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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
542
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A.
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USTARD
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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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Chapitre VIII : Améliorer l’utilisation des milieux
Définir et utiliser la capacité d’accueil des oiseaux migrateurs
545
John G
OSS
-C
USTARD
Sauvegarder les oiseaux nicheurs en haut de plage
561
Patrick T
RIPLET
Contrôler les prédateurs
571
Patrick T
RIPLET
& Philippe C
ARRUETTE
Gérer le développement de la Spartine anglaise
579
Patrick T
RIPLET
& Julia B
ASTIDE
Apporter des solutions au développement du Chiendent maritime
603
Vincent S
CHRICKE
& Loïc V
ALERY

Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
544

Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
545
Définir et utiliser la capacité d’accueil des oiseaux mi-
grateurs en dehors de la p
é
riode de reproduction
John G
OSS
-C
USTARD
(traduction
Patrick
T
RIPLET
)
Introduction
Si la définition du terme « capacité d’accueil » est différente selon
les auteurs (Dhondt, 1988), le concept est largement répandu et repose sur
l’idée qu’un ou plusieurs facteurs de l’environnement peuvent conduire à la
limitation du nombre d’oiseaux qu’une zone particulière peut accueillir. Ceci
induit, pour beaucoup, que toute détérioration de l’environnement n’affecte
que l’importance quantitative de la population lorsque la capacité d’accueil
du site est atteinte. Une telle façon de penser pouvant s’avérer dangereuse, il
convient donc de revenir sur ces idées reçues.
Dans cet article, on ne considère que le cas des oiseaux migrateurs
en dehors de la saison de reproduction. Il est généralement considéré que
l’abondance de la ressource alimentaire limite les effectifs hivernants et que
le nombre de jours.individus que la ressource peut supporter est la bonne
mesure de la capacité d’accueil d’un site. Afin de calculer le nombre de
jours.individus qu’une ressource alimentaire peut supporter pour des espèces
migratrices, le plus simple paraît être de diviser la quantité totale d’énergie
présente dans une ressource alimentaire accessible (E) par les besoins éner-
gétiques journaliers d’un oiseau moyen (D), en prenant en compte les pertes
de ressources dues à d’autres facteurs que les oiseaux (Goss-Custard
et al.,
2003). Ceci a été fait à maintes reprises pour des oiseaux d’eau herbivores,
par exemple, Goss-Custard
et al
. (2002, 2003).
Un pareil calcul peut conduire à prendre des décisions fâcheuses
pour la gestion d’une aire d’hivernage. En effet, des oiseaux peuvent mourir,
ou le taux de reproduction peut diminuer, bien avant que la capacité
d’accueil, définie comme E/D, ne soit atteinte, ce qui a pour résultat que
l’effectif moyen de la population diminue. Fonder des décisions de gestion
sur une telle mesure de la capacité d’accueil peut avoir pour conséquence de

Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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sous-estimer les effets qu’un changement de gestion peut avoir sur l’effectif.
La seule chose qui doit être prise en considération est de déterminer si les
options de gestion considérées affectent les variables démographiques (mor-
talité, émigration, immigration, reproduction) qui déterminent les effectifs
localement et plus largement au niveau de l’aire de distribution.
Bien que les points abordés dans cette fiche s’appliquent aux oi-
seaux migrateurs en général, la discussion est essentiellement fondée sur les
anatidés et les limicoles en dehors de la période de reproduction. La priorité
des oiseaux à cette période du cycle annuel est simplement de survivre
jusqu’à la fin de l’hiver dans des conditions suffisamment bonnes pour qu’ils
retournent sur leurs zones de reproduction et s’y reproduisent avec succès.
Compétition et capacité d’accueil
En théorie, si les ressources alimentaires sont illimitées et qu’il n’y a
pas de compétition, tous les oiseaux qui s’installent en début de saison hi-
vernale peuvent rester jusqu’à la fin de celle-ci. Ce cas est présenté par la
ligne noire épaisse de la figure 1, la flèche signifiant que les effectifs peu-
vent s’accroître s’il y a assez d’espace pour cela.
En pratique, la nourriture est rarement illimitée et la compétition af-
fecte fréquemment les oiseaux de différentes manières. La première est liée à
la diminution des ressources en elle-même. Comme les ressources diminuent
en raison de leur consommation par les oiseaux, les individus peu efficaces
sont incapables de collecter de la nourriture à un rythme suffisant pour satis-
faire leurs besoins journaliers et ils doivent soit quitter le site, soit mourir sur
place. La quantité de nourriture non utilisée qui reste à la fin de la saison de
non-reproduction dépend, bien sûr, de la quantité de nourriture initiale, du
nombre d’oiseaux qui sont sur la zone et de la durée de la saison hivernale.
À une quantité donnée et à une durée déterminée de la saison de non-
reproduction, cet état de fait peut éventuellement être atteint si les effectifs
augmentent et les ressources n’augmentent pas suffisamment. Sur la courbe
1A, cette situation est atteinte lorsque 500 oiseaux ou plus s’installent sur la
zone en début de saison d’hivernage. Ce cas se constate souvent pour des
anatidés herbivores qui consomment totalement une ressource particulière
bien avant la fin de la saison hivernale et doivent se diriger vers une autre
source.