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HYDROGÉOLOGIE
ances de détail des cas particuliers que l'on viendrait à
bout de se procurer. Il constitue, dans l'objet dont il
s'agit, la véritable science, la seule digne de l'attention
du philosophe, a seule utile à l'homme qui étudie, non
ces petites choses, mais la marche même de la Nature
qu'il a intérêt de connaître.
La postérité, très-vraisemblablement, regardera un
jour comme une sorte de puérilité cet empressement
qu'on met, dans ce siècle, à donner un nom particulier à
chaque variation de substance minérale qu'on
rencontre, et à la regarder comme constamment
existante dans la Nature ; car il est au contraire évident
que telle de ces variations qui n'avait peut-être jamais
eu lieu, a pu, par un concours fortuit de circonstances,
recevoir l'existence dans un tems quelconque, et qu'elle
la perdra dans un autre tems peut-être pour toujours. A
quoi bon, s'il en est ainsi, grossit-on si prodigieusement
les catalogues de minéralogie, et s'empresse-t-on pour
cela de saisir toutes les nuances qu'on peut rencontrer
dans la série de mutations que les matières composées
éprouvent jusqu'à l'entière séparation du leurs
principes ?
Sans les intéressantes observations de
Volta
, le
fluide qu'on avait nommé
galvanique
,
se- [serait]

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HYDROGÉOLOGIE
rait maintenant au nombre des substances
particulières ; car un chimiste célèbre avait déjà assuré
qu'on devait le considérer ainsi, et qu'il était fort
différent du
fluide électrique.
Rappelons-nous que parmi la multitude de
considérations qui se présentent à nous dans l'étude de
la Nature, il y en a de différens degrés d'importance ;
qu'aucune sans doute ne doit être négligée, mais qu'il y
a des proportions à garder en s'appesantissant sur
chacune d'elles, sans quoi le but sera manqué.
Ce précepte une fois posé, voyons, dans l’objet que
nous avons en vue, ce qui résulte à la surface du globe,
de l'existence des corps vivans qui s'y trouvent.
La croûte extérieure du globe terrestre, dans une
épaisseur indéterminée, offre presque partout des
matières brutes diverses, plus ou moins composées, et
qu'on nomme
minérales ;
elles sont entassées les unes
sur les autres, ou entremêlées, ou enfouies dans
l'épaisseur de cette croûte, et toutes ensemble
paraissent la constituer principalement. On peut, sans
détermination positive, attribuer à cette croûte une
épaisseur de l’étendue de 3 à 4 lieues.
Les matières brutes et minérales dont je

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HYDROGÉOLOGIE
viens de parler, sont les terres et les pierres composées
de diverses sortes, les différentes roches, les matières
métalliques en différens états, les matières salines
minérales, soit par masses particulières, soit combinées
avec d’autres substances ; les matières sulfureuses, les
bitumes divers et toutes les sortes de fos
siles,
c'est-à-
dire, les dépouilles encore reconnaissables des corps
qui ont été vivans.
Il est certain que la croûte extérieure du globe terrestre,
maniée et remaniée sans cesse par les eaux de toutes les
sortes depuis que ce globe existe, par les déplacemens
et les passages alternatifs du bassin des mers, par les
dépôts continuels et de tous les genres que les corps
vivans ont formés sur ses parties nues ; enfin, par les
altérations, les soulévemens, les amoncélemens, les
affaissemens et les excavations que les volcans et les
tremblemens de terre ont produits dans son épaisseur ;
il est certain, dis-je, que par suite de ces différentes
causes, la croûte extérieure du globe terrestre a dû subir
des changemens dans son état et dans la nature de ses
parties, qui n'eussent jamais eu lieu sans elles.
Mais parmi toutes ces causes influentes, il paraît
qu'il en existe une plus importante à considérer que les
autres, par la nature très-

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HYDROGÉOLOGIE
particulière de ses effets : je veux parler de celle qui
donne lieu à l’existence continuelle des matières
composées qui forment la très-grande partie de la
croûte externe du globe.
Les matières composées qu'on trouve à la surface et dans
l'épaisseur de la croûte externe du globe sont-elles le
résultat d'une tendance naturelle des élémens à former
des combinaisons ?
Il est si général de croire que les élémens des corps
ont une tendance naturelle à former des combinaisons,
que personne jusqu'à présent n'a pensé qu'on pût
raisonnablement mettre en question le fondement d'une
opinion qui n'a jamais excité le moindre doute. Je dois
dire cependant que cette confiance accordée depuis si
long-tems à cette opinion vulgaire, n'a dû sa
conservation, jusqu'à ce jour, qu'à la négligence, ou ce
qui revient au même, qu'à la légéreté qu'on a
constamment apportée dans l'examen de la marche de
la Nature et des faits qu'elle ne cesse de nous offrir de
toutes parts.
Quand j'observe avec attention tout ce qui a lieu à cet
égard, je vois que toute matière composée quelconque,
soumise au pou- [pouvoir]

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HYDROGÉOLOGIE
voir de la Nature, c'est-à-dire, à l’action de ses agens
provocateurs de toute destruction de combinaison,
subit, quoique avec plus ou moins de promptitude,
selon son espèce et les circonstances de sa situation,
une altération soutenue et croissante, qui change, et
l'état de combinaison, et les proportions des principes
de cette matière, jusqu’à ce qu’enfin ses élémens
constitutifs en soient tous séparés.
Le tems détruit tout, dit le vulgaire ; rien ne résiste à
ses injures.
Ce fait, que chacun aperçoit sans cesse et presque
toujours sans y réfléchir, puisqu'il attribue au tems, qui
n'est rien par lui-même, ce qui appartient à une cause
générale qu'il n'a su reconnaître ; ce fait, dis-je,
consiste réellement en ce que toute matière composée
va sans cesse en se détruisant, c’est-à-dire, en
changeant d'état et de nature ; car elle subit en effet une
multitude d'altérations qui changent successivement les
proportions de ses principes et leur état de
combinaison,
Un regard jeté avec attention sur ce qui se passe
continuellement sur notre globe et sous nos yeux,
suffira pour mettre cette vérité dans son plus grand
jour, et pour faire apercevoir que
les principes de tout
composé