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HYDROGÉOLOGIE
sa direction, et qui leur communique un
mouvement
général de l'est vers l'ouest
.
L'Océan atlantique a perpétuellement un mouvement
d'orient en occident qui est bien reconnu, et que l'on
estime être au moins de 3 lieues par vingt-quatre
heures, ou d'un huitième de lieue par heure ; ce
mouvement porte les eaux de cet Océan contre
l'Amérique, et plus particuliérement sur les Antilles,
parce qu'il est plus fort entre les tropiques qu'ailleurs.
Mais comme les eaux retenues dans le golfe du
Mexique font obstacle, ainsi que les Antilles, il en
résulte que les eaux qui arrivent sans cesse de l'orient,
se partagent et forment deus courans, dont l'un, très-
remarquable par sa rapidité, porte du sud au nord, et est
connu sous le nom de
canal de Bahama ;
l'autre
courant longe la côte de la Guyane et porte vers le sud.
C'est sans doute à ce mouvement perpétuel des eaux
de l'Océan atlantique, qu'il faut attribuer l'excavation
du milieu de l'Amérique, qui forme le golfe du
Mexique ; et l'on doit présumer qu'à la suite des siècles
il rompra l'isthme de Panama, et transformera
l'Amérique en deux très-grandes îles ou deux petits
continens séparés.
On a soupçonné que cette impulsion, qui

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HYDROGÉOLOGIE
porte sans cesse les eaux des mers à se mouvoir
d'orient en occident, pouvait provenir de celle de la
lumière du soleil, qui semble chasser continuellement
les eaux marines vers l'occident.
Cette cause peut bien produire quelque effets, mais
elle n'est pas la seule qui agisse, et même c'est la plus
faible de celles qui ont lieu. Selon moi, la principale
cause du mouvement général des eaux des mers doit
être attribuée à l'
influence de la lune
, c'est-à-dire, au
résultat de la gravitation des eaux marines vers la lune,
à mesure qu'elle passe vers les points qui dominent ces
eaux.
On a en effet remarqué entre les tropiques, que, par
une suite de l’élévation successive des eaux sous
chaque méridien, lors du passage de la lune, la mer
paraissait aller de l'
est
à l'
ouest.
Cela est conforme aux
effets physiques qu'on devait attendre ; car, le globe
tournant sur son axe d'occident en orient, les eaux
marines, emportées par ce mouvement général du
globe, doivent éprouver de la part de la lune qui les
attire, un
retard
particulier, puisqu'elles constituent une
matière plus susceptible de céder à cette puissance, que
les matières solides qui composent le reste du la
surface de notre globe.

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Telle est sans doute la cause principale qui
communique sans cesse aux eaux des mers un
mouvement général de l'
est
vers
l'
ouest.
D'après ce que je viens d'exposer, l'on conçoit que
les mers, ayant un mouvement général qui les porte
sans cesse de l’orient sur l'occident, doivent dégrader et
envahir continuellement le côté de l'
est
des continens,
et abandonner proportionellement les côtes
occidentales de ces mêmes continens à mesure que leur
bassin se déplace. Il devrait résulter de cette cause, une
forme et une disposition particulière des continens, qui
leur donnerait plus d'étendue en longitude qu'en
latitude, rendrait leur étendue en longueur plus
parallèle à l’équateur. Cela cependant n'est pas
généralement vrai : en voici la raison.
Si l'on fait attention que le mouvement général des
mers, qui les porte de l'orient vers l’occident, est peu
rapide, puisque les eaux marines, dans les régions où
leur mouvement général est le plus fort, ne parcourent
que trois à quatre lieues par vingt-quatre heures, on
sentira que ces eaux ne doivent dégrader qu'avec une
extrême lenteur les matières solides des continens
qu'elles minent ; et qu'en attendant qu'elles se soient
ouvert un passage libre dans leurs cours, elles sont

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HYDROGÉOLOGIE
forcées de refluer vers d'autres points, et de former
dans les directions de ces points, des courans non
interrompus qui portent sur ces points une partie des
gradations et des envahissemens de ces mers.
Alors on ne sera plus étonné de voir que dans leurs
efforts de déplacement de l’
est
vers l'
ouest
, les mers
arrêtées par l’Amérique et par les côtes orientales de la
Chine refluent en grande partie vers le pôle du sud, et
avancent continuellement de ce côté les principales
portions de leur bassin.
Les mers, dans leur mouvement général, faisant
effort pour se frayer un passage au travers de l'ancien
continent, sur ses rives orientales, ont depuis long-tems
réduit la portion de ce continent qui unissait la
Nouvelle-Hollande
à l’
Asie,
en un archipel qui
comprend les îles Moluques, Philippines et Marianes,
et qui est entiérement comparable à celui qui, dans
l'immense golfe du Mexique pris dans toute son
étendue, constitue les îles sous le vent et les Antilles.
Mais dans le golfe du Mexique, la mer n'a pas encore
forcé et rompu l'isthme de Panama ; au lieu que dans le
golfe qui comprend les Moluques et les Philippines,
elle s'est ouvert plusieurs passages qui lui permettent
de communiquer

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avec la mer des Indes par une voie plus courte que par
le sud de la Nouvelle-Hollande.
Que l'on compare, sur une bonne carte, l'archipel des
Moluques et des Philippines, à celui que les Antilles et
les îles sous le vent forment dans le golfe du Mexique,
on verra que, pour la situation générale, c'est
absolument la même chose, et que la Nouvelle-
Hollande est, par rapport à l’archipel des Moluques, ce
que l'Amérique méridionale est par rapport aux
Antilles.
La mer n'ayant pu forcer jusqu'à présent l’isthme de
Panama, ses déviations vers le sud, et la rapidité de ses
courans vers la pointe australe de l’Amérique, sont
parvenus à détacher du continent de l’Amérique l'île de
Magellan.
Elle fit autrefois la même chose sur les côtes
orientales de l'ancien continent ; car alors, n'ayant pu
s'ouvrir des passages entre les Moluques, le détroit de
la Sonde, etc. elle déviait forcément vers le sud, le long
de la Nouvelle-Hollande, et y formait des courans qui
parvinrent à détacher l'île de
Nouvelle-Zélande
de la
Nouvelle-Hollande, qui elle-même tenait alors au
continent.
Enfin, ce fut toujours par une suite de la déviation
forcée des mers vers le sud, dans