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QUESTION.
Qu'est-ce qui rend, en general, les verites physiques si difficiles a decouvrir et a demeler parmi tant d'hypotheses qu'on leur substitue ?
C'est l'influence de l'interet personnel sur les efforts que l'on fait pour arriver a ces verites.
A mesure qu'on imagine une theorie quelconque, au lieu de la mettre serieusement en comparaison avec celles qui peuvent rivaliser avec elle, afin d'en apprecier la valeur, ses partisans se passionnant pour elles, mettent tout en usage pour la faire dominer : des- lors toutes leurs recherches, toutes leurs experiences sont uniquement dirigees vers ce but : ils n'entendent et ne voient plus que dans le sens de leurs nouveaux principes ; et ce doute philosophique, toujours si reclame du sage, n'a plus d'acces, n'a plus de pouvoir. Il en resulte que les tentatives que des hommes independans font pour trouver mieux, restent sans examen, et long-tems sans utilite.
Ces theories accreditees sont des fleuves debordes qui envahissent tout, et qui rompent les veritables routes qu'il faut suivre ou qui empechent qu'on ne les pratique.
Nota. Ce Memoire a ete imprime dans le Journal de Physique, frimaire an 8. J'y ai fait des additions.
FIN.
TABLE RAISONNEE DES MATIERES.
A.
AGATES (les) : Leur formation, p. 128 a 133.
AIR PUR OU ELEMENTAIRE : C'est le gaz oxigene des chimistes. Il n'est nullement le radical des matieres salines ou caustiques, p. 160.
AMERIQUE : Sa partie orientale, surtout dans les regions voisines de l’equateur, est continuellement endommagee par les eaux marines qui ont deja creuse l'immense golfe de Mexique, forme les Iles-du-Vent et les Antilles, restes de la portion detruite de ce continent, et qui ne tarderont pas a le diviser lui- meme en deux parties, en for9ant l’isthme de Panama, p. 48 et suiv.
ANTIQUITE DU GLOBE TERRESTRE : Combien elle est grande ! Que nos idees etaient petites a cet egard ! p. 88, 89, 90 et 177 a 179.
APLATISSEMENS POLAIRES : Ils se deplacent
progressivement et suivent le deplacement des points polaires, sans qu'il soit necessaire que les matieres du globe soient dans un etat de liquidite, p. 179.
ARGILES (les) : Elles proviennent toutes des detritus des vegetaux, qui, au moyen des fonctions de leurs organes, ont eux- memes prepare et forme les elemens de ces matieres, en sorte que sans eux elles n'eussent jamais existe, p. 153 et suiv.
ASIE : Sa partie orientale, la plus voisine de l’equateur, est depuis long-tems envahie par les eaux marines qui en ont separe la Nouvelle-Hollande, et qui, en s'ouvrant des passages dans ces regions, ont forme l’archipel des Moluques et des Philippines ; archipel que l'on peut comparer a celui des Antilles, ayant ete forme par la meme cause, p. 49 et suiv.
B.
BASE essentielle de la theorie des chimistes modernes, mise en opposition avec celle de la theorie que j'ai proposee, p. 103.
BASSIN DES MERS : Il doit son existence et sa conservation aux mouvemens perpetuels d'oscillation des eaux marines, entretenus principalement par l'influence de la lune, p. 28 et suiv. Ce bassin se deplace continuellement, et parcourt, quoiqu'avec une lenteur presque inappreciable, tous les points de la surface du globe, p. 39 et suiv.
C.
CARBONE (le) : C'est la meme chose que le phlogistique des uns, le principe inflammable des autres, le feu fixe carbonique de ma theorie. Il est forme directement et primitivement par les vegetaux, a l'aide de l’influence de la lumiere, et peut faire partie de matieres, soit solides, soit fluides, soit gazeuses, pag. 111 et 156 ; uni tres-intimement a une base terreuse appropriee, il forme alors, selon ses proportions de combinaison, diverses matieres metalliques, p. 157 et 202 a 210.
