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HYDROGÉOLOGIE
Ces phénomènes du
flux
et
reflux
des mers ne
s'opèrent point sur toutes les côtes à la fois, mais
successivement, en commençant par celles qui sont les
plus voisines de la zône torride, et finissant vers chaque
pôle de la terre, avec des irrégularités qui tiennent aux
formes et aux situations des côtes.
A ces considérations il faut ajouter que chaque bosse,
c'est-à-dire, que le centre de chacune de ces élévations
des eaux se déplace sans cesse, et se trouve
successivement sous chaque méridien et son anti-
méridien, à mesure que le mouvement progressif de la
lune dans son orbite, la fait passer dans chacun des
méridiens dont il s'agit.
Il résulte donc des faits connus que je viens de citer,
une
oscillation continuelle
dans la masse entière des
eaux des mers, qui déplace sans cesse ces eaux même
dans leur fond
; qui les force de se creuser,
proportionnellement au mouvement qu'elles reçoivent,
un lit ou un bassin plus ou moins isolé qui s'entretient
toujours, puisque la cause qui l'a formé ne cesse d'agir ;
enfin, qui repousse perpétuellement vers les bords de
ce bassin, tous les aterrissemens et les dépôts amenés
dans ce même bassin par les eaux douces. Ajoutez ces
oscillations perpétuelles des eaux ma- [marines]

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HYDROGÉOLOGIE
rines, les mouvemens qu'elles reçoivent dans certaines
régions par des courans rapides ; les uns variables,
parce qu'ils dépendent des marées et de la position des
continens et des îles ; les autres constans, parce qu'ils
sont produits par un mouvement général des mers dont
nous allons bientôt parler, et qui n'est jamais
interrompu. En un mot, ajoutez à ces mouvemens
locaux des eaux marines, ceux occasionnés par les
tempêtes auxquelles ces eaux sont exposées, par des
feux et des volcans sous-marins, etc.
Ce que je viens d'exposer suffit pour faire sentir que le
vaste bassin des mers, qui ne se comble jamais, a été
formé et se conserve par les suites du mouvement de
ses propres eaux ; et que le mouvement des eaux
salées, s'opérant nécessairement dans de grandes
masses de ces eaux, et même dans leur masse entière, a
tant de puissance, qu'il repousse ou rejette
constamment vers les rivages les aterrissemens et les
remplissages apportés par les eaux douces, et qu'ainsi il
s'oppose efficacement au comblement du bassin des
mers.
Mais ce mouvement d'oscillation, qui s'opère dans la
masse des eaux marines, prend principalement son
origine dans l'influence de la lune, qui l'entretient
perpétuellement.

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HYDROGÉOLOGIE
Voilà ce qu'il était nécessaire de remarquer ce qui
montre comme tout s'enchaîne, et ce qui fait sentir que
la solution du problème auquel donne lieu l'existence
du bassin des mers, est appuyée sur des faits
généralement reconnus, et non sur des suppositions
gratuites.
Si la lune avait plus de masse ou qu'elle fût encore
plus voisine de la terre, et que par cette raison elle
élevât tous les jours les eaux des mers à une plus
grande hauteur ; il n’est pas douteux qu'alors le bassin
des mers deviendrait plus profond, plus simple, et que
toutes les eaux marines n'acquissent plus de réunion.
Au contraire, si la lune avait mille fois moins de
masse, ou qu'elle fût une fois plus éloignée de la terre
qu'elle ne l'est ; alors le mouvement d'oscillation des
eaux marines serait une fois moins grand, le bassin de
ces eaux aurait une fois moins de profondeur et
l'étendue que ces mêmes eaux occuperaient à la surface
du globe, serait une fois plus grande.
Supprimez entiérement le satellite de la terre ; alors,
au bout d’un tems suffisant, les eaux marines n'auront
plus de bassin particulier, et elles couvriront en totalité
la su- [superficie]

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HYDROGÉOLOGIE
perficie du globe terrestre. Le physicien-naturaliste
peut seul apercevoir toutes les conséquences qui
résulteraient de la suppression de ce satellite de la terre.
A toutes ces considérations j'ajoute que si, au lieu de
la lune, la terre avait pour satellite, et à la même
distance que celle de la lune, une planète aussi grosse
que
Jupiter
(ce que je sais bien ne pouvoir être), il n'est
pas douteux que les mouvemens d'oscillation de nos
eaux marines ne fussent alors bien plus considérables.
Les bosses aqueuses, sous le passage de Jupiter,
seraient extraordinairement grandes, et il en résulterait
que les mers ne pourraient occuper que très-peu
d'étendue à la surface du globe, mais y auraient une
profondeur énorme. Tel est vraisemblablement le cas
où se trouve la lune elle-même ; car la terre, planète
principale, ayant dans sa masse une grande supériorité
sur celle de la lune, opère sur les eaux de cette dernière
des effets si puissans, qu'elle resserre l'étendue de ses
mers, au point qu'à peine peut-on les bien distinguer.
Aussi n'est-il pas certain que ce qu'on prend pour des
mers dans la lune, en soient réellement.

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HYDROGÉOLOGIE
Tant que les mers auront un bassin particulier, c'est-
à-dire, ne formeront pas autour du globe une enveloppe
générale liquide, le centre de forme de ce globe ne sera
jamais exactement le même que son centre de gravité.
Une cause à laquelle on n'a peut-être pas fait
suffisamment attention, me parait devoir changer
continuellement, quoique avec une lenteur extrême, le
centre de gravité du globe terrestre, et en faire varier
sans cesse la situation.
C'est un fait certain, que le mouvement des eaux à la
surface du globe terrestre change continuellement cette
surface, dénature son plan, détruit sa forme, et, par une
suite nécessaire, fait varier sans cesse l'état de masse de
tous les rayons de ce globe, qui se font équilibre les uns
aux autres. Il en résulte que ce changement perpétuel
de l'état de masse des rayons terrestres doit entraîner
proportionnellement le déplacement du centre de
gravité du globe, et le séparer du centre réel que je
nomme
centre de forme.
En effet, les rayons de matière dont l’assemblage
compose le volume et la masse de notre globe, doivent
tous se ressembler, si- [sinon]