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HYDROGÉOLOGIE
maintenant passer à
l'examen rapide de l’influence que
les corps vivans exercent à la surface du globe
terrestre ; influence qui y produit
les mutations et l’état
des objets qu'on y observe.
Les corps bruts composés qui appartiennent au règne
minéral, qu'on trouve dans presque toutes les parties
de la croûte externe du globe, qui en forment la
principale partie, et qui la modifient continuellement
par les altérations et les mutations qu’ils subissent,
sont tous, sans exception, le résultat des dépouilles et
des détritus des corps vivans.
Il faut convenir qu'il est bien étonnant qu’une vérité
aussi frappante que celle que je viens d'énoncer, aussi
générale, et que l'observation seule pouvait faire
apercevoir, ait jusqu'à
présent été méconnue. Il est
peut-être plus étonnant encore de voir que lorsque cette
même vérité fut aperçue et annoncée, elle fut repoussée
ou en apparence méprisée par les hommes même qui
les premiers devaient la reconnaître. Il y a plus de dix-
huit ans que j’en ai consigné l’énonciation dans mes
écrits : mais cette vérité ne s'étant point d'abord ma-
[manifestée]

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HYDROGÉOLOGIE
nifestée au petit nombre de ceux qui, parmi les savans,
veulent se faire un domaine particulier des sciences
qu'ils cultivent, ils l'ont reçue comme ils font en
général de la découverte de celles où ils n'ont pas eu de
part. Cela n'est pas juste sans doute ; mais cela est dans
la nature des choses. On ne peut refuser aux intérêts
particuliers ce qu'ils exigent. Il suffit de savoir que
petit à petit les effets de cette perturbation naturelle de
l'ordre s'affaiblissent, que la raison reprend
insensiblement son empire, et qu'après beaucoup de
difficultés surmontées et de tems perdu, la vérité
parviendra enfin à se faire reconnaître. Vouloir que
cela ne soit pas ainsi, c'est vouloir que la Nature ne soit
pas ce qu'elle est, et que les hommes n'aient point de
passions.
Quelle est intéressante, cette considération qui nous
apprend que les corps vivans de toute espèce forment
eux-mêmes leur propre substance par l'effet singulier,
mais naturel, de l'action de leurs organes, et qu'ils
donnent lieu par là à des combinaisons diverses qui
n'eussent jamais pu exister sans eux !
Je puis l'assurer : jamais l'art des hommes ni jamais
la Nature dans les corps vivans ne pourront former, soit
du sang, soit de la graisse, soit de la bile, soit de la
chair, soit

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HYDROGÉOLOGIE
des os, etc. en un mot, ne produiront jamais huile, ni
gomme, ni mucilage, ni substance végétale quelle
qu'elle soit. Sans des êtres doués de fonctions
organiques, et par conséquent munis de la faculté de
former les premières combinaisons, de les surcharger
plus ou moins de principes, selon leur espèce ; enfin,
de composer eux-mêmes leur propre substance et ses
produits, jamais toutes les matières dont je viens de
faire mention n'eussent existé.
Combien ensuite est importante l’observation qui
nous fait voir que toutes les productions des corps
vivans, soit leur substance propre, soit leurs matières
sécrétoires, étant abandonnées au pouvoir naturel des
choses, c’est-à-dire, ayant cessé d'être maintenues ou
réparées par le pouvoir de la vie, et se trouvant réduites
à n'être plus que les dépouilles des êtres qui les ont
formées, subissent à la surface de la terre, ou dans son
sein, ou dans la masse des eaux, une multitude
d'altérations successives qui, en changeant
graduellement les proportions de ceux de leurs
principes qui restent combinés, changent en même
tems leur état, leur nature, toutes leurs qualités propres,
et les transforment ainsi successivement en une
multitude

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HYDROGÉOLOGIE
d’innombrables matières différentes, dont l'origine
devient de plus en plus méconnaissable, et enfin qui
constituent tous les MINERAUX connus !
Les bitumes et les charbons de terre sont des
matières qu'on reconnaît encore pour être provenues
des végétaux ; les argiles de toutes les sortes et
différens sels sont dans le même cas. De même la craie,
le souffre, le nitre, le muriate marin, etc. sont de
véritables produits des animaux ou des altérations de
leurs dépouilles ; ce qu'on ne saurait contester. Enfin
les sels, les acides et les gaz de tout genre, les
combustibles de toutes espèce, les matières calcinables
ou oxidables de toutes sortes ; en un mot, toute terre et
toute pierre distincte de la silice pure, sont des matières
qu'on ne saurait méconnaître
pour résultats plus ou
moins avancés
des dépouilles des corps vivants, de
leurs détritus, et des changements que ces matières
subissent successivement jusqu'à l'entière séparation
des principes qui la constituaient.
La tendance qu'ont toutes ces matières composées à
opérer progressivement leur destruction, c'est-à-dire, le
dégagement de leurs principes, est, à la vérité, d’autant
plus amortie et plus impuissante, que ces composés
sont

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HYDROGÉOLOGIE
plus dense, plus terreux, et contiennent moins d'eau et
d'air dans leur combinaison. Ainsi tous les fluides d'un
animal qui a perdu la vie, se décomposent plus
rapidement que sa chair ; cette chair se détruit elle-
même avec plus de promptitude que les os ; ceux-ci
ensuite sont décomposés ensuite en moins de temps
que la craie auxquelles leurs débris et la petite quantité
de molécules terreuses de la chair peuvent donner lieu ;
enfin, les craies elles-mêmes s'altèrent moins lentement
que les stéatites, ceux-ci moins lentement que les
pextens, ces derniers moins lentement que les jaspes,
etc. tous ces faits sont constants. Mais cette tendance à
la décomposition n'est jamais nulle, dans tel composé
que ce soit ; elle est simplement amortie dans les
matières les plus denses ; ce qui les rend extrêmement
durables. Aussi les matières minérales très-denses ne
sont elles susceptibles de subir des changemens dans
leur nature, que lorsqu'elles éprouvent l'action
pénétrante de quelque matière étrangère qui les touche
et les pénètre.
Mem. de Phys
. etc. p.321 et 322.
Suivez, cette vue, et rappelez-vous que si l'art, par le
moyen de ces opérations, par- [parvient]