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HYDROGÉOLOGIE

Au couchant comme au levant, tout est secondaire et

plein de coquillages. J'ai envoyé un de mes élèves vers
Vignamale ; il m'en a rapporté une corne d'ammon. ”

Ce que j'ai trouvé de mieux conservé en débris de

corps marins, est une ammonite parfaite, l'impression
exacte d'une pectinite, des empreintes de cames, des
astéries, beaucoup d'huîtres en substance, des
caryophylites et une multitude de madrépores. ”

Journal des Mines, 

n°. 37, p. 36, 37 et 38.

Le citoyen Picot Lapeyrouse, en parlant des

alentours du Mont-Perdu, à la hauteur où l’on
rencontre des glaces et des neiges permanentes,
s'exprima ainsi :

“ Le pied des neiges qui recouvrent en entier le

passage de la brèche du Tucarroy, est obstrué par de
gros quartiers à angles vifs, de la pierre calcaire et du
grès dont nous venons de parler. La surface
décomposée de la pierre calcaire offre des coupes
longitudinales d'une espèce de came pectiniforme à
cannelures profondes : elle y est très-commune (c'est
un 

cardium

). J'y ai pris aussi un buccin à bec alongé.

Les alentours du Mont-Perdu abondent en ostracites

écailleuses de l'espèce commune (

ostrea

 ....) ; j'en ai

des groupes entiers,


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HYDROGÉOLOGIE

et j'en ai d'isolées…. J'en ai d'autres mêlées avec des
gryphytes semblables à celles que Gillet avait
ramassées au pied du cirque du Marbaré….

Ce ne sont pas les seules dépouilles de corps marins

qui aient été déposées à une si grande hauteur. Toutes
les murailles des environs du lac sont farcies d'un
rétépore infundibuliforme 

(ocellite

).... 

La quantité

prodigieuse de cette espèce de polypier qu'on trouve
ici, non-seulement à la surface, mais encore dans le
cœur de la roche, ne permet pas de douter qu'il n'y ait
vécu par famille. J'ai des morceaux de ce rétépore, sur
lesquels sont groupés des vermiculites (des serpules) et
d'autres qui sont percés par de nombreuses piqûres de
vers marins. ” J

ournal des Mines, 

n°. 37, p. 55, 56 et

57.

La citation de ces observations connues suffit, je

crois, pour convaincre qu'à des hauteurs considérables
sur les montagnes, ainsi que dans les plaines, on trouve
quantité de débris de corps marins dans l’état fossile, et
particuliérement des coquillages, des astéries, des
échinites et des polypiers divers.

Les fossiles sont, les uns enfouis dans la terre, et les

autres gissant çà et là à sa surface. En beaucoup
d'endroits, les fossiles en- [enfoncés]


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HYDROGÉOLOGIE

foncés dans la terre y forment des bancs d'une étendue
de plusieurs lieues en longueur, et même de plusieurs
centaines de lieues. On en trouve dans l'épaisseur de la
croûte externe du globe, à des profondeurs très-
considérables ; au fond des puits et dans des mines les
plus profondes. En un mot, le nombre de ces dépouilles
d'animaux marins est si prodigieux, qu'il n'est pas à
croire que la mer en nourrisse davantage, et qu'il
devient évident que chaque partie maintenant à nu de la
surface du globe, a été autrefois, pendant un tems très-
long, un véritable fond de mer.

Non-seulement les fossiles se trouvent dans la terre,

mais ils se 

rencontrent 

aussi dans la pierre, soit tendre,

soit même la plus dure, où ils sont situés dans toutes
sortes de directions et sans régularité.

A mesure que la pierre tendre passe à l'état de pierre

dure et devient graduellement quartzeuse (

1

), on

remarque dans ce dernier état, entre chacune des
coquilles fossiles et la masse pierreuse qui les contient,
un petit espace vuide, qui est néanmoins le plus
souvent interrompu par les adhérences de quel-
[quelques-uns]

__________

(1) 

Voyez

 mes 

Mémoires de Physique et d'Histoire naturelle

, p.

343, §§. 492, 493, 494 et 495.


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HYDROGÉOLOGIE

ques-uns des cotés des coquilles à la pierre.

L'espace v

uide dont je viens de parler, est dû au

retrait qu'a successivement éprouvé la matière calcaire,
en s'altérant pour passer à l’état quartzeux. Quelquefois
le vuide dont il s'agit est assez considérable, parce que
la coquille ayant été détruite, et ses principes entraînés
par la filtration des eaux, il n'en reste plus dans la
pierre que le moule qu'elle a formé ; c'est-à-dire, que la
masse dure, terreuse ou pierreuse dont elle se trouvait
remplie avant sa destruction.

Quelquefois les retraits opérés par l’altération que

subissent avec le tems les matières minérales qui se
durcissent graduellement à mesure qu'elles se
dénaturent (

1

),

produisent des affaissemens, et par

suite, des compressions locales si considérables, que
plusieurs coquilles fossiles en sont éminemment
applaties. Nos collections en offrent de nombreux
exemples.

Les coquilles fossiles connues sont presque toutes

des coquilles marines, c'est-à-dire, des coquilles dont
les animaux ont vécu nécessairement dans la mer. Cette
assertion est

__________

(1) 

Voyez

 mes 

Mémoires de Physique et d'Histoire naturelle

, p.

343, §. 492


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HYDROGÉOLOGIE

fondée sur l'analogie incontestable du très grand
nombre de coquilles fossiles observées, avec les
coquillages marins maintenant connus.

On trouve, à la vérité, quelquefois parmi les fossiles

enfouies dans la terre, quelques coquilles terrestres et
fluviatiles, qui y sont aussi dans l’état fossile. Leur
origine ne doit pas embarrasser ; car on sent que les
fleuves rapides ont pu porter dans les mers des
coquilles fluviatiles qui habitent dans leurs eaux ou
dans celles des rivières qui les y auront entraînées, et
qu'ils auront de même pu charier dans la mer des
coquilles terrestres que des éboulemens auront
précipitées dans leur sein. On en trouverait sans doute
bien davantage parmi les fossiles marins, si la
délicatesse en général des coquilles terrestres et
fluviatiles n'était cause que le plus souvent elles sont
brisées et détruites avant d'être parvenues à la mer.

Les coquilles fossiles doivent être distinguées,

comme celles qui sont dans l’état vivant ou marin, en
coquilles littorales et en coquilles pélagiennes. Cette
distinction est d'autant plus importante à faire, que la
considération des fossiles est, comme nous l’avons déjà
dit, un des principaux moyens de bien connaître les
révolutions qui