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HYDROGÉOLOGIE
du développement et du perfectionnement graduels de
l'organisation de ces corps, et surtout lorsqu'il concevra
que, le tems et les circonstances ayant été nécessaires
pour donner l'existence à toutes les espèces vivantes
telles que nous les voyons actuellement, il est lui-même
le dernier résultat et le
maximum
actuel de ce
perfectionnement, dont le terme, s'il en existe, ne peut
être connu !

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HYDROGÉOLOGIE
CHAPITRE IV.
Quelle est l'influence des corps vivans sur les
matières qui se trouvent à la surface du globe terrestre,
et qui composent la croûte dont il est partout revêtu ; et
quels sont les résultats généraux de cette influence ?
S'il est vrai que, dans l’étude de la Nature, on
s'expose à l'égarement en s'efforçant d'expliquer les
grands faits qu'elle nous offre, avant d'avoir
suffisamment considéré la nature et l'ordre des faits
particuliers qui en dépendent, ainsi que leur
enchaînement mutuel, ce que je ne saurais nier, il n'en
est pas moins aussi très-vrai qu'il est dangereux, pour
l'avancement réel de nos connaissances, de se
renfermer uniquement dans la considération des petits
faits particuliers, et de s'enfoncer sans réserve dans le
labyrinthe inextricable de toutes celles qui naissent des
détails inépuisables où elles entraînent.
On se perd dans les ramifications multipliées que ces
petites considérations présen- [présentent]

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HYDROGÉOLOGIE
tent
; on forme malgré soi une multitude de
suppositions qui deviennent nécessaires dès qu'on a
perdu de vue les grands principes qui y sont relatifs, et
l'habitude de tout rapporter à ces suppositions fait
bientôt oublier ce qu'elles sont elles-mêmes, et nous les
fait regarder comme des vérités démontrées ; ce qui
arrête plus le vrai progrès des sciences, que si l'on avait
totalement cessé de les cultiver.
Je le dis avec peine, et je ne le fais que parce que
cela est relatif aux objets
dont je dois traiter dans ce
chapitre ; je crois qu'il est une branche des sciences
physiques que les savans modernes ont
inconsidérément jetée
dans un dédale semblable de
principes compliqués, adaptés à un nombre infini de
petits faits qui ne méritent point d'être considérés
isolement. La complication croissante de ces principes
me parait sans terme, et déjà elle a réduit cette branche
de nos connaissances à être l'unique domaine d'un petit
nombre d'hommes qui se complaisent dans la
considération de ces minutieux objets.
Sans doute les savans dont je parle ont cru bien faire,
et même ils restent persuadés que leur marche est la
seule qui soit utile à l’avancement de la science. Ainsi,
se confiant

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HYDROGÉOLOGIE
uniquement à leur zèle et se reposant sur leur intention,
ils procèdent de la manière suivante :
Toutes les petites modifications qu'ils observent dans
les corps, sont pour eux des motifs suffisans pour en
former autant de substances particulières qu'ils
supposent exister essentiellement dans la Nature. Aussi
dans leurs listes, qui s'agrandissent chaque jour, les
terres nouvelles,
les
nouveaux métaux,
les
nouveaux
acides,
les
gaz nouveaux ;
en un mot, les
nouvelles
substances
de tout genre se multiplient de manière qu'il
est à croire qu'on est encore loin du terme qui doit en
borner la quantité.
Une seule considération cependant suffisait pour
arrêter cet écart.
Qu'ils fassent attention que toute matière composée
quelconque peut varier à l’infini
dans son état de
combinaison
et
dans les proportions de ses principes,
jusqu'à ce qu'ils en soient tous entièrement séparés.
Après chaque mutation, quelque grande ou petite
qu'elle soit, la matière observée aura nécessairement
alors des
qualités particulières
relatives à son nouvel
état ou à sa nouvelle modification (
1
).
__________
(1) A l'égard de certaines matières peu compliquées

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HYDROGÉOLOGIE
Que l'on pèse bien cette considération, et l'on sentira
l'inutilité qu'il y a, le tort même qu'on a de saisir toutes
les nuances que les matières composées peuvent offrir,
soit dans leur état de combinaison, soit dans les
proportions de leurs principes, pour les présenter
comme autant de matières particulières que l'on
suppose exister essentiellement dans la Nature, tandis
qu'elles ne sont réellement que le résultat des
altérations que d'autres matières ont été dans le cas de
subir.
Qui peut assigner le terme de tant de nuances, et
entreprendre de les saisir toutes séparément ? Et quand
même on y pourrait parvenir, quelle utilité en
résulterait-il, soit pour la science, soit pour les besoins
ou pour l'avantage de l'homme ?
Le principe qui nous apprend ce que toute matière
composée peut devenir et présenter dans tous les cas
possibles, vaut mieux lui seul, à tous égards, que toutes
les connais- [connaissances]
__________
dans leur composition, telles que le soufre, certains sels, etc. on
connaît déjà, et l’on trouvera encore des procédés pour les détruire et
pour les réformer à volonté ; mais cette faculté de l’art est bornée aux
objets particuliers d'une composition très-peu compliquée, et jamais
elle ne s'étendra aux productions immédiates ni prochaines des corps
vivans.