CATASTROPHE UNIVERSELLE : Il est possible que le globe terrestre en ait essuye une, mais l’etat de la surface et de la croute externe de ce globe ne le prouve nullement ; ainsi rien n'autorise cette conjecture, pag. 68. Cet etat de la croute externe du globe a pu etre tel que nous le voyons actuellement, par l’influence des mouvemens des eaux douces et des eaux marines p. 10 et suiv. ; par les deplacemens des points polaires et des elevations equatoriales, pag. 52, 53 et 178 ; enfin par l’influence meme des corps vivans et des mutations successives que subissent leurs depouilles, p. 115 et suiv.
CENTRE DE GRAVITE DU GLOBE : Il n'est pas le meme que le centre de forme ; il se deplace et fait une revolution autour de celui-ci en meme tems que le bassin des mers et que les points polaires font la leur, pag. 34 et suiv.
COMPARAISON importante de la chaux vive avec le charbon : elle jette un grand jour sur l’etat de combinaison du feu fixe dans chacune de ces matieres, et qui s'y trouve au maximum dans l’une comme dans l’autre, p. 199 a 203.
COQUILLES FOSSILES : La presque totalite de celles qu'on trouve dans toutes les parties decouvertes du globe, et qui y sont en quantite au moins aussi considerable que dans les mers meme, sont des coquilles marines, p. 63 et suiv. On doit les distinguer en coquilles littorales et en coquilles pelagiennes, p. 64, 85 et 86.
CORPS VIVANS : Leur action organique forme sans cesse des combinaisons qui n'eussent jamais existe sans cette cause, pag. 105, 116 et 117. Leurs detritus donnent lieu a la formation des mineraux, p. 115 et suiv.
CRAIES (les) : Elles proviennent toutes des animaux qui, au moyen des fonctions de leurs organes, ont eux-memes forme ces matieres ; en sorte qu'elles n'eussent jamais existe sans eux, pag. 77 a 83, 153, 156.
DEPLACEMENT DU BASSIN DES MERS, p. 41 a 49. Sa direction trouvant un obstacle dans la resistance qu'oppose l’Amerique, tant que l'isthme de Panama n'est pas rompu, s'incline depuis bien des siecles vers le pole austral, p. 50 a 54.
E.
DETRITUS DES CORPS VIVANS : Leur cumulation progressive eleve insensiblement le sol des parties seches du globe, p. 17, 18, 117 et 174. Par suite des changemens qu'ils subissent dans diverses circonstances, ils donnent naissance aux matieres composees minerales de tous les genres et de toutes- les-sortes, pag. 117 et suiv.
EAUX DOUCES : Resultat de leur influence et de leurs mouvemens a la surface du globe, p. 10, et dans l'interieur de sa croute externe, p. 125 a 138.
EAUX MARINES : Elles ont constamment un bassin creuse dans l'epaisseur de la croute externe du globe, et enfonce de maniere qu'il y a toujours des parties solides, comme des continens et des iles, elevees au dessus de leur niveau, p. 27.
ECHO (l') : Il se produit dans le point central d'une reunion de reflexions ou de repercussions diverses du fluide subtil et ebranle qui le forme, p. 243.
ELEVATIONS EQUATORIALES : Elles se deplacent comme les aplatissemens polaires, avec une lenteur presque indeterminable, note de la page 148, et leur deplacement n'exige point que les matieres du globe soient dans un etat de liquidite, p. 179. C'est a leurs restes et aux suites de leur deplacement que sont dues les hautes montagnes mal a propos nommees primitives, p. 180 a 183.
F.
FERMENTATIONS (les) : Ce sont les resultats de l’action des fermens, c'est-a-dire, ce sont des decompositions spontanees operees dans la masse de certaines substances qui se trouvent dans les circonstances favorables a ces mutations, et qui y sont entrainees par la provocation des fermens et par la tendance au degagement de tout principe combine, p. 101 et suiv.
