ВУЗ: Не указан
Категория: Не указан
Дисциплина: Не указана
Добавлен: 20.01.2021
Просмотров: 4926
Скачиваний: 1

50
HYDROGÉOLOGIE
le mouvement général de l'
est
à l'
ouest
, que l’île de
Madagascar fut détachée de l'Afrique, et que l'île de
Ceylan le fut de l'Inde.
On voit donc que, quoique le mouvement général des
mers soit essentiellement de l'
est
vers l'
ouest
, puisqu'il
résulte de l'action de la lune qui
retarde
les eaux
marines dans leur mouvement commun avec la masse
entière du globe, néanmoins les obstacles qu'éprouvent
les mers dans leur cours vers l'ouest, les forçant de
dévier, depuis bien des siècles, du côté du sud, le
déplacement du bassin des mers est en train de se faire
de ce côté, et non uniquement vers l'ouest.
Il paraît, d'après les observations de plusieurs
naturalistes voyageurs, qu'il est certain que la mer se
porte graduellement, depuis un grand nombre de
siècles, dans les régions situées au-delà de l'équateur ;
en sorte que, dans ces régions, les îles semblent tous les
jours s'enfoncer de plus en plus dans les eaux, et
diminuer dans les diamètres de leur étendue. Les
Maldives
ne sont que les sommets des montagnes d'une
grande île longitudinale détachée autrefois du sud-sud-
ouest de l'Inde, etc. Au contraire, dans les régions
boréales de notre globe, diverses observations connues
attestent que la mer s’y abaisse insensiblement.

51
HYDROGÉOLOGIE
M. Thunberg a fait voir que le
détroit du
Sund
se
rétrécissait tous les jours, au point de faire prévoir que
ce passage sera sous peu de siècles interdit aux navires,
et que la mer Baltique pourra devenir un vaste lac.
On sait que le terrain de la Hollande et de la Zélande
était anciennement caché sous les eaux, et que celui de
la côte orientale d'Angleterre est actuellement bien plus
élevé qu'il ne l'était autrefois.
On a observé que la mer baisse dans l'espace de cent
ans, de quarante-quatre pouces sur les côtes de la
Suède ; ce qui prouverait que ce pays n'existait pas
encore il y a deux mille ans, ou du moins que ses
montagnes n'étaient que des îles. Ce résultat
d'observations trouve un appui dans l'opinion de
Tacite, qui dit expressément que les Sagons habitent
des îles ; aussi remarque-t-on que la Suède offre tous
les symptômes d'un pays tout nouvellement sorti des
eaux, très-peu de terre végétale sur un roc.
M. Pallas a prouvé que la mer Caspienne avait
occupé, dans l'Asie, un espace bien plus grand que
celui qui la contient maintenant ; et il est arrivé à
l'espace qui la sépare de la mer Noire, avec laquelle
elle communiquait autrefois, ce qui arrivera
immanquablement

52
HYDROGÉOLOGIE
un jour an détroit du
Sund,
et vraisemblablement un
jour au
détroit de Calais
, où la jonction de l’Angleterre
à la France s'opérera de nouveau, et transformera la
Manche en un golfe profond et rétréci dans le fond,
comme la mer Rouge.
Enfin, un grand nombre d'observations consignées
dans différens ouvrages, attestent que, sur les côtes
d'Allemagne, d'Angleterre, de France, d'Italie,
d'Espagne, etc. la mer s'est éloignée en beaucoup
d'endroits.
Comme les mers, à cause de la résistance de
l'Amérique et de l’Asie orientale, sont, depuis quantité
de siècles, en train de se porter vers le pôle austral, et
qu'elles envahissent continuellement de ce côté ; tandis
que du côté du nord elles abandonnent et élèvent
proportionnellement le sol, l'équilibre qui se détruit de
plus en plus dans la pesanteur du rayon terrestre boréal
et du rayon austral, doit faire changer insensiblement
les deux points opposés de l'axe de rotation du globe.
Cela se peut d'autant plus, que cet axe n'est que
rationnel, et qu'il doit s'accommoder aux mutations de
pesanteur des rayons terrestres.
Quoique de pareils changemens soient, relativement
à notre existence éphémère, d'une

53
HYDROGÉOLOGIE
lenteur excessive, on se convaincra qu'ils s'opèrent
effectivement, si l'on fait attention aux antiques
observations des Egyptiens, recueillies récemment en
Égypte par le citoyen Nouette. En effet, parmi ces
observations, qui remontent à une grande antiquité,
puisque les prêtres égyptiens faisaient l’énumération de
trois cent quarante-un rois qui ont régné dans l'espace
de 11,340 ans, il en est qui attestent qu'autrefois la ville
de Sienne était sous le tropique, et qu'au solstice d'été,
le soleil observé d’Alexandrie, n'était éloigné du zénith
que de 7 degrés.
Il paraît donc que le point boréal de rotation se
rapproche insensiblement de l'Europe, puisque Sienne
et Alexandrie en sont maintenant moins éloignées
qu'autrefois.
Au reste, on peut remarquer que les changemens que
les deux points polaires sont dans le cas de subir par les
causes que j'ai indiquées, peuvent très-bien s’observer
sans faire varier l’inclinaison de l'axe terrestre sur le
plan de l’écliptique. La variation lente qu'on observe
dans cette inclinaison, me paraît indépendante de celle
des points polaires.
Je reviens au déplacement du bassin des mers, et je
dis que ce déplacement est nécessairement irrégulier,
puisque les points de

54
HYDROGÉOLOGIE
résistance qui se rencontrent dans sa direction
naturelle, ne sont et ne peuvent être vaincus
successivement qu’avec beaucoup d'irrégularité ; mais
ces déplacemens n'en ont pas moins constamment lieu,
et dans quelque sens que ces déplacemens s'opèrent, les
mers n'en parcourent pas moins successivement tous
les points de la surface du globe ; ce dont nous allons
donner de nouvelles preuves. Il suffit à présent qu'on
sache que dans cette opération, dont la lenteur est
inappréciable, la mer divise, détruit et envahit
constamment d'un côté les continens qu'elle rencontre
sur son passage, tandis que de l’autre côté elle s'abaisse
sans cesse, abandonne le sol après l’avoir élevé, et
referme derrière elle de nouveaux continens qu'elle
reviendra détruire un jour.
Des monumens authentiques et irrécusables attestent
que la mer a réellement autrefois séjourné dans des
points de la surface du globe où maintenant elle n'est
plus.
Lorsqu'un examen approfondi de l'état des choses
nous montre que, sans l'existence de la lune dans le
voisinage de la terre, les mers n'existeraient point elles-
mêmes telles que