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HYDROGÉOLOGIE
tés, dont les principales sont dépendantes de leur figure
et de leur masse.
Dans cette agrégation, on ne saurait douter que les
molécules quartzeuses ne se réunissent ensemble ou ne
s'appliquent sur les petites masses
quartzeuses
auxquelles elles peuvent encore s'unir ; qu'il n'en soit
de même à l'égard des molécules du
feld-spath
, et de
même encore à l'égard de celle du mica et de celle du
schorl.
Or, il en résulte que, sans le secours d'aucun
ciment particulier, diverses petites masses de chacune
de ces matières se forment et s'achèvent ou
s'interrompent continuellement
; que de nouvelles
masses semblables recommencent à se former, finissent
et se renouvellent de même, et que toutes se lient d'une
manière solide en une masse commune. Il en résulte
encore que la masse générale de ces agrégats, par suite
des ans et des siècles multipliés, s'accroît
proportionnellement, et qu'après un laps de tems
considérable elle forme en ce lieu une montagne sous-
marine de
roche granitique.
Maintenant considérons qu’à mesure que le bassin
des mers se déplace, les fleuves qui ont leur
embouchure sur les rives que la mer abandonne,
s'alongent proportionnellement à l'avancement des
nouveaux rivages mari- [maritimes]

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HYDROGÉOLOGIE
times acquis de ce côté (
1
), tandis que ceux qui ont leur
embouchure sur les rives que la mer envahit, se
raccourcissent dans la proportion des envahissemens.
Or, supposons qu'un fleuve dans le cas de former, à
une certaine distance dans la mer, des dépôts qui
donnent lieu à une montagne granitique sous-marine,
ait été raccourci par l'envahissent d’une partie du
continent sur lequel il roulait ses eaux, et que par-là
son embouchure ait été rapprochée de sa source, il me
paraît évident que les dépôts de ce fleuve auront aussi
changé de place dans la mer
; et comme ces
déplacements de l'embouchure se font avec une lenteur
inappréciable, ce même fleuve aura eu le tems à chaque
déplacement, de former une nouvelle montagne sous-
marine contiguë aux précédentes, de manière que la
totalité des monts sous-marins formés par le fleuve,
sera disposé sérialement dans la direction même de son
cours, et continuera de se prolonger jusqu'à ce que le
fleuve ait été totalement envahi avec la partie du
continent qui le faisait exister.
__________
(1) L'embouchure du Nil est maintenant plus éloignée de sa source,
qu'elle ne l'était autrefois ; cela est reconnu, et est arrive à bien
d'autres.

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HYDROGÉOLOGIE
Si l'on juge de la grandeur des continens qui ont pu
autrefois faire partie de la surface du globe, d'après
ceux qui existent à présent, et si l'on considère qu'ils
ont pu permettre aux principaux de leurs fleuves une
étendue de 800 à 1,000 lieues et peut-être davantage en
longueur, on aura, dans leurs plus grands fleuves, un
moyen capable d'avoir fourni dans le bassin des mers,
des
chaînes de montagnes granitiques
sous-marines,
correspondantes à celles que nous voyons actuellement
dans les parties sèches de nos continens.
Sur de pareilles considérations, l'on me demandera
comment des montagnes sous-marines ont pu devenir
des montagnes trés élevées au dessus du niveau des
mers, comme les Cordilières, le Caucase, les monts
Altaï, nos alpes européennes, etc. Mais qu'on prenne la
peine de considérer ce que j'ai déjà exposé à cet égard,
ainsi que L'ADDITION, p.173, et je suis persuadé
qu'on cessera d'être embarrassé sur ce point.
Je le répète : d'une part, le bassin ne saurait se
déplacer sans changer la centre de gravité du globe ; de
l'autre part, quoique la forme générale de ce globe reste
toujours la même, la forme et l’élévation particulière de
chaque lieu de sa surface change perpétuelle-
[perpétuellement]

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HYDROGÉOLOGIE
ment, quoiqu'avec une lenteur qui en rend les
changemens imperceptibles à l'homme. Ces
changemens résultent non-seulement des suites des
mouvemens des eaux douces et de celles des
déplacements du bassin des mers, mais en outre de ce
que les points et les aplatissemens polaires se
déplacent, ainsi que les élévations équatoriales (
1
). Il
s'ensuit que ce qui était fort élevé, subit des
abaissemens progressifs et continuels, tandis que ce qui
se trouvait très-abaissé, s'élève sans cesse
insensiblement.
Il paraît donc très improbable que les montagnes ont
été taillées dans les plaines par les
__________
(1) S'il est vrai que les points polaires, c'est-à-dire, que les deux
points de rotation du globe se déplacent, les aplatissemens polaires et
les élévations équatoriales doivent aussi se déplacer
proportionnellement ; car les causes de ces aplatissemens et de ces
élévations transportent successivement ailleurs le
maximum
de leur
puissance.
On a remarqué que les plus hautes montagnes étaient situées
principalement dans la zone torride ou dans son voisinage, tandis que
vers les pôles les montagnes s'abaissent de plus en plus, et même au
point d'y être nulles. Cela provient peut-être de la différence de
gravitation des objets dans ces régions opposées. Au reste, voyez dans
L'ADDITION, p 173, des éclaircissemens sur cette importante
considération.

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HYDROGÉOLOGIE
mouvemens des eaux douces, comme je l'ai dit p. 11 à
22, et que dans la masse de ces plaines, les roches
quartzeuses informes s'y sont petit à petit formées et
accumulées par la voie de l'infiltration des eaux ; au
lieu que les roches composées granitiques qui s'y sont
aussi trouvées à la suite des tems, avaient été
auparavant formées par des dépôts successifs opérés
dans les mers.
En effet, les
roches granitiques
laissées à nu par le
déplacement du bassin des mers, se seront peu à peu
recouverts de corps vivans et surtout de végétaux ; en
sorte que les dépôts continuellement renouvelés de ces
corps, auront enveloppé ces roches, comblé leurs
intervalles ou ceux de leurs lobes, et donné lieu aux
plaines dans lesquelles on les voit enfoncées. Après
une logue suite de siècles que ces parties de la surface
du globe auront été découvertes, les plaines qui
renfermaient ces roches granitiques auront été
dégradées par les eaux : il s'y sera taillé de hautes
montagnes par la formation de grandes vallées creusées
par les torrens, les rivières et les fleuves ; et à la fin les
sommités de ces montagnes mises graduellement à nu,
auront réduit ces roches à l'état où nous les voyons en
bien de pays.