ВУЗ: Не указан
Категория: Не указан
Дисциплина: Не указана
Добавлен: 20.01.2021
Просмотров: 4889
Скачиваний: 1

140
HYDROGÉOLOGIE
contraire que les granits n'ont point de contiguité
essentielle avec les matières solides de l'intérieur du
globe, mais que ce sont de véritables dépôts dont nous
allons indiquer la cause et le mode dans l'instant.
Nous allons voir en outre que la cause qui a donné
lieu à ces dépôts, a dû en général en disposer les
amoncélemens d'une manière sériale, et alors nous
concevrons pourquoi les principales masses de granit
observées et qui constituent les montagnes les plus
hautes, sont en général disposées par chaînes ou par
série longitudinales, plus ou moins régulières.
Pour bien saisir le mode de formation des granits, il
me paraît nécessaire de distinguer dans cette formation
trois actes différens, savoir :
1°. L'acte de la formation des molécules intégrantes de
chaque sorte de matière pierreuse qui entre dans la
composition du
granit.
2
°.
L'acte de transport de ces diverses sortes de
molécules lapidifiques, jusqu'au lieu où elles sont
déposées.
3°. L'acte de dépôt, d'agrégation et d'amoncélement de
ces mêmes molécules au moyen duquel le granit se
forme, et dont la continuité non interrompue agrandit
proportionnellement la masse.

141
HYDROGÉOLOGIE
Ces trois actes ne peuvent être confondus en un seul
dans la formation de chaque masse de granit ; ils sont
nécessairement distincts, et ont dû avoir lieu pour
chaque masse de granit dans l'ordre où je les
représente.
Relativement à l'acte de formation des molécules
intégrantes de chaque sorte de matière pierreuse (
du
feld-spath, du mica du schorl
et
du quartz)
qui entre
dans la composition du granit, il n'est pas plus difficile
de s'en former ici une juste idée, que de concevoir le
même acte qui donne lieu aux molécules intégrantes du
feld-spath, du mica, du schorl et du quartz qu'on voit en
différentes masses dans nos montagnes et dans le sol
des parties nues du globe. J'ai déjà indiqué cette
formation (p.123), et on a pu voir qu'elle résulte
évidemment de la suite d'altérations successives que les
dépouilles des corps vivans subissent jusqu'à l'entière
séparation de tous les principes qui les constituaient.
C'est ici le lieu de remarquer que les
matières
argileuses
n'existant très-certainement dans la Nature
que par les végétaux, comme les
matières calcaires
n'y
existent que par les animaux, et que le mica ainsi que le
schorl, provenant assurément des matières argileuses

142
HYDROGÉOLOGIE
et même en très-grande partie du feld-spath, il est
évident que chacune de ces matières est postérieure à
l'existence des végétaux. Enfin, comme le feld-spath
contient dans la combinaison de sa molécule intégrante
des principes calcaires en petite proportion, et des
principes argileux en proportion plus grande, il est
donc d'une formation postérieure à l'existence des
animaux et des végétaux, ainsi que toute espèce de
granit, ceux-ci n'étant que des agrégats de ces matières.
Quant à l'acte de transport des molécules intégrantes
de chaque sorte de matière pierreuse qui entre dans la
composition du granit, et qui met ces molécules dans la
circonstance propre à former la roche composée dont il
s'agit, voici ce que je crois très-fondé à cet égard.
Toutes les molécules intégrantes, soit des feld-
spaths, soit des micas, soit des schorls, soit enfin du
quartz, ne sont pas généralement tamisées par
l'infiltration des eaux douces, à travers les parties
tendres et poreuses de la masse du sol, jusqu'à ce
qu'elles trouvent à s'agréger pour former des masses,
grandes ou petites, de même nature qu'elles. Une partie
de ces molécules, à mesure qu'elles sont formées, se
trouve entraînée par les ruis- [ruisseaux]

143
HYDROGÉOLOGIE
seaux et les torrens des montagnes jusque dans les
fleuves, et ceux-ci les portent à la mer, où ils les
déposent toujours plus tard que le limon grossier qu'ils
charient également.
Or, c'est dans ce transport à la mer, des molécules
intégrantes et isolées des
feld-spaths
, des
micas
, des
schorls
et du
quartz
, par la voie des fleuves, qu'il faut
chercher la cause réelle de la formation des granits,
ainsi que leurs amoncélemens énormes, et séries
longitudinales ; ce que je vais essayer de démontrer.
Il n'est pas besoin pour cela de supposer que le globe
terrestre ait été entièrement recouvert par les eaux
tenant alors en suspension dans leur masse les
molécules lapidifiques des diverses matières dont il
s'agit, les laissant petit à petit se déposer et s'agréger
plus ou moins régulièrement. Cette supposition que
rien de certain n'autorise, ne nous donnerait pas encore
la raison de la disposition par série des masses
granitiques, et nous laisserait encore dans l'embarras
sur l'origine des molécules des diverses substances
pierreuses, origine que maintenant l'obstination seule
affecterait de méconnaître.
Les molécules intégrantes des matières pierreuses
dures, beaucoup moins composées que

144
HYDROGÉOLOGIE
celles des matières terreuses et des substances pierreuse
tendres, et (selon l'expression des chimistes) tenant de
la silice en plus grande proportion que celles-ci, sont en
conséquence d'une bien plus grande ténuité, restent
plus facilement suspendues dans les eaux, ou s'en
précipitent avec plus de lenteur ; il en résulte que les
fleuves qui les portent à la mer, les conduisent un peu
plus loin dans son bassin, qu'ils ne font du limon
grossier, dont ils sont aussi chargés.
Il est vraisemblable d'ailleurs que les fleuves qui
viennent des pays de montagnes ou qui reçoivent des
torrens qui en arrivent, sont plus chargés de ces
molécules abondamment siliceuses, que les fleuves qui
sont dans un cas opposés.
Les choses étant ainsi, les molécules dont il est
question sont transportées dans la bassin des mers à
une distance quelconque, qui est toujours à peu près la
même par rapport à l'éloignement de l'embouchure du
fleuve qui les apportées.
Là elles s'abaissent insensiblement à mesure que le
mouvement des eaux qui les soutiennent, diminue, et à
la fin atteignant le fond, elles se distribuent et
s'agrègent suivant les lois générales de l'attraction et
des affini- [affinités]