FERMENS (les) : Ce sont des substances provocatrices des fermentations, c'est-a-dire, des decompositions spontanees. Il faut y rapporter toutes les matieres dont la combinaison des principes est incomplete, et qui consequemment contiennent du feu fixe acidifique, c'est-a-dire, le radical de la salinite et de la causticite, p. 186.
FEU FIXE (le) : Combinaison de la matiere du feu operee principalement par les corps vivans, et primitivement par les vegetaux, pag. 106 et suiv. Lorsque la combinaison de la matiere du feu se trouve complete ou saturee, elle constitue ce que je nomme le feu fixe carbonique ou le carbone, pag. 162 ; mais lorsque le feu fixe se trouve combine incompletement ou sans saturation, alors il constitue ce que je nomme feu fixe acidifique ou salinifique ; en sorte que les matieres qui le contiennent dans cet etat, sont de veritables fermens pour leur propre masse, et deviennent par le contact, aterrantes de l'etat de combinaison des autres, c'est-a-dire provocatrices du degagement de leurs principes, p. 163.
FOSSILES : Ce que c'est, p. 55 et 56. La quantite considerable de corps marins fossiles qu’on trouve dans les parties seches du globe, et l’etat dans lequel on les y observe, prouvent que la mer a sejourne long-tems dans les lieux ou ces corps se rencontrent, pag. 65 et suiv.
G.
GRANIT (le) : Ce n’est point une matiere primitive ; car ses composans ou leurs derives proviennent des corps vivans qui, dans ce cas, ont necessairement preexiste, p. 138 et suiv. Les roches composees qu’on nomme granits, ont ete formees dans le bassin des mers. Elles resultent de depots de molecules integrantes de leurs composans, amenees successivemenet dans ce bassin par la voie des fleuves, et qui, en se precipitant avec lenteur, ont pu s’agreger et former les masses que nous retrouvons, p. 142 a 147. Le raccourcissement des fleuves a du disposer ces depots par series ou par chaines. Les plus hautes chaines de ces masses ont du se former dans les elevations equatoriales par les fleuves situes dans ces regions, p. 148, 149 et 180, 183.
L.
LAPIDESCENCE par sedimens, p. 125 ; par infiltration, p. 125 a 128.
M.
MATIERE DU FEU (la) : Employee comme instrument chimique dans les analyses, p. 189 ; par la voie seche p . 192 ; par la voie humide, p. 211. La fixation particuliere de cette matiere dans la pierre calcaire calcinee, p. 197 et 198, et d’une maniere tres-differente dans le charbon, mais de part et d’autre, jusqu’au maximum, p. 201.
MATIERE DU SON (la) : N’est point l’air atmospherique, comme on l’a cru jusqu’a present, en lui attribuant un degre d’elasticite et une celerite dans la propagation de ses ebranlemens qui ne lui appartiennent point ; mais c’est un fluide subtil, invisible, tres-elastique, repandu partout et dans tous les corps, et dont les ebranlemens, qui forment le bruit ou le son, se transmettent avec une intensite et une force qui est en raison directe du choc ou de la vibration des corps, et a la fois de la densite des milieux a travers lesquels cette matiere subtile propage ses ebranlemens, p. 225. C’est parfaitement le meme que le feu ethere, puisqu’elle lui ressemble dans toutes ses qualites et ses proprietes reconnues, p. 251, 252.
METALLISATION (la) : C’est l’acte d’une combinaison tres-intime d’une quantite de carbone avec une base terreuse appropriee que la Nature sait operer par des moyens encore inconnus, et que l’art parvient a executer a l’egard de certaines substances qui peuvent parvenir a l’etat de metal, ou auxquelles il manque peu pour y etre etablies, p. 157 et 202 a 210.
MINERAUX : Resultats plus ou moins fixes des mutations que subissent les detritus des corps vivans, jusqu’a l’entier degagement des principes combines qui les constituaient, p. 115. Leur formation, p. 123.
