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HYDROGÉOLOGIE

salées

, qui exercent la leur dans le bassin des mers.

Nous allons voir que ces deux sortes de mouvemens

des eaux se contrarient mutuellement, et néanmoins se
compensent dans leurs résultats ; et que la première
sorte constitue l'une des principales causes des

mutations perpétuelles 

que subissent les parties sèches

du globe, qui 

s'élèv

ent au dessus du niveau des eaux

marines, tandis que la seconde sorte donne lieu à

l’enfoncement constant du 

bassin 

des mers 

dans un

lit borné de toutes parts.

Résultat de l'influence et des mouvemens des eaux

douces.

Les mouvemens des eaux douces sur les parties

découvertes du globe sont ceux qui sont occasionnés
par les pluies, les

orages, les fontes de neiges ; en un

mot, l'écoulement des eaux vers les lieux bas, comme
celui des torrens, des ruisseaux, des rivières, des
fleuves ; des eaux pluviales de tous les genres ; enfin,
des sources et des fontaines.

En humectant et lavant sans cesse les parties

saillantes au dessus du niveau des mers, les eaux
douces, aidées par l'action alterna- [alternative]


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HYDROGÉOLOGIE

tive du soleil et des influences atmosphériques (

1

),

altèrent et détachent continuellement de ces parties
saillantes, des particules, soit terreuses, soit pierreuses,
soit des autres corps qu'elles ont détruits, décomposés
ou dissous ; les entraînent sans cesse vers les lieux bas,
et enfin les portent jusque dans le bassin des mers,
qu'elles tendent toujours à combler.

Or, je vais faire voir que, par les suites de ce

mouvement des 

eaux douces, 

les plaines perdent

insensiblement leur intégrité et leur niveau ; les ravines
se forment, se creusent et se changent en immenses
vallées ; les côtes, qui accompagnent et enferment les
bassins des fleuves, se changent en crêtes élevées, se
divisent ensuite en différens lobes qui, 

à 

leur tour, se

taillent et s'aiguisent en montagnes.

Si l'on suppose que toute la partie découverte de la

surface du globe ait été dans son origine une vaste
plaine, c'est-à-dire, n'ait

__________

(1) Rien ne résiste à l'activité des influences alternatives de

l'humidité et de la sécheresse, combinée avec celles du chaud et du
froid, avec celle des gelées, etc. activité qui est destructive de toute
aggrégation de molécules intégrantes ou essentielles, et de toute
combinaison quelconque, quoique plus ou moins promptement selon
la nature et l'état des corps qui en subissent les effets.


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HYDROGÉOLOGIE

présenté à l'extérieur qu'une surface plane, n'offrant ni
montagnes ni vallons, et n'ayant d'autre courbure que
celle qu'elle reçoit de la forme générale du globe ;
quoique cette supposition ne soit pas nécessaire, parce
que sans doute les terrains abandonnés successivement
par la mer ne sont pas tous sans inégalité dans leur
plan, il m’est aisé de faire voir qu'au bout d'un tems
quelconque l'influence des eaux pluviales aura dénaturé
ou détruit le niveau et la régularité de cette vaste
plaine, et par la suite aura pu former des montagnes
semblables à celles que nous connaissons.

En effet, cette influence des eaux pluviales aura

d'abord formé sur la surface de la plaine dont il s'agit,
des excavations diverses. Bientôt après les eaux,
amassées en différens lieux, se seront frayées un
passage vers les points les moins élevés de leur
voisinage. Celles qui se seront trouvées peu distantes
de la mer, s'y seront jetées, et auront tracé sur le sol un
petit canal qui se sera agrandi, avec le tems, par la
continuité du passage des eaux. De proche en proche
les eaux amassées dans les différentes excavations de
la plaine se seront jetées dans les canaux qui avoisinent
la mer, et par cette voie, jointe au tems 


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HYDROGÉOLOGIE

nécessaire, auront dû naître les ruisseaux, les torrens,
les rivières et les fleuves qui sillonnent de tous cotés
les parties découvertes de la surface du globe.

Chaque fleuve se sera creusé, avec l'aide du tems, un

bassin vaste, irrégulier comme son cours, et au centre
duquel se sera trouvé le lit ou le canal de ses eaux.
Chaque bassin aura nécessairement présenté de chaque
coté deux côtes élevées plus ou moins distantes,
accompagnant son lit presque jusqu'à la mer. La
multiplicité des bassins qui se seront établis sur la vaste
plaine en question, aura par la suite changé les côtes de
chaque bassin en espèce de crêtes. Enfin ces crêtes,
saillantes et fort élevées, se trouvant très-souvent
baignées ou humectées par les nuages, et inondées par
les dégroupemens des nuages orageux ou par des pluies
multipliées, auront dû s'imbiber d'une humidité très-
abondante. Or, il en sera résulté, par des suintemens
continus, des fontaines, des ruisseaux, des torrens qui
auront dégradé et divisé ces mêmes crêtes, et les auront
partagés en différens lobes. En un mot, ces lobes, plus
ou moins aiguisés par les lavages des eaux pluviales,
auront formé des montagnes semblables à


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HYDROGÉOLOGIE

celles que nous observons maintenant, ou au moins à la
plupart d'entre elles.

Cette marche est celle de la Nature, celle de ses

moyens connus et de ses facultés, celle enfin
qu'indique l'observation de ce qui se passe
continuellement sous nos yeux.

Il est donc évident pour moi, que toute montagne qui

n'est pas le résultat d'une 

irruption volcanique 

ou de

quelque autre catastrophe locale, a été taillée dans une
plaine, ou s'est formée insensiblement, dans sa masse,
ou en a fait elle-même partie : en sorte que les sommets
des montagnes qui sont dans ce cas, ne sont que des
restes de l'ancien niveau de la plaine dont il s'agit, si les
lavages et les autres causes de dégradation n’en ont pas
depuis opéré le racourcissement.

Mais, m'objectera-t-on, il n'est pas vraisemblable que

des montagnes élevées à plus 3,000 mètres (plus de
1,500 toises) au dessus du niveau des eaux marines,
comme le 

Pichincha 

au Pérou, dont la hauteur est de

6,274 mètres ; le 

Pic de Ténériffe

, qui a 3,710 mètres

de hauteur ; le 

mont Blanc 

dans les Alpes, qui est haut

de 3,076 mètres ; le 

mont Saint-Gottard

, aussi dans les

Alpes, qui a 3,215 mètres de hauteur ; le 

mont Perdu