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HYDROGÉOLOGIE
Il est vraisemblable que les
roches porphyriques
auront été aussi formées dans la mer, et qu'elles sont le
résultat des dépôts apportés par les fleuves, surtout par
les torrents qui viennent de montagnes. Mais ces
dépôts se seront formés plus précipitamment que ceux
des granits, et leur matière, au lieu de consister en
molécules intégrantes pierreuses, isolées, se sera
trouvées composées de petits morceaux de
feld-spath
qui auront été précipités successivement dans la mer, et
avec lesquels les molécules de la matière qui forme la
pâte des porphyres, auront été précipitées
simultanément. Il sera donc formé par une agrégation
confuse et continuelle, une masse pierreuses, dans
laquelle les petits morceaux de
feld-spath
auront été
parsemés.
Les gneiss, les granitelles et tant de
roches
composées, formées par couches, et qui paraissent
résulter d'une agrégation confuse de
détritus
des roches
granitiques, au moyen d’un ciment peu apparent, ont, à
ce que je crois, une origine fort analogue à celle des
porphyres.
Ces détails pouvant suffire à quiconque voudra
s'occuper sérieusement des grands points de vue que je
viens d'indiquer, je passe à la considération qui
complète l'objet de ce chapitre, et je dis :

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HYDROGÉOLOGIE
Combien maintenant n'importe-t-il pas de savoir,
pour l'établissement d'une bonne théorie du globe
terrestre, que l'influence des corps vivans, par les suites
naturelles de leur existence et des dépouilles
qu'abandonnent les générations multipliées et toujours
renouvelées de ces êtres, manie et remanie sans cesse
la croûte externe de notre globe, y produit une
multitude et une diversité de matières brutes et
composées si grandes, que jamais on ne parviendra à
en déterminer toutes les variations possibles ; enfin,
que cette influence des corps vivans ne cesse de
modifier de toutes les manières les parties qui
composent cette croûte externe du globe !
Comme les idées s'agrandissent et deviennent
proportionnellement plus claires et plus simples à
mesure que l'on réfléchit sur ce qui vient d'être exposé,
la confusion dans laquelle elles étaient à cet égard, par
la supposition de la préexistence de toutes les matières
minérales avant l'établissement de l'ordre que nous
connaissons, trouve maintenant son terme, et la marche
éternelle de la Nature peut actuellement se dévoiler
sans obstacle à nos yeux. En effet, cette supposition de
la préexistence de toutes les matières mi- [minérales]

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HYDROGÉOLOGIE
nérales, à laquelle il en a fallu bien d'autres, comme par
exemple, celle de croire que toutes ces matières avaient
été autrefois tenues en dissolution dans un liquide, et
cela lorsque, par une autre supposition, notre globe se
trouvait dans un état de liquidité, et qu'ensuite elles
avaient été précipitées tumultueusement, ce qui avait
enfin donné naissance aux continens et à l'état actuel
des choses ; cette supposition, dis-je, et ces brillantes
hypothèses, par lesquelles les minéralogistes se laissent
encore dominer, sont autant d'obstacles qui s'opposent
à ce qu'ils puissent saisir la marche réelle de la Nature.
On ne doit pas hésiter : lorsqu'on a pris une
mauvaise route, il faut la quitter, revenir sur ces pas et
faire en sorte d'en prendre une meilleure. La vérité que
l'on a tant d'intérêt à connaître, vaut bien la peine de
faire quelques sacrifices pour arriver à elle.
Que l'on s'applique à rechercher ce que deviennent
les dépouilles et les produits des corps vivans ; quels
sont les changemens que ces dépouilles et ces produits
subissent avec le tems, lorsqu'ils sont abandonnés au
pouvoir du tems, c'est-à-dire, aux moyens qu'a la nature
pour agir sur eux ; enfin, quelles sont les matières
diverses

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HYDROGÉOLOGIE
auxquelles ces changemens peuvent successivement
donner lieu, alors on aura, pour découvrir la vérité, une
voie plus naturelle, plus simple, plus sûre et plus
susceptible d'être vérifiée et rectifiée par l'observation
des faits, que celle que fournissent les hypothèses
arbitraires et sans fondemens que je viens de citer à
l'instant.
Il n'est plus possible d'en douter : toutes les craies,
soit celles qui sont encore pures, soit celles qui ont subi
des modifications et celles qui se trouvent dans des
mélanges, proviennent uniquement des animaux.
Il paraît que les
craies
phosphatées viennent des
animaux à vertèbres, et que les animaux sans vertèbres
ne produisent que des craies carbonatées. Ce n'est, au
reste, qu'une conjecture qu'il faut soumettre à l'examen
des faits.
Toutes les
argiles
et leurs dérivés viennent
originairement des végétaux : elles sont plus ou moins
modifiées par différens acides ou par les autres causes
que j'ai désignées.
Or, s'il en est ainsi, les
granits
tenant essentiellement
de véritables dérivés des argiles, ne sont donc pas,
comme je l'ai dit, des matières primitives.
Voilà donc deux sources principales où les

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HYDROGÉOLOGIE
deux sortes de matières composées terreuses et
pierreuses les plus essentielles et les plus abondantes
dans la Nature prennent naissance, et dont toutes les
autres ne sont que des modifications.
Consultez ce qu'à cet égard l'observation nous
apprend, et alors vous saurez que les
craies
et que les
argiles
de toutes les sortes forment une trés-grande
partie de la croûte externe du globe ; qu'elles s'y
présentent l'une et l'autre formant des bancs d'une
épaisseur et d’une étendue immenses, et donnant lieu à
des chaînes de montagnes très-considérables. En un
mot, vous saurez que toutes les autres sortes de
matières composées terreuses ou pierreuses, dans
lesquelles le caractère éminent, soit de la craie, soit de
l'argile, ne se distingue plus, ne se trouvent dans la
croûte externe du globe qu'en très petite proportion,
comparativement aux deux terres composées
principales dont je viens de parler.
La
magnésie
n'est qu'une modification de l'argile,
que l'art n'a pas encore pu imiter, et qui est stationnaire
pour nous dans nos opérations, comme l'est la chaux, la
baryte, l'alumine. A cet égard je crois que la magnésie
est à l'argile, ce que la baryte est à la craie. Sans doute
l'art n'a pas trouvé