MONTAGNES (les) : Toutes celles qui ne sont pas le produit d'irruptions volcaniques, ont ete taillees dans la masse du sol des plaines, par le resultat de l'influence et des mouvemens des eaux douces, pag. 11 et suiv., p. 148 et 149. La plupart d'entre elles furent auparavant formees dans le bassin des mers, et ensuite encaissees dans le sol qui, se trouvant a sec et recouvert de corps vivans, s'est graduellement eleve autour et au dessus d'elles. Enfin les plus hautes d'entre elles sont les restes d'anciennes elevations equatoriales, p. 173 a 183.
MONUMENS authentiques qui attestent que la mer a sejourne dans tous les points de la surface du globe, ou maintenant elle n'est plus, p. 54 et suiv.
P.
PETRIFICATIONS (les) : Leur formation, p. 136.
POINTS EQUINOXIAUX (les) : Ils se deplacent
continuellement, deplacent en meme tems les epoques des saisons, sans changer leur ordre ni les climats et font une revolution complete dans le zodiaque, dans un espace de tems beaucoup plus court que celui qui est necessaire pour operer la revolution des points polaires, p. 177 a 179.
POINTS POLAIRES (les) : Ils se deplacent continuellement, mais avec une lenteur presque inappreciable, et qui est proportionnee a celle du deplacement du bassin des mers, p. 52, 53 et 87. Ils deplacent en meme tems les elevations equatoriales et les climats, p. 178, 179 et 180 (1).
(1) La lenteur de ces deplacemens est si considerable, que, selon le premier apergu du calcul que j'en ai fait, le bassin des mers et les
PRINCIPES (les) : Dans tout compose quelconque, les principes combines qui le forment, ont une tendance a se degager de l'etat de combinaison, p. 99 et 100. Il ne faut jamais perdre de vue que les principes des composes ne constituent point les masses que nous connaissons de ces composes, et ne sont pas non plus leurs molecules integrantes, mais qu'ils composent par leur union la molecule integrante de chaque sorte de compose, dont la consideration est si importante, p. 172.
S.
SILICE OU TERRE VITREUSE (la) : C'est la seule substance terreuse elementaire qui existe, et consequemment la seule qui ne soit pas composee. On parvient a la combiner avec des matieres alkalines et quelques
points polaires emploient 9 millions de siecles a faire une revolution complete, dans la supposition d'une retraite des eaux de 2 toises (4 metres et plus) par siecle, l'inclinaison du plan des rivages etant supposee de 19 degres ; ce qui forme un deplacement des eaux d'un pouce 5 lignes par an, et un abaissement sur les rives de pres de 6 lignes.
Ainsi, un point de la surface du globe abandonne par les eaux, n'ayant a peu pres qu'un tiers du tems de cette revolution a rester en saillie avant de subir un nouvel envahissement, il en resulte que tout pays nouvellement sorti des eaux, doit s'attendre, selon le cours ordinaire des choses, a y rentrer au bout de 5 millions de siecles.
Comme nous mettons toutes les durees en comparaison avec celle de notre existence ephemere, combien notre imagination ne doit-elle pas etre etonnee en pensant a un espace de tems aussi enorme ! Mais pour la Nature, ces durees, qui accablent notre pensee, ne sont que des instans.
autres ; mais on ne la decompose point. Elle n'a point ete formee par les corps vivans ; mais elle se trouve masquee dans leurs parties, surtout dans leurs solides et dans leurs detritus terreux, parce qu'au moyen des fonctions de leurs organes, ils l'ont combine avec divers autres principes, pages 126, 129, 133 a 136 et 156.
Nota. Pour ceux de mes lecteurs qui, par des motifs qu'il n'importe point de rechercher ici, n'ont pas pris connaissance des considerations importantes exposees dans mes Memoires de Physique et d'Hist. naturelle, et qui consequemment ne peuvent pas suffisamment apercevoir la liaison et le fondement des principes mentionnes dans la IVe. partie de mon Hydrogeologie, cette Table raisonnee des matieres sera tres-avantageuse a consulter, parce qu'elle offre les principales de ces considerations reduites a leur expression la plus simple.
FIN DE LA TABLE.