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HYDROGÉOLOGIE

non par l’identité de matière, du moins par le rapport
de leur masse, et par conséquent de leur pesanteur,
avec la seule différence qui naît de ce que les uns ont
un mouvement ou une force centrifuge plus ou moins
considérable, que les autres n'éprouvent point : ils
doivent donc se ressembler par le rapport de leur
gravitation, puisqu'ils sont en équilibre les uns avec les
autres.

Cependant le mouvement des eaux change sans

cesse l’état de masse de chacun de ces rayons, quoique
plus ou moins, selon les circonstances de leur situation
particulière ; car il donne aux uns et ôte aux autres des
portions de matières solides, c'est-à-dire, de matières
plus denses, et par conséquent plus pesantes que les
eaux ; ce qui déplace nécessairement le centre de
gravité de ces rayons.

Ainsi, par l'effet de l’inégalité de rapport entre la

masse des rayons terrestres et leur longueur, le centre
de gravité du globe n'est pas le même que son centre de
forme. En effet, par une suite de l'inégalité de masse
des rayons de ce globe, il arrive que le centre de
gravitation est réellement à côté du centre de forme, au
lieu d'être confondu avec lui.

J'ajouterai que si, comme on l'a cru jusqu'ici, le

centre de gravité du globe terrestre


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HYDROGÉOLOGIE

coïncidait parfaitement avec le centre de forme de cette
planète, il serait évident que les rayons terrestres en
opposition se ressembleraient par leur longueur et par
le rapport de leur masse. Or, comment concevoir qu'un
rayon terrestre qui aboutit aux grandes profondeurs de
la mer, et qui par conséquent est terminé par une
colonne d'eau de 5 kilomètres (une lieue forte) ou peut-
être davantage en longueur, soit égal en masse à un
rayon opposé, composé entiérement de matière solide,
si celui-ci n'est plus court que l'autre ? Comment
concevoir que le rayon terrestre qui soutient les Alpes
de la Suisse, pays le plus élevé de l'Europe, ne soit pas
un peu plus court que le rayon opposé qui aboutit à
l'Océan austral, à environ 40 myriamètres (presque 100
lieues) de la Nouvelle-Zélande ?

A la vérité, comme, selon mon opinion, toute la

masse intérieure du globe doit être 

quartzeuse 

et même

totalement 

vitreuse

, et que ce n'est que près de sa

surface que se trouvent les matières composées
pierreuses, terreuses et autres, ainsi que les eaux ; la
distance du centre de gravité du globe à son centre de
forme, ne peut être que fort petite. Cette distance, qui
vraisemblablement n'équivaut pas à la millième partie
en longueur


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HYDROGÉOLOGIE

d'un rayon terrestre, fait que l'axe de rotation ne passe
pas loin du centre de forme ; en sorte que la vitesse de
la révolution diurne de tous les points de la surface du
globe, qui sont sur le même parallèle, ne parait pas
inégale, quoiqu'elle le soit réellement un peu.

Il résulte, à ce qu'il me semble, de ce que je viens

d'exposer, qu'à mesure que l'Océan déplace son lit en
s'avançant d'un coté quelconque, ce que je vais prouver
tout à l'heure, le centre de gravitation du globe se
déplace également. Et l'on conçoit que ce centre
déplaçable, qui est nécessairement opposé aux plus
grandes profondeurs de l'Océan, aura fait une
révolution complète autour du centre de forme, lorsque
l’Océan aura achevé sa révolution autour du globe ;
révolution qu'il paraît avoir faite au moins une fois.

CONCLUSION DE CE CHAPITRE.

Quoique l'influence des eaux douces sur les parties

nues de la surface de notre globe tende continuellement
à altérer tous les corps, à détacher de toutes les masses
solides, des particules qui en faisaient partie ; à les
entraîner, les charrier et les transporter dans les feux les
plus bas, et conséquemment à contribuer sans cesse au

comblement 

du bassin


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HYDROGÉOLOGIE

des mers, qui est forcé de les recevoir, d'après les
considérations exposées dans ce chapitre, on peut
maintenaant [sic] conclure que ce comblement est
impossible.

Il l'est d'abord, parce la masse des eaux marines
recevant, de la part de la lune et même du soleil, un
mouvement de balancement perpétuel, recreuse
continuellement son bassin, et rejette sur ses bords
toutes les matières qui tendaient à le remplir.

Il l'est ensuite, parce que ces mêmes eaux des mers,

dans leur rotation commune avec les autres parties du
globe, éprouvant, de la part des mêmes astres, une
influence qui les retarde, en acquièrent un mouvement
particulier d'orient en occident, qui, par sa continuité,
déplace peu à peu leur bassin, et lui fait parcourir
successivement tous les points de la surface de la terre.
Le fondement de ces intéressantes considérations va
recevoir un nouveau jour dans le chapitre qui suit.

On voit donc maintenant pourquoi la mer a

constamment un bassin et des limites qui la contiennent
et la séparent des parties sèches de la surface du globe,
toujours en saillie au dessus d'elle ; et l'on sait que c'est
principalement à l’influence du satellite de la terre que
la cause de ces faits doit être rapportée.


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HYDROGÉOLOGIE

CHAPITRE III.

Le bassin des mers a-t-il toujours été où nous le voyons

actuellement ? et si l'on trouve des preuves du séjour
de la mer dans des lieux où elle n'est plus, par quelle

cause s'y est-elle trouvée, et pourquoi n'y est-elle pas

encore ?

I

l semble, au premier abord, que la solution des

questions qui viennent d'être présentées soit réellement
hors de la portée des connaissances humaines ; en sorte
que pour oser entreprendre de la trouver, il faille avoir
une présomption déraisonnable de ses propres moyens.

Néanmoins, si on met un peu d'ordre dans les
considérations qui appartiennent à ces grandes
questions, on verra sans doute avec surprise que les
objets recherchés, se simplifiant de plus en plus par ce
moyen, peuvent être véritablement connus par la seule
voie de l’observation.

L'examen des causes physiques fait sentir,