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HYDROGÉOLOGIE
solide, mais que c’est une réunion de corps plus ou
moins solides, déplaçables dans leur masse ou dans
leurs parties, et parmi lesquels il s’en trouve un grand
nombre qui subissent des changements continuels dans
leur état.
Voyons maintenant s’il n’existe point de monumens
qui constatent le déplacement des
points polaires
et la
direction de ce déplacement.
S’il est vrai que la direction des déplacements du
point polaire boréal
le rapproche insensiblement de
l’Europe, il en doit résulter que la zone torride s’en
éloigne proportionnellement et progressivement, que
de nouvelles
élévations équatoriales
se forment petit à
petit dans les nouvelles zônes torrides, et que les
anciennes, qui vont en se détruisant insensiblement,
doivent montrer leurs restes plutôt dans l’hémisphère
boréal, que dans l’hémisphère opposé.
Or, il suffit d’examiner l’état actuel de notre globe,
pour se convaincre que les plus hautes montagnes, qui
ne sont point sous l’équateur, sont toutes ou presque
toutes placées dans l’hémisphère boréal, et pour
reconnaître que ces hautes montagnes sont des
restes
d’anciennes élévations équatoriales
que les eaux
douces, depuis une multitude énorme

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HYDROGÉOLOGIE
de siècles, sont en train de tailler et d’abaisser
progressivement.
En Afrique, les
montagnes de la Lune
et le
Mont-
Atlas
; en Asie, le
Mont-Taurus
, le
Mont-Caucase
, les
montagnes du Japon
; enfin en Europe, les
Alpes
, les
Pyrénées
, etc., sont des monumens qui attestent les
restes d’anciennes élévations équatoriales ; mais à
mesure qu’on s’approche du
pôle boréal
, ces restes
disparaissent insensiblement, et tous les corps
éprouvent l’influence de la cause qui produit
l’aplatissement polaire.
Dans l’autre hémisphère, et surtout hors de la zône
torride, les montagnes y sont en général d’un ordre
très-inférieur ; elles me paraissent être, ou produites
par des volcans, ou les restes d’anciennes élévations du
sol par cumulations successives des
détritus
des corps
vivans, dégradées et taillées par les eaux douces.
A cette explication des faits que je viens d’indiquer,
et dont on ne tirait aucun parti pour le
perfectionnement de la théorie de la terre, j’ajoute la
remarque suivante, qui sert à lier toutes les parties de la
théorie et à en établir le fondement.
Dans la zône torride, qui comprend la principale
protubérance équatoriale, cette protu- [protubérance]

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HYDROGÉOLOGIE
bérance est véritablement générale, et elle existe pour
les eaux marines comme pour les terres découvertes,
quoique celles-ci prédominent. Or, c’est sans doute
dans les mers de cette zône protubérante, que celles des
chaînes granitiques qui se trouvent dans nos plus
hautes montagnes, se seront formées : de grands
fleuves placés dans cette zône ont suffi pour y donner
lieu.
Après la retraite des eaux marines, ces chaînes
granitiques se seront trouvées encaissées dans le limon,
et peu à peu ensevelies totalement dans la masse du sol
qui se sera élevé autour et au-dessus d’elles.
Par la suite des tems le déplacement des points où la
cause de la protubérance équatoriale agit
principalement, en aura formé une nouvelle, et aura
cessé de maintenir l’ancienne ; en sorte qu’alors toutes
les causes physiques de dégradation et de destruction
auront insensiblement entamé et abaissé cette ancienne
élévation équatoriale. Mais les roches quartzeuses et
les roches granitiques encaissées, résistant plus que les
autres parties du sol, auront formé, par la suite, les
saillies qui constituent maintenant ce que les
géologistes nomment des
montagnes primitives.
Ces
saillies néanmoins ne sont que les restes d’an-
[anciennes]

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HYDROGÉOLOGIE
ciennes élévations équatoriales, ou de roches
encaissées dans ces élévation.
Parmi les observations qui constatent que la mer,
déplaçantcontinuellement son bassin, a séjourné sur
tous les points de la surface du globe, je citerai celles
que le citoyen P
OIRET
a exposées dans deux Mémoires
sur la tourbe pyriteuse du département de l’Aisne, qui
se trouve maintenant enfoncé d’environ 12 pieds (4
mètres) sous des couches de terre végétale, de marne et
d’argile.
Ces observations attestent que la tourbe pyriteuse
dont il s’agit, et dans laquelle on rencontre une couche
de coquilles fluviatiles encore très-reconnaissables, est
recouverte par des couches remplies de coquilles
marines très-abondantes et diverses.
Cette tourbe, qui s’est formée dans ce lieu alors
marécageux et plus bas qu’il ne l’est maintenant, est
donc antérieure au passage de la mer dans cette
contrée.
En vain a-t-on voulu infirmer cette conséquence :
comme ce fait coïncide avec une infinité d’autres qui
pareillement l’entraînent, il n’est plus possible de la
repousser avec fondement.
Si la France, surtout la France occidentale et boréale,
n’a pas son sol fort élevé au-dessus

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HYDROGÉOLOGIE
du niveau de la mer, c’est parce que ce sol n’est pas
encore très-ancien, et qu’il est du nombre de ceux que
la mer a laissés à découvert depuis quelques milliers
d’années : aussi ces régions de la France abondent-elles
en coquilles marines fossiles.
Qui osera nier qu’avant que la mer n’ait recouvert
ces contrées, il n’y ait eu dans ces mêmes pays, des
animaux, des végétaux ; en un mot, un ordre de choses
semblable à celui que nous voyons maintenant, si l’on
fait attention à l’observation suivante.
“ Auprès de Bruges, en Flandres, en fouillant à 40
ou 50 pieds de profondeur, on trouve une très-grande
quantité d’arbres aussi près les uns des autres que dans
une forêt ; les troncs, les rameaux et les feuilles sont si
bien conservés, qu’on distingue aisément les
différentes espèces d’arbres. Il y a cinq cents ans que
cette terre, où l’on trouve des arbres, était une mer, et
avant ce tems-là on n’a point de mémoire ni de
tradition que jamais cette terre eût existé ; cependant il
est nécessaire que cela ait été ainsi dans le tems que ces
arbres ont crû et végété : ainsi le terrain qui, dans les
tems les plus reculés, était une terre ferme couverte de
bois, a été ensuite couvert par les eaux de la mer, qui y
ont amené 40