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HYDROGÉOLOGIE
seule, à l'aide de beaucoup de tems altère la craie,
dissipe insensiblement ses principes de solidité sans y
en fixer d'autres, met de plus en plus à nu sa silice, et à
la fin transforme les bancs de craie, ainsi que les
coquilles qui s'y trouvent, en masses et coquilles
siliceuses, et fait passer des montagnes entières, de
l'état crayeux à l'état siliceux ou quartzeux, sans avoir
besoin d'y apporter de la silice. Les masses dont il
s'agit subissent un retrait dans leur volume et une
agrégation plus parfaite dans leur molécules à mesure
que ces changements s'opèrent. Que j'ai eu de fois
occasion d'observer les preuves de ces simplifications,
c'est-à-dire, de ces transformations de matières
pierreuses très-composées, en matière pierreuse plus
simple !
Dans l'argile, la
silice
y est aussi fortement masquée
et imperceptible ; mais cette matière composée terreuse
s'altère plus facilement et plus promptement par les
agens ordinnaires de la Nature, que la craie, et la
silice
n'est pas très-long-tems à s'y faire apercevoir. Les
minéralogistes disent alors que c'est de l'argile tenant
de la silice dans telle proportion.
La
silice
se démasque de plus en plus dans les
différens
schistes
, dans les
asbestes,
dans les
micas
.
Elle est encore très-masquée dans

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HYDROGÉOLOGIE
les
pextens ;
elle l'est moins dans les jaspes et dans les
pâtes des porphyres ; elles l'est moins encore dans les
péridots
ou les
berils
, les
topases
, les
émeraudes
, les
saphirs
, les
rubis
, etc. ; enfin dans les
cristaux de roche
bien transparents et bien nets, elle est entièrement à
découvert.
Voilà la marche de la Nature. Tout arrive
insensiblement à ce terme de simplification : il suffit
d'observer pour s'en convaincre. Mais pour bien voir en
observant, il faut être capable de s'élever au dessus des
préjugés introduits par inconsidération et de fausses
vues, et entretenus par l'obstination de l'amour-propre ;
il faut savoir n'être point esclave des erreurs même les
plus accréditées ; il faut enfin avoir le courage de
sacrifier la considération momentanée qu'on
obtiendrait, comme tant d’autres, en étayant l'erreur de
ceux qui sont parvenus à faire autorité a cet égard, et
montrer la vérité lorsqu'on a su la découvrir.
Formation des pétrifications
.
Enfin les molécules plus ou moins purement
vitreuses qui se filtrent ou se tamisent à travers les
masses terreuses et les pierres tendres, à

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HYDROGÉOLOGIE
l'aide de l'humidité qui y pénètre, parviennent encore à
s'agréger ensemble, en pénétrant dans le tissu
organique des portions de végétaux ou d'animaux
qu'elles rencontrent, et dont les traits d'organisation ne
sont pas encore altérés. Elles remplacent
successivement les particules de ces restes de corps
organisés, à mesure que ces particules sont détruites et
emportées par la filtration des eaux ; en sorte qu'il ne
reste plus réellement que la figure et une sorte de
squelette du corps organique qu'on voit alors comme
changé en pierre, etc.
Ce que je viens de dire sur la pétrification est bien
connu et très-fondé
; mais, comme je l'ai fait
remarquer, on en a étendu mal à propos le principe à
tout ce qui, d'abord de nature calcaire ou de nature
argileuse, était ensuite trouvé dans un état plus ou
moins siliceux. Or, je le répète, j'ai la conviction, par
suite du grand nombre d'objets que j'ai observés, et par
les nuances et les passages insensibles que j'ai
remarqués dans les transformations d'une substance à
une autre, qu'une masse de matière calcaire peut passer
insensiblement à l'état de matière siliceuse, sans que les
molé- [molécules]

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HYDROGÉOLOGIE
cules siliceuses qu'on lui trouve alors, aient été
apportées postérieurement dans sa masse, en
remplacement des siennes. Il arrive certainement la
même chose aux matières argileuses.
Formation des granits et des pierres agrégées diverses.
On sait que le
granit
est une roche composée d'une
réunion de petits morceaux de quartz, de feld-spath et
de mica, parmi lesquels on trouve souvent des
morceaux de schorl. Ces différentes sortes de matières
et de masses pierreuses, dont les unes sont cristallisées
et les autres ne le sont pas, étant agrégées en masse
commune, constituent la roche composée dont il s'agit,
roche que les naturalistes regardent très-mal à propos
comme primitive.
D'abord, ce ne pourrait être que conjecturale qu'on
désignerait
comme primitive
une matière quelconque ;
et lorsqu'on se hasardera à le faire, l'état des
connaissances acquises n'autorisera jamais à indiquer
comme telle une matière composée.
Ensuite, ce ne serait point en faveur des
granits
que
les probabilités se réuniraient le

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HYDROGÉOLOGIE
plus pour les faire regarder comme des
matières
primitives
car l'origine de plusieurs des parties
composant des
granits
est encore assez indéterminable
pour écarter toute conjecture de cette sorte à leur égard.
Tout ce qu'il est possible de dire de raisonnable au
sujet des matières composées qu'on observe à la
superficie et dans la croûte externe du globe, c'est que
les unes sont plus anciennes que les autres, c'est-à-dire,
sont plus éloignées de leur origine. Mais d'une matière
ancienne ou fort éloignée de son origine, à une matière
véritablement
primitive
, la distance peut être infinie ;
en sorte que c'est manquer à la raison que de confondre
ces deux objets.
On trouve souvent des masses de
granit
, grandes ou
petites, complétement isolées, tantôt posées sur un fond
ou sur une base moins solide que ces masses mêmes, et
tantôt s'appuyant sur des roches quartzeuses. Or il n'est
point du tout prouvé que les masses de
granit
qui
existent, soit qu'elles se trouvent isolées, soit qu'on les
observe amoncelées ou groupées sérialement plusieurs
ensemble, aient une véritable contiguité avec les
matières solides qui composent tout l'intérieur du globe
terrestre. Tout annonce au