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HYDROGÉOLOGIE

épingle à l'autre extrémité, tandis que ce léger bruit ne
saurait être entendu à travers l'air à la distance d'un
mètre.

Si l'on passe un bout de corde dans le sommet d'une

pincette de cheminée (de celles qui ne sont pas à
charnière), et qu'on porte à ses oreilles les bouts de
cette corde, en faisant balancer et frapper contre
quelque corps solide la pincette ainsi suspendue, on
entend aussitôt un bruit et un bourdonnement
considérables, qui cessent dès que l'on éloigne des
oreilles les bouts de la corde, et qui recommencent dès
qu'on les en rapproche. Les enfans s'en font un jeu qui
les amuse, parce qu'ils aiment le bruit. Mais le
physicien, pour qui aucun fait n'est indifférent,
remarque ici que la matière du son, mue par le choc et
les frémissemens de la pincette, propage avec plus de
force ses ébranlemens à travers la corde, dans le sens
de sa longueur, qu'à travers l'air commun.

Pour prouver encore la propagation du son et par

conséquent des ébranlemens de la matière qui le forme
au travers des corps solides, je citerai les faits suivans :

1°. Si on froisse avec une pierre le mur d'une maison à
l'extérieur, les personnes qui sont dans cette maison,
entendront un bruit


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HYDROGÉOLOGIE

plus considérable que celui qui frappe l’ouïe en

dehors.

2°. Deux mineurs travaillant dans des souterrains,
quoiqu'il y ait 20 à 30 mètres (60 à 90 pieds et plus)
d'épaisseur de roche dure, la plus compacte entr'eux,
entendent réciproquement la percussion de leurs outils.
Si l'un interrompt son ouvrage, l'autre peut s'en
apercevoir par la cessation du bruit, surtout s'il
approche l’oreille de la roche.

En outre, lorsque les Tartares craignent d'être

attaqués à l’improviste par leurs ennemis, qui, selon
l'usage, sont à cheval et souvent forment une cavalerie
nombreuse, ils connaissent à merveille leur arrivée,
même à une distance considérable, en prenant la
précaution suivante. Ils ordonnent à leurs sentinelles de
se coucher sur la terre et d'y prêter l'oreille, ou ils s'y
couchent les uns les autres à différens intervalles. Alors
si l'ennemi vient, les Tartares, entendant de très-loin les
pas des chevaux, jugent très-bien, par ce moyen, de la
distance de l’ennemi, et même à peu près du nombre de
combattans qu'il compose, tandis qu'à travers l'air
environnant l'ennemi ne pourrait être entendu, à moins
d'être fort près.

Enfin, des expériences ont prouvé que si, à un 

piano

situé dans une chambre, l'on fait


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HYDROGÉOLOGIE

toucher un gros fil de fer neuf ou une verge d'acier, et
que ce fil de fer, restant en contact avec l’instrument,
soit conduit par un petit trou dans le mur ou dans la
porte jusque dans une troisième chambre ; et que si
ensuite, lorsqu'on exécutera quelque pièce sur le piano,
une personne se trouve dans la troisième chambre
ayant toutes les portes fermées, elle n'entendra pas le
moindre son ; mais dans cette circonstance, si cette
personne prend le fil de fer entre les dents, alors les
sons du piano lui paraîtront très-distincts.

Toutes ces observations s'accordent donc à prouver

que le fluide élastique et très-subtil qui forme le son,
propage d'autant plus facilement ses ébranlemens, qu'il
traverse des milieux plus denses.

Que l'on se rappelle en outre les sensations

intérieures et singulières que certains sons nous font
éprouver, et les effets étonnans que la musique produit
sur nous ; que l'on se rappelle surtout sa puissance pour
émouvoir nos passions, alors on jugera si le
tremblement nécessairement lent d'un fluide aussi
grossier et aussi peu pénétrant que l'air peut avoir de
semblables facultés.

Il paraît que le son ou le bruit éprouve de la

difficulté à se transmettre d'un milieu dans


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HYDROGÉOLOGIE

un autre, lorsque la différence des densités est
considérable, à moins que l'un des deux milieux n'ait
peu d'épaisseur. Cela est cause qu'il est aisément
réfléchi par les corps durs, lorsque la matière élastique
et subtile qui le forme, propage ses ébranlemens à
travers un milieu rare et vient à rencontrer ces corps.
En effet, quoique cette matière du son soit elle-même
très-pénétrante, on sent que l’extrême promptitude, et
même que la nature de ses ébranlemens la mettent
plutôt dans le cas d'être répercutée ou réfléchie dans
cette circonstance, que de se répandre avec la
conservation de ses mouvemens, d'un milieu rare dans
un autre beaucoup plus dense. L'observation des faits
me paraît confirmer complétement cette idée.

L'

écho

 n'est pas seulement le résultat d'une réflexion

parfaite du son, comme Buffon l’a pensé (vol. 3, p.
342), mais il est dû à une réunion, dans un point
central, de réflexions ou répercussions diverses de la
matière ébranlée qui le forme. Aussi l'

écho

 se trouve-t-

il en un point qui peut être regardé comme le foyer où
se réunissent les réflexions ou les répercussions
diverses de la matière du son. En deçà et au-delà de ce
point, l'

écho

 n'a plus lieu.

Si vous êtes placé en face d'une muraille


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HYDROGÉOLOGIE

en ligne droite, à une distance quelconque, le bruit que
vous ferez, ne se répétera pas en 

écho 

à vos oreilles,

parce que les répercussions de la matière du son,
ébranlée par vous, ne se réuniront pas en un foyer.
Mais si la muraille était disposée en ligne courbe, il se
trouverait un point d'où le bruit formé pourrait se
répéter en 

écho.

On sait qu'au milieu d'une caverne, que sous la voûte

d'un bâtiment, qu'entre les rochers d'une montagne, et
qu'entre les arbres d'une forêt, le bruit ou le son y
forme ordinairement des 

échos 

remarquables : or, la

disposition de ces corps durs, c'est-à-dire, celle des
parois de la caverne et de la voûte, celle des rochers et
des arbres que je viens de citer, les met dans le cas de
réfléchir diversement la matière ébranlée qui produit le
son ou le bruit ; et c'est dans les points où un certain
nombre de ces réflexions se réunissent et se croisent,
que se rencontrent les 

échos

 que l'on y observe.

Hors des foyers dont je viens de parler, les lieux où

s'opèrent beaucoup de réflexions de la matière du son,
ébranlée par le choc ou la vibration de quelques corps,
résonnent considérablement et souvent même d'une
manière incommode ; mais il n'y a point d'

écho.