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HYDROGÉOLOGIE
consumés des matières produites par les corps vivans.
J’ai établi depuis long-tems cette théorie, c’est-à-
dire, toute celle que comprend ce quatrième chapitre (
1
)
et j’en ai donné des développemens suffisants dans mes
Mém. de Phys.
etc. Néanmoins, on a fait comme si on
ne la connaissait pas, et comme si l’on n’y avait aucun
égard ; et cependant on s’en empare petit à petit dans
plusieurs de ses détails. J’en vois paraître des
développemens importants dans différens cours, dans
des Mémoires et dans d’autres ouvrages qui se publient
chaque jour, sans que les auteurs veuillent reconnaître
la véritable source de ces connaissances (
2
).
Malgré cette injustice des hommes (dans laquelle, au
reste, je ne vois qu’un effet na- [naturel]
__________
(1)
Voyez
, dans mon
Dictionnaire de Botanique
, les mots
CLASSE, FORÊT, etc.
Voyez
dans l’
Hist. natur. Des végétaux
, qui
fait partie de l’édition de Buffon, par Deterville, l’Introduction, p. 303
et suiv.
(2) On commence à reconnaître que les animaux forment la matière
calcaire, et on cite Buffon pour premier auteur de cette belle
connaissance, parce qu’il a dit que la matière calcaire venait des
coquilles. Il y a bien loin de cette idée à la théorie que j’ai publiée à
cet égard, d’autant plus que la craie qui a été formée par la voie des
coquilles, ne constitue qu’une très-petite portion de

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HYDROGÉOLOGIE
turel, des passions inhérentes à l’espèce humaine, j’ai
la satisfaction d’apercevoir qu’insensiblement la vérité
perce, entraîne, et qu’on finira, comme je l’ai dit, par
être forcé de reconnaître toutes celles que j’ai
annoncées, et dont je viens de consigner les principales
dans cet écrit.
Afin de juger, et avec toute la rigueur convenable, et
à la fois avec justice, les considérations présentées dans
le quatrième chapitre, je recommande à ceux de mes
lecteurs qui sont capables de s’affranchir de
préventions reçues, d’étudier à fond, dans les trois
premiers Mémoires de mon ouvrage intitulé
Mémoires
de Physique et d’Histoire naturelle
, la théorie des
molécules intégrantes
des composés, que je nommais
alors
molécules essentielles
.
__________
celle qui existe et qui se renouvelle continuellement dans la Nature.
On oublie d’ailleurs que ce n’est pas à celui qui énonce une vérité
qu’il entrevoie, qu’on doit en rapporter la connaissance, mais à celui
qui la démontre ou la met en évidence.
On ne sera sûrement pas long-tems à se rendre à la même évidence,
qui atteste que toutes les matières argileuses proviennent
originairement des végétaux, et qu’ensuite diversement modifiées par
des acides, elles prennent plus ou moins de liant, d’âpreté, etc. etc
.

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HYDROGÉOLOGIE
Cette théorie, qui m’appartient entièrement, fait
connaître pourquoi chaque sorte de
molécule
intégrante
, susceptible de former une masse solide par
son agrégation avec d’autres semblables, a
constamment une
forme invariable
tant qu’elle
conserve sa nature.
Sans cette connaissance on ne peut être véritablement
minéralogiste
: elle est d’ailleurs nécessaire pour
l’intelligence complète de la belle théorie de la
cristallisation découverte par le citoyen
Haüy
.
Nota
. Les bases de cet écrit ont été d’abord rédigées
sous la forme d’un Mémoire qui fut lu à l’Institut
national le 21 pluviôse an 7, et qui était intitulé :
Sur les fossiles et l’influence du mouvement des
eaux, considérés comme indices du déplacement
continuel du bassin des mers, et de son transport sur
différens points de la surface du globe.
Ce qui fait le sujet du quatrième chapitre n’y était
pas compris, parce que j’en avais déjà publié l’essentiel
dans mes
Mémoires de Physique et d’Histoire
naturelle
.

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HYDROGÉOLOGIE
ADDITION.
Que de citations j’eusse pu faire, et quelle étendue
j’eusse pu donner au développement des considérations
qui font le sujet de ce petit ouvrage, si j’eusse voulu
prendre la peine de détailler mes propres observations,
et de rechercher, dans tous les ouvrages publiés sur
cette matière, la citation des faits recueillis, qui ont
aussi contribué à fixer mes idées sur cet objet ; enfin, si
j’eusse voulu y sacrifier le tems que ces recherches
exigeaient ! Mais cela ne m’a point paru nécessaire,
parce que ceux de mes lecteurs qui sont susceptibles de
prendre intérêt à ces grandes considérations,
connaissent sans doute aussi très-bien tout ce qui a été
observé à cet égard, et cela suffit.
J’ajouterai seulement ici quelques observations
particulières et quelques citations importantes,
auxquelles je crois convenable de donner attention
pour juger les propositions que j’ai établies.
Quant à l’élévation graduelle des parties découvertes
du globe, c’est-à-dire, de celles qui ne sont point
enfoncées sous les eaux, élévation dont j’ai parlé (p. 17
et 18), et dont j’ai assigné la cause, elle est attestée par
un grand

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HYDROGÉOLOGIE
nombre d’observations diverses bien connues ; et
quoiqu’elle soit variable comme l’intensité de la cause
qui y donne lieu, on peut, sans grande erreur, évaluer
son terme moyen à 324 millimètres (1 pied) par siècle.
En effet, malgré les dégradations causées par les
mouvements des eaux douces, qui détachent, excavent
et entraînent vers les lieux bas et à la fin dans la mer,
tout ce que ces eaux peuvent rouler ou charier ;
néanmoins, non-seulement le sol des plaines ne cesse
point de s’exhausser tant qu’il est couvert de corps
vivans, mais celui même des vallées s’élève aussi
continuellement, parce qu’outre les matières qui
peuvent être entraînées par les eaux, le sol des vallées
est ordinairement plus abondamment recouvert de
corps vivans que celui des plaines. On a vu le sol d’une
vallée s’élever d’un pied dans l’espace de onze ans.
Le lit même des rivières et des fleuves n’est point à
l’abri de l’exhaussement graduel dont il est question,
tant que le cours des eaux n’a point atteint un certain
terme de rapidité, parce que la quantité des matières
qu’il reçoit des pays élevés, l’emporte alors sur celle
des dépôts que les eaux transportent à la mer : cela
change insensiblement à mesure que le sol de certaines
parties des continents devient