ВУЗ: Не указан

Категория: Не указан

Дисциплина: Не указана

Добавлен: 20.01.2021

Просмотров: 4897

Скачиваний: 1

ВНИМАНИЕ! Если данный файл нарушает Ваши авторские права, то обязательно сообщите нам.
background image

75

HYDROGÉOLOGIE

lement, ont pu former ces bancs de coquilles, devenues
fossiles après un laps de tems considérable, et dans
lesquels il est souvent possible de distinguer différens
lits.

Mais une catastrophe qui ne peut être autre chose

qu'un bouleversement qui mêle et confond tout, peut-
elle avoir formé ces dépôts isolés de fossiles qu'on
observe dans tant de pays divers ? Et d'ailleurs,
comment cette catastrophe aurait-elle pu occasioner le
transport de ces amas de coquilles marines au milieu
des continens ? Enfin, comment dans ces transports
supposés aurait-elle pu conserver les couches diverses
résultantes des différens dépôts qui se sont
successivement formés pendant le séjour des eaux de la
mer ?

Je pourrais encore demander comment, dans la

supposition d'une catastrophe universelle, auraient pu
se conserver une infinité de coquilles délicates que le
moindre choc pouvait briser, et dont cependant on
trouve maintenant un grand nombre dans leur intégrité
parmi les autres fossiles. Comment encore eût-il pu se
faire que les coquilles bivalves, dont les pierres
calcaires et même les pierres parvenues à l’état
siliceux, sont lardées, soient toutes encore munies de
leurs deux valves, comme je l'ai remarqué, si les 


background image

76

HYDROGÉOLOGIE

animaux de ces coquilles n'eussent vécu dans ces
endroits ?

Si la mer avait toujours existé dans le même lieu,

c'est-à-dire, si son lit n'avait jamais changé de place, la
supposition d'une catastrophe universelle ou d'un
déluge à une époque quelconque, qui aurait couvert
d'eau toute la surface du globe, fut-ce même à

la

hauteur de mille mètres, n'offrirait pas une cause
capable d'avoir pu produire les énormes dépôts de
coquilles marines que nous observons dans l’état
fossile sur nos continens.

En effet, cette cause n'aurait pas été capable d'enlever

du fond des mers les grands dépôts de coquilles dont il
s'agit, pour les transporter et les déposer par lits
remarquables sur les points du globe que les mers ne
recouvraient pas. D'abord, comme je l’ai déjà dit, il a
fallu que les animaux marins, dont nous trouvons dans
nos champs les débris fossiles, aient nécessairement
vécu dans les lieux où nous rencontrons ces débris. Or,
cela eût exigé une durée en quelque sorte immense du
séjour des eaux qu'on voudrait supposer avoir
recouvert à la fois le globe entier.

Ensuite, si, selon la même supposition, le globe eût été
partout subitement recouvert


background image

77

HYDROGÉOLOGIE

par les eaux, les animaux qui vivent habituellement sur
les rivages ou sur les bords  de  la  mer,  auraient
nécessairement bientôt cessé de vivre : il n'y aurait plus
eu pour eux de rivages, et ils se seraient trouvés à des
profondeurs qui ne leur conviennent pas. Or, si cela eût
été ainsi, on ne trouverait pas maintenant, parmi les
fossiles, des 

coquilles littorales. 

Cependant on sait que

parmi nos fossiles, ce sont celles-là qui sont les plus
nombreuses et les plus abondantes. Et en effet, comme
moins anciennes, elles ont dû plus aisément se
conserver.

On ne saurait douter que les débris de tant de

testacées, que tant de coquilles déposées, par la suite
changées en fossiles, et dont la plupart se détruisent
totalement avant que leur substance soit parvenue à
l’état siliceux, ne fournissent une grande partie de la
matière calcaire que nous observons à la surface et
dans la couche extérieure du globe terrestre.

Néanmoins il y a dans la mer, pour la formation de la

matière calcaire, une cause qui agit bien plus en grand
que les mollusques testacées, qui est par conséquent
bien plus puissante encore, et à laquelle il faut
rapporter les 99 centièmes, et bien plus de la matière
calcaire qu'on trouve dans la Nature. 


background image

78

HYDROGÉOLOGIE

Cette cause, si importante à considérer, c'est

l'existence des 

polypes coralligènes, 

qu'on pourrait

aussi nommer 

polypes testacées, 

parce qu'aussi bien

que les mollusques testacées, ces polypes ont la faculté
de former par une transudation ou une sécrétion
continuelle de leur corps, le polypier pierreux et
calcaire sur lequel ils vivent.

A la vérité, ces polypes sont des animaux si petits,

que chacun d'eux ne forme qu'une médiocre quantité de
matière calcaire. Mais ici, ce que la Nature n'obtient
pas en volume ou en quantité par chaque individu, elle
l'obtient amplement par le nombre des animaux dont il
s'agit, par l’énorme multiplicité de ces animaux, par
leur étonnante fécondité, c'est-à-dire, par l'admirable
faculté qu'ils ont de se régénérer promptement, de
multiplier en peu de tems leurs générations
successivement et rapidement accumulées, enfin par
l'ensemble ou la réunion des produits de ces nombreux
animalcules.

Or, c'est un fait maintenant bien connu et bien

constaté, que les polypes coralligènes, c'est-à-dire,
cette grande famille d'animaux à polypier, tels que les
millepores, les madrépores, les astroïtes, les
méandrites, etc. préparent en grand dans le sein de la
mer,


background image

79

HYDROGÉOLOGIE

par une excrétion continuelle de leur corps, et par une
suite de leur énorme multiplication et de leurs
générations entassées, la plus grande partie de la
matière calcaire qui existe. Les polypiers nombreux
que ces animaux produisent, et dont ils augmentent
pepétuellement le volume et la quantité, forment en
certains endroits, des files d'une étendue considérable,
comblent des baies, des golfes et les rades les plus
vastes ; en un mot, bouchent des ports et changent
entiérement l'état des côtes.

Ces bancs énormes de madrépores et millepores

cumulés les uns sur les autres, recouverts et ensuite
entremêles de 

serpules

, d’

huîtres 

diverses, de 

patelles,

d

balanes 

et de différens autres coquillages qui se

fixent par leur base, forment des montagnes
irrégulières et sousmarines, d'une étendue presque sans
borne.

Or, lorsqu'après un laps de tems considérable, la mer

a quitté les lieux où gissent ces immenses dépôts, alors
l’altération lente, mais continuelle, qu'éprouvent ces
grandes masses laissées à découvert et exposées sans
cesse aux influences de l'air, de la lumière et d'une
humidité variable, les change graduellement en
fossiles, et détruit leur partie