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HYDROGÉOLOGIE

vient à faire ce qu'il nomme des ANALYSES, c'est-à-
dire, à changer l'état de combinaison et les  proportions
des principes d'un composé ; à obtenir parmi les
premiers produits de ses opérations plusieurs
substances composées elles-mêmes qu'il croit avoir
retirées de la première ; à former ainsi par cette voie
une multitudes de matières diverses qui n'existaient
nullement dans les composés qu'on a dénaturés pour les
avoir ; enfin à produire à volonté certains termes
d'altération, qu'il retrouve les mêmes lorsqu'il emploie
les mêmes procédés et qu'il opère sur les mêmes
substances, la Nature aussi sait faire des 

analyses

,

possède des moyens pour cela, et en opère
effectivement sur toutes les matières composées qui se
trouvent abandonnées aux effets de sa puissance.

Mais n'oubliez jamais que tous les composés qui

constituent le règne animal, et que tous ceux que la
chimie réussit à obtenir par ses opérations, n'existaient
pas auparavant dans les substances dont ils
proviennent. Ce sont de simples résultats des
altérations qu'ont subies d'autres composés préexistans.

Quelquefois les résultats qu'on obtient dans le cours

des altérations qu'on fait subir à une matière minérale,
deviennent 

stationnaires

,


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HYDROGÉOLOGIE

c'est-à-dire, paraissent n'en pouvoir subir au-delà ; ce
qui fait prendre ces matières qui constituent ces
résultats stationnaires pour des substances simples (la
chaux, la baryte, l'alumine, etc. en sont des exemples).
Mais la conséquence qu'on a tirée dans ce cas me paraît
être une véritable erreur ; car l'état stationnaire, observé
dans les matières dont il s'agit, tient d'une part à la
puissance bornée du petit nombre d'agent qu'on
emploie, et de l'autre à ce que quelques uns de ces
agens, au lieu d'être de simples instruments mécaniques
capables de séparer des principes réunis, fournissent,
leurs propres principes qui se fixent dans les produits
de l'opération, et y arrivent à un point maximum ou à
un point de saturation qui ne permet point d’aller au
delà. 

Voyez mon mémoire sur la matière du feu,

considérée comme instrument chimique dans les
analyses.

Ainsi la matière du feu se fixant en abondance, mais

imparfaitement, dans la pierre calcaire que l'on calcine,
s'y amasse après en avoir chassé l'air et la plus grande
partie de son eau combinée ; elle s'y amasse, dis-je,
jusqu'à une saturation ou un véritable 

maximum

, et

transforme la substance qui en est chargée, en un résidu
stationnaire auquel on 


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HYDROGÉOLOGIE

a donné le nom de 

chaux

. Elle est alors, jusqu'à un

certain point, hors d'état d'en recevoir davantage ; le
feu qui s'y est incomplètement fixé, y est à son

maximum

, et il n'agit plus sur elle. Dans ce cas,

prévenu par l'idée inexacte que le feu décompose tout,
vous dites que la 

chaux

 est une matière simple.

Ces vérités ayant été méconnues lorsqu'on a

composé la théorie chimique que l'on enseigne
actuellement, doivent maintenant être étouffées, pour
ainsi dire afin de conserver cette théorie aussi long-
tems qu'il sera possible.

Enfin, voulez-vous compléter les moyens de

reconnaître ce qui se passe réellement dans une
multitude de faits que vous observez tous les jours dans
vos opération ? considérer cette loi de la Nature, que je
suis parvenu à déterminer.

Lorsque les principes d'un composé sont désunis par

l'action d'une matière altérante (ou provocatrice), en un
mot par un intermède quelconque, ces principes
réagissent les uns sur les autres, contractent de
nouvelles unions, parce qu'ils sont encore dans un état
qui y est favorable, et forment alors de nouveaux
composés 

; mais ces composés ont pr-

[progressivement]


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HYDROGÉOLOGIE

gressivement une moindre concentration ou une
moindre modification dans leurs élémens constitutifs.

Mém. de. Phy.

 p. 328.

Formation des minéraux.

Maintenant pour concevoir comment le nombre

considérable de substances diverses qui constituent les
minéraux, a pu avoir lieu, et comment les masses
compactes que nous voyons dans les pierres de tout
genre, dans les roches, dans les minerais, etc. ont pu se
former ; considérer ;

Qu'après les premiers ordres de décomposition que

les fermentations opèrent, l'humidité prolongée sur ces
résidus et dans leur masse, et surtout le contact
simultané de l'eau, de l'air et du calorique, détachent
petit à petit les molécules essentielles ou intégrantes de
la masse à laquelle elles adhéraient, et altèrent plus ou
moins leur nature, suivant que les lois que j'ai
indiquées ; qu'ensuite les lavages des eaux entraînent,
filtrent et charient ces molécules dans leur nouvel état ;
qu'enfin les eaux moins agitées laissant déposer ces
mêmes molécules, il en résultent à leur égard une
agrégation qui concréfie ou consolide les masses
qu'elles for- [forment]


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HYDROGÉOLOGIE

ment, et qui les agrandit proportionnellement à la durée
du dépôt.

La matière de ces nouvelles masses ne sera donc pas

la même que celles des premières masses qui ont fourni
leurs molécules intégrantes, puisque celles-ci ont subi
des changemens dans leur nature. Or, étendez cette
considération à tous les cas qui y sont relatifs, et
joignez-y celles des changemens opérés dans la nature
des 

molécules intégrantes

 d'une même masse, sans

autre déplacement que le rapprochement plus
considérable que ces molécules changées éprouveront
dans leur agrégation nouvelle, alors vous aurez une
idée juste de la cause des endurcissements graduels des
matières minérales, et vous pourrez suivre la Nature
dans la multitude d'opérations qu'elles fait en formant
les minéraux.

J'ai dit que la manière dont 

les roches informes

 ont

été formées et se forment encore tous les jours, est fort
différente de celle qui donne lieu aux masses pierreuses
de tous les genres, constituées de couches parallèles.
(Voyez pag. 20.) Cette distinction mérite d'être établie
avec quelques développemens, parce que sans elle on
ne peut se former une idées juste des moyens
qu'emploie la nature.