pouvoir former,
sur ces grands sujets, que des hypothèses arbitraires,
que des suppositions gratuites, et, comme le pensent
bien des modernes, devons-nous toujours éviter, sous
le prétexte de ce danger, les questions les plus
importantes, pour ne nous occuper qu’à considérer
celles d'un ordre inférieur ; qu'à recueillir sans cesse
tous les petits

6
HYDROGÉOLOGIE
faits qui se présentent, et qu'à les étudier isolément
jusque dans les plus minutieux détails, sans jamais oser
chercher, à découvrir les faits généraux ou ceux du
premier ordre, dont les autres ne sont que les derniers
résultats ?
Je le vois avec peine ; mais dans l’étude des
sciences, comme dans tout autre genre d'occupation, les
hommes à petites vues ne peuvent réellement se livrer
qu'à de petites choses, qu'à de petits détails, et leur
nombre est toujours celui qui domine. Or, par suite
naturelle de l'estime que chacun attache à ce qu'il peut
faire ou à ce qu'il est capable de concevoir, les hommes
ordinaires méprisent ou désapprouvent en général la
considération des grands objets et des grandes idées.
Si, comme on n'en saurait douter, il est vraiment
utile d'apporter, dans la recherche et la détermination
des faits, cette précision et cette scrupuleuse exactitude
qui honorent les savans qui s'en font une loi ; l’excès
de l'assujettissement à cette loi devient à la fin
dangereux, en ce qu'il tend sans cesse à rétrécir les
idées de ceux qui s'y livrent, et par l'habitude qu'il leur
donne de ne voir et de ne s'occuper que de petites
choses : cet excès jette les sciences physiques cultivées
de cette manière, dans un dédale de petits principes

7
HYDROGÉOLOGIE
multipliés et sans bornes ; il leur ôte la simplicité et la
clarté qu'elles doivent avoir, sans nuire à la solidité des
préceptes ; enfin, il en fait l'unique domaine d’un petit
nombre d'adeptes qui ont l’esprit propre à s'enfoncer
dans ce dédale scientifique et à s'y complaire.
Cependant en s'élevant, par la méditation, à la
contemplation de l'ensemble des faits observés, je vois
que parmi ces faits il y en a réellement de différens
ordres d’importance, en sorte que si ce que je nomme
les
petits faits
, ou ceux de l’ordre le plus inférieur, sont
les plus faciles à apercevoir, et fournissent aux
amateurs de ces petites découvertes un champ
inépuisable
; la Nature néanmoins nous offre
continuellement des grands faits dont la considération
est avant tout indispensable pour la bien juger, mais
que l'inattention et trop souvent l’incapacité empêchent
de saisir.
La solution des quatre questions mentionnées ci-
dessus me parait s'appuyer sur des faits de cet ordre.
Ainsi ces questions, présentées successivement, feront
ici chacune la matière d'un chapitre particulier fort
court.
Une bonne
Physique terrestre
doit comprendre
toutes les considérations du premier ordre, relatives à
l’atmosphère terrestre ;

8
HYDROGÉOLOGIE
ensuite toutes celles du même genre, qui concernent
l'état de la croûte externe de ce globe, ainsi que les
modifications et les changemens qu'elle subit
continuellement ; enfin celles de la même sorte, qui
appartiennent à l'origine et aux développemens
d'organisation des corps vivans. Ainsi toutes ces
considérations partagent naturellement la physique
terrestre en trois parties essentielles, dont la première
doit comprendre la théorie de l'atmosphère, la
Météorologie
; la seconde, celle de la croûte externe du
globe, l'
Hydrogéologie
; la troisième enfin, celle des
corps vivans, la
Biologie
.
Ce n'est donc réellement que la seconde partie de la
Physique terrestre que je publie maintenant dans cet
ouvrage, à la fin duquel on trouvera, dans un
Appendice, un Mémoire sur la matière du feu,
considérée comme instrument chimique dans les
analyses, et un autre
sur celle du son.

9
HYDROGÉOLOGIE
CHAPITRE PREMIER.
Quelles sont les suites naturelles de l'influence et des
mouvemens des eaux à la surface du globe terrestre ?
A
UCUNE
question, ce me semble, ne peut être plus
importante pour l'établissement d'une bonne théorie du
globe terrestre, que celle dont il s'agit ; elle prête moins
à l'imagination qu'aucune autre pour former des
hypothèses ; car tout ce qu'on peut dire à son égard, ne
peut être fondé que sur des faits généralement
reconnus, et ne saurait être appuyé sur des
suppositions. Cependant cette grande question, si
nécessaire à considérer, si facile à résoudre, me parait
encore neuve, au moins sous son point de vue général,
et, comme telle, a été jusqu'à présent négligée des
physiciens-naturalistes.
Les mouvemens des eaux à la surface du globe
doivent être distingués en deux sortes ; savoir : ceux
des
eaux douces
, qui opèrent leur influence à la surface
des parties sèches du globe dont il s'agit, et ceux des
eaux