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HYDROGÉOLOGIE
d'instrument ni de moyen pour décomposer ces
substances
; mais la Nature, qui a sur lui une
supériorité qu'il n'atteindra jamais, sait décomposer ces
matières comme toutes les autres, et amener à l'état
vitreux toutes substance terreuse ou pierreuse
quelconque.
Toutes les matières composées d'un mélange plus ou
moins égal des deux types des substances composées
terreuses (les craies et les argiles), doivent leur
existence aux circonstances qui ont favorisé ces
mélanges, ainsi qu'aux altérations et aux modifications
que les matières salines ont pu leur faire subir.
Le grand but des recherches des minéralogistes, en
observant et étudiant toutes les matières minérales
qu'ils rencontrent, doit donc être principalement dirigé,
à l'égard des matières terreuses ou pierreuses, vers la
détermination de l'origine de chaque sorte de substance
et vers celle du degré d'éloignement où se trouve cette
substance de son type ou de sa source, et par
conséquent de son degré d'altération et de
simplification.
Ainsi, pour les matières terreuses et pierreuses, les
résultats de ces recherches donneront lieu à la
formation des trois séries principales, savoir :

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HYDROGÉOLOGIE
1°. La série des terres et des pierres
calcaires pures
,
altérées et modifiées graduellement par différentes
causes, et suivie dans tous ses degrés jusqu'à l'entière
transformation de ces substances en pierre ou en terre
vitreuses.
2°. La série des terres et pierres
argileuses pures
,
altérées et modifiées graduellement par différentes
causes, et suivie dans tous ses degrés jusqu'à l'entière
transformation de ces substances en terre ou pierre
vitreuse.
3°. La série des terres et pierres formées d'un mélange
de craie et d'argile, dans quelque proportion que ce
soit, série que l'on suivra dans tous les degrés
d'altération et de modification de ces matières jusqu'à
leur entière transformation en terres ou pierres
vitreuses (
1
).
Tout le
carbone
(le feu fixé carbonique) a été,
comme je l'ai déjà dit, formé primitivement par les
végétaux ; mais une partie de ce carbone, constamment
modifié par l'action organique des animaux, paraît
transformé, par ces derniers, en azoth et en quelques
autres modifications du
feu fixé
, produites par ces êtres.
__________
(1) Voyez dans mes
Mémoires de Physique et d'Histoire naturelle
,
page 349, un tableau présentant l'esquisse de l'ordre naturel des
minéraux.

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HYDROGÉOLOGIE
Le carbone, par l'influence des circonstances
favorables, et peut-être d’un laps de tems considérable,
resserré, cumulé et intimement uni à une
base terreuse
,
forme à la fin ces combinaisons si intimes, ces matières
si compactes qui ont une opacité parfaite dans les plus
petites portions de leur masse, enfin, qu'on trouve dans
certaines parties de la croûte externe du globe, et qu'on
nomme
métaux.
S'il y a deux types ou deux sources particulières pour
toutes matières terreuses et pierreuses composées
quelconque, il y a aussi très-vraisemblablement deux
types de
terres métalliques
, c'est à dire, de terres
susceptibles de former, avec le carbone, les
combinaisons si intimes et si compactes qu'on voit dans
les métaux : or, ces types sont sans doute des dérivés,
l'un de la craie, et l'autre de l'
argile
.
Les substances métalliques seraient donc
susceptibles d'être distinguées en celles dont la base
terreuse est d'origine animale, et celles dont la base
terreuse provient originairement des végétaux.
Ainsi, comme on a lieu de croire que les terres
d'origine animale fournissent, parmi leurs dérivés, une
terre propre à devenir mé- [métallique]

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HYDROGÉOLOGIE
tallique par son intime union avec le carbone, le
soupçon a dû naturellement tomber sur la
baryte
, qui
est un dérivé véritable de la craie, quoique les
chimistes ne puissent la faire remonter à cet état.
L'estimable chimiste
Peltier
a eu en effet ce soupçon,
et je le crois très-fondé.
De même les terres d'origine végétale (les argiles)
fournissant aussi, parmi leurs dérivés, une terre propre
à se métalliser, je présume que la
magnésie
pourrait
bien être dans ce cas ; mais il faut que la Nature l'ait
combiné d'avance avec une certaine quantité de
feu fixé
qui la colore, pour que cette
magnésie
ou cette espèce
d'argile pyritisée soit susceptible d'être métallisée par
l'art et transformé complètement en fer : aussi toute
espèce d'ocre ou de terre martiale se trouve-t-elle
toujours colorée.
En attendant que les recherches des minéralogistes,
qui doivent être aussi dirigées vers ce but, nous aient
procuré des connaissances plus positives sur ces objets,
il me paraît très- vraisemblable que le
fer
est la seule
substance métallique dont la base terreuse soit d'origine
végétale. Cette métallisation que la nature commence
partout mais qu'on ne rencontre nulle part
véritablement complète, et que

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HYDROGÉOLOGIE
l'art achève si facilement, présente ses élemens
répandus dans presque tous les corps, et est bien plus
commune que les autres.
Toutes les altérations que le carbone subit son état,
et conséquemment tous les dérivés de ce feu fixé,
lorsqu'il a éprouvé des changemens, donnent sans cesse
naissance, selon les unions qu'il contracte avec d'autres
matières, à différentes sortes d'
acides
, de
gaz
, d'
alkalis
,
d'oxides, d'
alkools
et d'
aromes
(
1
).
L'énumération de toutes les sortes qu'on peut obtenir
de ces matières, qui sont plus ou moins inflammables,
plus ou moins salines, et qui toutes ont pour radical le
feu fixé
dans chacune d'elles, ne peut avoir de terme, et
me paraît moins digne que le principe même, d'être
considéré.
__________
(1) Voyez dans mes
Mémoires de Physique et d'Histoire naturelle
,
p.144 et suiv., les développemens essentiels de cette théorie ; quoique
très-resserrée, ses principes répondent à tous les cas observés, et
fournissent une explication simple et naturelle de tous les faits connus.
Quelques efforts que l'on fasse pour qu'elle ne soit pas connue, l'on
sera forcer de l'adopter. Je dis plus : si un heureux hasard ne me l'eût
fait entrevoir, la force de la vérité y eût conduit un jour.