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HYDROGÉOLOGIE

quelconque ont une tendance à se dégager de l'état de
combinaison ; tendance qui provient de ce que ces
principes sont alors dans un état de gêne, de
contrainte, et de ce que la plupart y sont tellement
modifiés, qu'ils ne jouissent plus de leurs facultés
naturelles.

On remarque en effet que tout corps composé qui ne

contient plus en lui cette cause puissante qui a la
faculté de former des combinaisons, et dont je parlerai
tout à l’heure, va sans cesse en se détruisant, tantôt par
sa propre essence, c'est-à-dire, par la tendance de ses
élémens constitutifs au dégagement, et tantôt à l'aide de
quelque provocation extérieure.

Ainsi la substance des animaux morts et celle des

végétaux qui ont perdu la vie, sont alors livrées à une
destruction continuelle, qui s'achève plus ou moins
promptement, selon les circonstances et la nature des
matières, mais qui est toujours inévitable.

La surface entière du globe, le sein des eaux et toute

l'atmosphère sont le vaste champ où la Nature travaille
sans relâche à détruire toute substance composée, que
la puissance singulière qui me reste à faire connaître ne
défend pas ou cesse de maintenir. 

La destruction dont il s'agit ne s'opère


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HYDROGÉOLOGIE

jamais, dans un instant, par le dégagement complet de
tous les principes devenus libres à la fois ; mais elle
s'effectue au contraire par des altérations successives et
variées, selon les circonstances, qui changent
continuellement les proportions des principes qui
restent combinés, ainsi que leur état de combinaison. Il
en résulte une suite de résidus et de produits différens,
graduellement moins compliqués et moins surchargés
de principes dans leur composition ou leur nature, et
qui tous néanmoins sont toujours assujettis à la même
loi de destruction.

La 

fermentation 

seule qui s'opère dans les substances

composées, molasses ou fluides, est une preuve sans
réplique que la matière qui, par les lois de l'attraction, a
une tendance reconnue pour s'agréger et former des
masses, n'en a aucune pour former des combinaisons.
Et en effet, la 

fermentation 

n'aurait jamais lieu si les

facultés propres de chaque principe combiné ne lui
donnaient une tendance contraire, c'est-à-dire, une
tendance au dégagement. 

Voyez m

es 

Mém. de Phys. et

d'Hist. nat.

 pag. 88 et suiv.

Tel est l’ordre réel de la Nature : toute matière

composée subit des altérations successives jusqu'à sa
destruction totale. Elle les


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HYDROGÉOLOGIE

subit quelquefois par les propres forces de ses
principes, comme lorsque leur combinaison est peu
intime ; mais plus souvent elle y arrive par les suites du
contact des 

provocateurs 

externes, qui sont le

calorique, l’eau et les matières salines. 

A la vérité, dans le cours de ces mutations, qui

mènent insensiblement cette matière à l'entière
séparation de ses élémens constitutifs, elle contracte
souvent diférentes combinaisons avec d'autres matières
ou avec une portion de leurs principes, selon que les
circonstances le favorisent ;  mais la matière dont il
s'agit n'en arrive pas moins avec le tems à sa
destruction totale, ainsi que les combinaisons
particulières qu'elle a eu occasion de former dans le
cours de ses altérations.

Les chimistes ne voient dans tout cela qu'un 

jeu des

affinités ; 

et pour faire cadrer par ce moyen leurs

explications avec les faits qu'ils observent, ils ont été
obligés d'attribuer à l’

affinité

 une extension de

puissance que la raison lui refuse, et qui, si elle pouvait
exister, ne serait pas encore suffisante pour rendre
raison de la destruction totale que subit avec le tems
toute espèce de combinaison et ses différens dérivés.

Voyez

 mes 

Mem. de Physique et d'Hist. nat. 

P.

114 et

115.


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HYDROGÉOLOGIE

Toute mutation qui survient dans la nature des corps

qui se trouvent en contact, est, selon les chimistes, une
suite de l’

action des affinités. 

Voilà la base essentielle

de la théorie maintenant accréditée.

Toute mutation qu'éprouve une matière composée

dans sa nature, est, ou le résultat de la tendance au
dégagement de ses principes, ou celui de la
provocation d'une autre matière qui facilite
l’effectuation de cette tendance. Telle est la base de la
théorie que j'ai proposée, et dont on trouve des
développemens suffisans dans mes 

Mémoires de

Physique et d'Histoire naturelle.

Quoique tous les faits connus, soit ceux qu'on

observe dans la Nature, soit ceux qui résultent tous les
jours des expériences des chimistes, s'expliquent
parfaitement et plus simplement par les principes de
ma théorie, les intéressés au maintien de la première
théorie ont eu la prudence, sous l'apparence d’un autre
sentiment de leur part, d'en écarter partout la
connaissance.

Mais les intéressés de part et d'autre passeront, et la

postérité, juge toujours intègre et nécessairement
entraîné par la force des choses, condamnera à un oubli
mérité tout ce


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HYDROGÉOLOGIE

qui sera faux, et fera surnager tout ce qui sera fondé.

Les choses étant ainsi, je reviens à l’observation, qui

m'apprend que toute espèce de matière composée subit
sans cesse des altérations qui changent successivement,
et les proportions de ses principes, et sa nature, et qui
la simplifient progressivement jusqu'à sa destruction
totale.

Cependant si, depuis l'énorme antiquité d'existence

du globe terrestre, la tendance à la décomposition de
toute espèce de matière composée a pu s'effectuer,
comment se fait-il que maintenant presque toute la
croûte extérieure du globe soit encore formée de cette
multitude de composés divers qu’on y observe, depuis
la combinaison la plus simple, jusqu'à celle qui est la
plus compliquée et la plus surchargée de principes ? Y
aurait-il donc une puissance particulière compensatrice
dans ses effets, de celle que je viens d'indiquer ; une
puissance qui ait la faculté de former sans cesse des
combinaisons et de les surcharger ensuite, soit par le
nombre, suit par les quantités d'élémens quelconques
qu'elle aurait forcés à s’y combiner 

? C'est

effectivement ce qui a lieu, comme je vais le faire voir.