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HYDROGÉOLOGIE
qui peuvent être fort antiques, mais qu'on a eu tort,
malgré cela, d'appeler
primitives,
parce qu'il n'y a ni
vraisemblance ni preuves qu'il en existe de celles-là ; il
y a lieu de croire qu'elles ont été formées
insensiblement dans la masse même des plaines les
plus élevées, et peut-être en partie sous les eaux.
La manière dont se forment les roches quartzeuses,
ou granitiques, ou porphyritiques, n'est point du tout la
même que celle de toutes les pierres quelconques qui
ont été originairement produites par des sédimens
successifs, et conséquemment par couches variées en
épaisseurs, mais toujours parallèles les unes aux autres.
J'en dirai un mot dans le quatrième chapitre.
Or, des
roches informes
, ou
quartzeuses, ou
granitiques, etc. ont pu, avec le tems et des
circonstances favorables, être produites de la manière
que j'indiquerai, s'amonceler les unes sur les autres, et à
la fin constituer des amas assez considérables pour
donner lieu à des montagnes de cette nature, qui se
seront d'abord trouvées enchâssées dans la masse des
terrains les plus élevés.
Ces montagnes de
roches informes
seront sans
doute, en tout tems, distinctes des mon- [montagnes]

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HYDROGÉOLOGIE
tagnes à couches pierreuses et des montagnes
volcaniques ; mais leur existence ni leur formation
particulière ne contredisent nullement l'explication que
je donne des effets de l'influence des eaux dont il s’agit
dans ce chapitre.
Il m'importait donc de démontrer, 1°. que le
mouvement des eaux douces à la surface des parties
découvertes de notre globe, en altérant, humectant et
lavant sans cesse les parties du sol, toujours élevées an
dessus du niveau des mers, en détache continuellement
des particules terreuses, pierreuses, métalliques, etc. les
transporte dans le bassin des mers, et tend sans cesse à
combler ce bassin ; 2°. que ce mouvement des eaux
douces, à mesure qu'il transporte dans les mers tout ce
qu'il détache de la superficie des parties découvertes du
globe, excave et sillone les plaines, détruit l'uniformité
de leur niveau, creuse le lit des rivières et des fleuves,
forme les bassins qui contiennent ces lits, et les côtes
qui bordent ces bassins ; enfin, change ces côtes en
crêtes montagneuses, et taille ces crêtes en lobes, qui,
en s'aiguisant plus ou moins, constituent les montagnes
non volcaniques ni accidentelles, mais qui font partie
de chaînes plus ou moins régulières.

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HYDROGÉOLOGIE
Si, dans un grand nombre de ces montagnes, l'on
observe des couches plus ou moins inclinées d'un coté,
au lieu d'être horizontales, ces inclinaisons de leurs
couches proviennent en général de ce que ces points
ont autrefois fait partie du rivage toujours incliné de la
mer. Souvent néanmoins elles sont dues à des
affaissemens particuliers.
En effet, dans beaucoup de montagnes, et
spécialement dans les Pyrénées, sortant au centre
même de ces montagnes, on observe que les couches
sont la plupart, ou verticales, ou tellement inclinées,
qu'elles approchent plus ou moins de cette direction.
Mais conclura-t-on de là qu'il y a eu nécessairement
une catastrophe universelle, un bouleversement général
qui y a donné lieu ? Ce moyen, si commode pour ceux
des naturalistes qui veulent expliquer tous les faits de
ce genre sans prendre la peine d'observer et d'étudier la
marche que suit la nature, n'est point du tout ici
nécessaire ; car il est aisé de concevoir que la direction
inclinée des couches dans les montagnes peut avoir été
opérée par d'autres causes, et surtout par des causes
plus naturelles et bien moins supposées que
l'événement d'un bouleversement général.

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HYDROGÉOLOGIE
Cette direction inclinée des couches a pu résulter
non-seulement de l'inclinaison naturelle du sol, lorsque
la partie que l'on considère était près du bord de la
mer ; des couches successivement formées sur les talus
des côteaux et des montagnes ; mais en outre elle a pu,
et même très-souvent elle a dû prendre son origine
dans une infinité d'accidens particuliers aux lieux où on
l'observe.
En effet, toutes couches, même les plus horizontales,
comme celles qui se sont formées dans les plaines, ont
dû, à la suite des tems, par des
affaissemens locaux
,
changer en ces endroits leur direction ; et il a pu s'en
former de tels, qu'ils aient donné aux couches soumises
à ces catastrophes particulières, les directions qu'on
leur trouve en bien des lieux. Les affaissemens locaux
dont je parle sont assez fréquens dans la Nature, et
leurs causes directes sont trop connues, pour qu'il soit
nécessaire que j'insiste davantage sur ces objets.
Si le mouvement des
eaux douces
tend
continuellement à combler et à détruire le bassin des
mers, nous allons voir que le mouvement
des eaux
salées
ou marines, occasionné par les marées, les
courans divers, les tempêtes, les volcans sous-marins,
etc. tend au contraire

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HYDROGÉOLOGIE
à creuser et à rétablir sans cesse le bassin de ces eaux
marines.
Aussi, sans la puissance et l'effet de ce mouvement
des
eaux salées
, on sent que les eaux liquides qui
constituent les mers, étant d'une densité moindre, et par
conséquent d'une moindre pesanteur que les parties
solides qui composent la masse de notre globe,
devraient s'étendre partout au dessus d'elles, et former
autour du globe entier une enveloppe liquide d'un ou
plusieurs mètres d'épaisseur, n'ayant nulle part de
bassin isolé, et ne laissant aucune partie de matière plus
pesante en saillie au dessus de son niveau.
Tels devraient être sans doute l’arrangement et la
situation qu'exige l'ordre de pesanteur des matières qui
composent la masse du globe terrestre, et que ces
matières auraient assurément si une cause principale et
constamment active n'en disposait d'une autre manière.
Je vais faire connaître cette cause dans le chapitre qui
suit.
CONCLUSION
.
Il résulte, je crois, de ce qui vient d'être exposé, que
les
suites naturelles du mouvement des eaux à la
surface du globe
, modi- [modifient]