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HYDROGÉOLOGIE
Relativement aux analyses, par le moyen desquelles
les chimistes trouvent dans la nature tant de substances
nouvelles, je ma bornerai à la remarque suivante.
Que fait-on lorsqu'on emploie l'
analyse chimique
pour reconnaître une matière minérale que l'on
rencontre ?
Tantôt, après l'avoir pulvérisée ou divisée autant
qu'il est possible, on la soumet au feu dans des
creusets, soit seule, soit avec des mélanges de potasse,
ou de soude, ou de borax, ou d'autre matière composée,
pour en opérer la fusion ou en obtenir par digestion
quelque combinaison particulière et tantôt on la fait
dissoudre dans différens menstrues altérans, tels que
les acides, de l'alkool, etc. qui en dissolvent, soit la
totalité, soit des portions particulières. On précipite les
parties dissoutes ou les nouveaux composés qu'on
prend pour elles, en mêlant à la dissolution d'autres
matières encore altérantes. On lave et l'on fait sécher
les produits, soit pour en examiner la nature, soit pour
les faire de nouveau dissoudre dans d'autres menstrues.
Enfin, on distille les matières dissoutes ou les
mélanges, etc. ou bien l'on calcine, l'on torréfie ou l'on
altère les produits d'une autre manière, selon les vues
que l'on se propose

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HYDROGÉOLOGIE
encore. Le choix, le nombre et l'ordre de ces opérations
dépendent du besoin que l'opérateur croit en avoir, et il
emploie ces sorte d'opérations, non-seulement sur la
matière qu'il veut analyser, mais encore sur ces
produits, qu'il y soumet séparément. Lorsqu'il croit
avoir multiplié suffisamment les opérations de cette
nature, alors il prononce sur les résultats obtenus et sur
la composition de la matière qu'il a analysée (
1
).
Mais, je le demande sérieusement à tout homme qui
pense, qui juge par lui-même, qui ne se rend qu'à la
raison, et qui jamais ne tourne la tête sous l'autorité en
crédit,
__________
(1) Quant aux résultats particuliers qu'aux moyens des
opérations
chimiques
, on obtient de chaque matière saisie dans une des nuances
de changemens auxquelles toutes les matières composées minérales
sont assujetties, ces résultats, qui ne présentent assurément point les
vrais composans de la matière soumise à ces opérations, n'en doivent
pas moins être particuliers à celle-là. Les proportions de ses principes,
étant alors différentes de celles des autres matières minérales, doivent
en effet conduire à des résultats qui lui sont particuliers.
De même, lorsqu'on opère un calcul avec des sommes qui ne sont
pas les mêmes que celles dont on a fait usage dans une autre opération
semblable, les résultats des deux opérations doivent être
nécessairement différens.

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HYDROGÉOLOGIE
quelles conséquences peut-on tirer de ces diverses0
opérations altérantes dans lesquelles on détruit des
combinaisons et on en forme d'autres ; dans lesquelles
les agens qu'on emploie, dissipent des principes qu'on
ne saurait retenir, et fournissent les leurs ou une portion
des leurs aux différentes sortes de résidus ou de
produits qu'on obtient ?
Croit-on réellement parvenir par cette voie, à
connaître l'état de la combinaison de la matière,
examiner le nombre et les véritables proportions de ses
élémens constitutifs ? Oui sans doute, me dira-on ;
cette voie peut faire parfaitement connaître ce qu'était
la substance dont il s'agit tout la monde le croit, chacun
en est persuadé.
Eh ! dans ce cas, je suis seul qui ne le croit point ?
CONCLUSION DE CE CHAPITRE.
Par tout ce qui a été exposé dans ce chapitre, l'on
voit que l'influence des
corps vivans
sur les matières
qui se trouvent à la surface du globe terrestre et qui
compose sa croûte externe, est bien considérable,
puisque ces êtres, infiniment diversifiés et multipliés,
et dont les générations se succèdent con-
[continuellement]

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HYDROGÉOLOGIE
nuellement, recouvrent de leurs dépouilles
successivement entassées et toujours renouvelées,
toutes les parties de la surface du globe sur lesquelles
ils habitent.
On sentira plus encore combien cette influence est
grande, si l'on considère que les
détritus
des corps
vivans et de leurs productions se consument sans cesse,
se déforment et cessent à la fin d'être reconnaissables.
Que les eaux pluviales qui mouillent, qui s'imbibent,
qui lavent et qui filtrent, détachent de ces détritus de
corps vivans des molécules intégrantes de diverses
sortes, favorisent les altérations qu'elles subissent alors
dans leur nature, les entraînent, les charient et les
déposent dans l'état où elles sont parvenues.
Il en résulte nécessairement que les
matières
composées minérales
de tous les genres et de toutes les
sortes qui composent la croûte externe du globe
terrestre, qu'on y voit par amas isolés, par filon, par
couches parallèles, etc. et qui y forment des plaines,
des côteaux, des vallons et des montagnes, sont
exclusivement le produit des animaux et des végétaux
qui ont vécu sur ces parties de la surface du globe.
On sait que dans une vaste étendue de pays, comme
dans les désert de l'Afrique, où le

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HYDROGÉOLOGIE
sol, depuis bien des siècles, se trouve à nu, sans
végétaux ni animaux quelconques qui y séjournent, en
vain y chercherait-on autre chose que des matières
presque purement vitreuses : le règne minéral s’y
trouve sans diversité d’objets, et réduit presqu’à des
matières quartzeuses plus ou moins pures.
Le contraire a lieu dans tout pays couvert depuis
long-tems de végétaux abondans et d’animaux divers.
Le sol y offre à l’extérieur une terre végétale ou
végéto-animale, épaisse, succulente, fertile, recouvrant
ça et là des matières minérales de toutes les sortes,
tantôt salines, bitumineuses, sulfureuses, pyriteuses,
métalliques, et tantôt pierreuses, etc. etc.
A mesure que l’on découvre un pays chargé
d’abondans végétaux, ce qu’on appelle le
défricher
, et
qu’on met à bas les forêts, les arbres et les arbustes de
tout genre, pour y cultiver sur un sol mis à nu, des
végétaux bas et herbacés utiles à l’homme, on sait que
ce sol qu’on trouve d’abord très-fertile, s’appauvrit
alors insensiblement, devient graduellement stérile, et
que ses parties se transforment petit à petit en matières
siliceuses, si on n’y supplée, c’est-à-dire, si l’on
n’arrête cette stérilité croissante par des engrais
abondans, qui ne sont que les débris plus ou moins