ВУЗ: Не указан
Категория: Не указан
Дисциплина: Не указана
Добавлен: 20.01.2021
Просмотров: 4865
Скачиваний: 1

15
HYDROGÉOLOGIE
dans les Pyrénées, dont la hauteur est de 3,435 mètres ;
le
mont Etna
en Sicile, qui a 3,258 mètres de hauteur,
etc. il n'est pas vraisemblable, ajoute-t-on, que des
montagnes aussi hautes aient été taillées dans une
plaine dont elles auraient autrefois fait partie, c'est-à-
dire, dont elles auraient constitué une partie de la
masse ; il faudrait, pour que cela eût pu avoir lieu, que
les plaines capables de fournir de pareilles montagnes
eussent été élevées au dessus du niveau des eaux
marines, au moins de toute la hauteur de ces
montagnes ; ce qui ne paraît ni vraisemblable ni même
possible.
A cette objection spécieuse je répondrai que je me
crois cependant très-fondé, comme on le verra par la
suite de cet ouvrage, à assurer que, parmi les
montagnes en question, toutes celles qui ne sont pas le
résultat d'irruptions volcaniques, ont été formées et
taillées dans une plaine ; car celles qui ont été produites
par des volcans (et ce sont les plus hautes), comme le
Pichincha
, le
Pic de Ténériffe,
l’
Etna
et bien d'autres,
résultent évidemment d'une longue suite de dépôts
auxquels les éruptions de ces volcans ont donné lieu.
Or, quant aux montagnes non volcaniques, il m'est
facile de faire voir que les

16
HYDROGÉOLOGIE
plaines qui les ont fournies, ont pu autrefois s'être
trouvées à cette élévation, et que cette même élévation
n'est telle que nous la voyons maintenant, que parce
que le niveau des eaux marines qui les avoisinent à
présent, est fort changé par rapport à celui qui existait
lorsque les mers
étaient très-éloignées.
Quiconque, en effet, méditera profondément sur les
faits et les considérations qui vont être exposées dans
cet ouvrage, sera nécessairement dans le cas de se
convaincre que cette même élévation des plaines qui
ont fourni les montagnes non volcaniques, n'est
maintenant très-grande que par rapport à l'état actuel
des choses, qui n’est plus tel qu'il était réellement alors.
Deux causes, par exemple, ont dû concourir à rendre
l'élévation dont il s'agit, aussi grande que nous la
trouvons actuellement.
L'une consiste dans l’amoncèlement continuel des
matières de remplissage dans la partie du bassin des
mers, dont ces mêmes mers s'éloignent
insensiblement ; car elles n'abandonnent ces parties de
son bassin, qui deviennent de plus en plus voisines des
côtes qu'elle tend à quitter, qu'après avoir rempli leur
fond
et l'avoir élevé graduellement. Il en résulte que les
côtes que la mer va aban- [abandonner]

17
HYDROGÉOLOGIE
donner, ne sont jamais constituées par un terrain bien
bas, quoique souvent il paraisse tel ; car elles sont
exhaussées sans cesse par les suites du balancement
perpétuel des eaux marines, qui rejette en général de
leur côté toutes les matières de remplissage apportées
par les fleuves ; en sorte que les grandes profondeurs
des mers ne se rencontrent point près des côtes que les
mers fuient, mais dans leur milieu et dans le voisinage
des côtes opposées que ces mers tendent à envahir.
L'autre cause, comme on le verra, se trouve dans les
détritus
successivement accumulés des corps vivans
qui élèvent perpétuellement, quoiqu'avec une lenteur
extrême, le sol des parties sèches du globe, et qui le
font avec d'autant plus de succès, que la situation de
ces parties donne moins de prise aux dégradations
qu'opèrent les eaux douces.
Sans doute une plaine qui doit un jour fournir les
montagnes que les eaux douces tailleront dans sa
masse, a pu, lorsqu'elle était encore peu distante de la
mer, n'avoir qu'une médiocre élévation au dessus de ses
eaux ; mais à mesure que le bassin des mers s'est
éloigné de cette plaine, ce bassin s'enfonçant toujours
dans l'épaisseur de la croûte externe du globe, et le sol
de la plaine s'éle- [s’élevant]

18
HYDROGÉOLOGIE
vant perpétuellement par les
détritus
des corps vivans,
il a dû arriver qu'à la suite des siècles d'élévation de la
plaine dont il s'agit, soit à la fin suffisante pour qu'un
jour de hautes montagnes puissent être formées et
taillées dans son épaisseur.
Quoique la chétive durée de la vie de l'homme le
mette hors d'état de s'apercevoir de ce fait, il est certain
que le sol d'une plaine acquiert sans cesse un
accroissement réel dans son élévation, tant qu'il est
recouvert de végétaux et d'animaux divers. En effet, les
débris successivement entassés des générations
multipliées de tous ces êtres qui périssent tour-à-tour,
et qui, par suite de l'action de leurs organes, ont,
pendant le cours de leur vie, donné lieu à des
combinaisons qui n'eussent jamais existé sans ce
moyen, et dont la plupart des principes qui les forment,
ne furent point empruntés du sol ; ces débris, dis-je, se
consumant successivement sur le sol de la plaine en
question, augmentent graduellement l'épaisseur de sa
couche externe, y multiplient les substances minérales
de toutes les sortes, et y élèvent insensiblement le
terrain.
Les vastes plaines de la Tartarie ont maintenant une
élévation très-considérable au

19
HYDROGÉOLOGIE
dessus du niveau des eaux marines, parce qu'elles ont
cessé d'être sous les eaux depuis un tems immémorial,
et qu'elles ont dû subir les effets des causes que je
viens d'indiquer. Mais à mesure que la mer s'en
rapprochera pour les envahir, ce qui arrivera par l'est de
ce pays ; à mesure que les distances du centre de ces
vastes plaines aux rives de la mer seront moins
grandes, les mouvemens des eaux douces y creuseront
d'énormes vallées, et y tailleront, avec le tems, des
montagnes qui auront une hauteur d'autant plus
considérable, que les plaines qui les fourniront auront
eu plus d'élévation.
L'élévation des plaines que je cite, est un fait
reconnu : elle s'est sans doute opérée par la voie que
j'indique, par celle des
détritus
successifs des corps
vivans qui y ont formé toutes les matières argileuses et
calcaires qui s'y trouvent, ainsi que celles qui en
dérivent ; et quoiqu'il y ait une énorme quantité de
siècles que ces plaines existent, si les eaux douces ne
les ont pas encore taillées en montagnes, et n'y ont pas
creusé d'immenses et profondes vallées, c'est parce que
la grande distance qui sépare ces vastes plaines des
rives de la mer, ne le permet pas.
Quant aux montagnes de
roches informées
,