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HYDROGÉOLOGIE
beaucoup élevé au dessus du niveau des eaux marines.
Les physiciens géologistes ont trop négligé de
considérer la multitude d’observations qu’on fait de
toutes parts presque journellement, et qui attestent
l’élévation graduelle du sol qui n’est plus recouvert par
les eaux.
Au moment où j’écris cette addition, voici ce que je
trouve dans le
Moniteur
, feuille de ce jour, n°. 92, le 2
nivôse an 10.
“ Des antiquités précieuses viennent d’être trouvées
à
Newied
. Près de cette ville on a découvert, sous une
terre cultivée, les ruines d’une ville romaine avec un
fort : ce dernier, d’une figure rectangulaire, a 631 pieds
de largeur et 840 pieds de longueur, entouré d’un mur
de 5 pieds d’épaisseur, avec des tours de défense. On a
aussi trouvé plusieurs maisons, un palais, un petit
temple, etc. Les monnaies, les bustes, etc. trouvés dans
la fouille, ont été en cabinet par la princesse de
Newied.
Tout près du Rhin on a découvert les restes d’une
route romaine ; ce qui prouve qu’alors le Rhin n’était
pas aussi large qu’à présent. A une lieue de Newied, on
voit les restes d’un pont, et tous les environs sont
couverts de murs, tout
sous terre.
”
Que de faits semblables sont consignés,

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mais épars, dans différens ouvrages, et qui s’y trouvent
comme perdus par défaut d’application ! Que d’objets
encore très-reconnaissables ont été trouvés dans des
fouilles à des profondeurs même considérables, et qui
constatent l’élévation continuelle du sol dans ces
différens lieux !
On ignore jusqu’où l’élévation d’un sol non dégradé
par les eaux peut atteindre, dans l’intervalle du tems où
la mer le laisse à nu, jusqu’à celui de son retour et de
son envahissement, parce qu’on ignore la quantité de
tems qu’il faut à la mer pour compléter une révolution
autour du globe.
Je n’ai pas le tems de m’occuper sérieusement de
cette recherche ; mais je sens, d’après un simple
aperçu, qu’en prenant pour base l’observation qui nous
apprend que la mer, dans les contrées boréales du
globe, baisse de quatre pieds par siècle, et en supposant
les rivages de la mer en plans inclinés, on peut
déterminer à peu près le tems que les eaux marines,
dans leurs retraites, emploient à s’éloigner d’une
quantité déterminée, et l’époque presque infiniment
reculée où elles reviendront submerger ce lieu.
Il faut remarquer qu’il n’est pas nécessaire que les
18 millions de toises qui mesurent toute

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la circonférence du globe, soient parcourues par les
mers, pendant le cours de leurs déplacements, pour
qu’elle reviennent envahir le point qu’elles avaient
laissé à nu, parce que l’espace que les mers occupent à
la surface du globe, est beaucoup plus grand que celui
qui est occupé par les terres découvertes, et qu’à
mesure que la mer abandonne un lieu, son autre bord a
beaucoup moins d’espace à parcourir pour venir de
nouveau le submerger.
Néanmoins ce qui reste à parcourir à l’autre bord de
la mer, pour atteindre et envahir de nouveau le pays
que les eaux marines avaient laissé à nu, est encore
extrêmement considérable. Il est en effet question
encore de quelques millions de toises que la mer est
obligée de parcourir dans ses déplacemens, pour
opérer le nouvel envahissement dont il s’agit.
Que l’on juge donc de l’énorme longueur de tems et
des milliers de siècles qu’il faut pour qu’un pays laissé
à nu par les eaux marines, soit de nouveau submergé ou
envahi par elles, si l’on suppose qu’elles ne parcourent
dans leur retraite que quelques toises par siècle.
Les points équinoxiaux (et conséquemment les
saisons) font une révolution complète dans le zodiaque,
dans le cours d’environ vingt-cinq mille ans. Or, il est
évident qu’ils peuvent

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HYDROGÉOLOGIE
faire un très-grand nombre de ces révolutions, avant
qu’un pays laissé à nu par les eaux marines, soit
derechef envahi par ces eaux.
Les choses étant ainsi, toute terre bien couverte de
corps vivans, s’exhaussant d’un pied par siècle, aura
donc le tems d’élever son sol à une énorme hauteur ,
avant que les eaux marines viennent le détruire et le
submerger.
Cependant, outre cette cause qui, comme je l’ai dit, a
pu fournir aux influences des mouvemens aux eaux
douces, les masses propres à y tailler des montagnes, il
en existe une autre à laquelle je crois pouvoir attribuer
un plus grand effet dans ce genre, qui me paraît avoir
donné lieu aux plus hautes montagnes non volcaniques
que nous connaissons, et sur laquelle j’appelle
fortement l’attention des philosophes qui cherchent à
connaître la marche de la Nature ainsi que les grands
moyens qu’elle a à sa disposition. La voici :
Par suite de plusieurs genres d’observations, j’ai
parlé (p. 52 et 53) du déplacement des
points polaires
,
et j’ai cité le rapprochement réel de celui qu’on nomme
boréal
, de l’Europe que nous habitons.
La plus grande vraisemblance m’indique qu’une
révolution complète des
points polaires
doit suivre
entièrement la révolution du

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HYDROGÉOLOGIE
déplacement du bassin des mers, et conséquemment
s’exécuter avec une lenteur tout aussi considérable,
c’est-à-dire, exiger des millions de siècles pour
s’opérer.
Dans cet état des choses, je pense que le
déplacement des
aplatissements polaires
et des
élévations équatoriales
, non-seulement suivra le
déplacement des deux points de rotation du globe, mais
que le changement qu’il entraînera dans la forme
externe de ce globe, pourra véritablement s’effectuer
sans qu’il soit nécessaire que les matières qui forment
la masse générale du globe, soient liquides.
On a jugé cette condition (la liquidité) nécessaire,
parce que l’on a supposé que la forme
sphéroïde
du
globe terrestre avait été acquise dans un espace de tems
fort court. Mais comme il y a lieu de croire que cette
forme n’a eu lieu qu’à l’aide d’un tems dont la
longueur est presqu’incalculable, les déplacemens des
parties protubérantes et des côtés déprimés peuvent
aussi, à l’aide de beaucoup de tems, s’opérer avec ceux
de la direction de la cause qui occasionne ces
dépressions et protubérances.
Cela est d’autant plus possible, qu’il est évident pour
moi que le
globe terrestre
n’est point du tout un corps
entiérement et vraiment