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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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Laridés
François S
UEUR
Principales caractéristiques biologiques en zones côtières
La majeure partie des espèces européennes de laridés appartenant à
la sous-famille des larinés fréquentent la zone côtière au moins pendant une
partie de leur cycle annuel. Seul le Goéland marin
Larus marinus
y est in-
féodé tout au long de l’année. Les larinés de taille moyenne (Goélands ar-
genté
L. argentatus
, leucophée
L. michahellis
et brun
L. fuscus
) présentent
l’essentiel de leurs effectifs nicheurs dans les milieux littoraux, biotopes où
ils sont abondants une grande partie de l’année. Leur reproduction à
l’intérieur des terres s’est développée ces dernières années en France, tout
comme leurs incursions en période internuptiale, comportements notés de
longue date en Grande-Bretagne, par exemple. La Mouette rieuse
Chroico-
cephalus ridibundus
est un oiseau répandu tant comme nicheur, migrateur et
hivernant aussi bien dans les milieux littoraux que continentaux. La Mouette
tridactyle
Rissa tridactyla
se reproduit dans les falaises et demeure en ma-
jeure partie dans les eaux côtières lors de cette période alors qu’elle devient
presqu’exclusivement pélagique en saison internuptiale.
Méthodes d’étude
Étudier l’évolution des effectifs
But
Toute étude de la dynamique d’un peuplement de laridés, comme de
tout autre groupe d’espèces d’oiseaux (Wiens, 1989), sur un site donné est
fondée sur une approche quantitative et analytique des stationnements de ces
espèces.
Méthodes
Nous ne détaillons pas les techniques de dénombrements de laridés
en stationnement employées depuis plusieurs décennies, ces dernières ayant
fait l’objet de maints développements pour les oiseaux aquatiques (Blondel,
1969 ; Kersten
et
al.
, 1981 ; Rappoldt
et
al.
, 1985 ; Sueur, 1989).

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Les dénombrements des couples nicheurs doivent de préférence être
réalisés lors de la période d’incubation, phase la plus favorable (Hanssen,
1982).
Étudier l’origine des populations
But
L’étude de l’origine des populations permet d’apprécier les dépla-
cements internuptiaux des laridés à partir de leurs aires de reproduction.
Méthodes
Pour la plupart des espèces, cette origine peut être précisée grâce aux
reprises d’oiseaux bagués ou aux contrôles à distance d’individus porteurs de
marques colorées.
Pour le Goéland brun, l’existence de trois sous-espèces reconnais-
sables
in natura
, en l’occurrence
fuscus
(nord de la Norvège et Suède à
l’ouest de la péninsule de Kola et à la mer Blanche),
intermedius
(sud de la
Norvège, Danemark et Pays-Bas) et
graellsii
(Islande, Grande-Bretagne,
France et nord-ouest de l’Espagne), la proportion des adultes et subadultes
de celles-ci permet une approche de l’origine des oiseaux (Sueur, 1993).
Étudier la structure des populations
But
La connaissance de la structure d’une population par classes d’âge
constitue un élément important dans l’analyse des caractéristiques démogra-
phiques, mais plus généralement écologiques, d’une espèce. Ses variations
dans le temps et dans l’espace permettent d’établir la chronologie des mou-
vements migratoires des différentes classes ainsi que leur distribution géo-
graphique respective (Campredon, 1983) mais également de déterminer
d’éventuelles différences d’utilisation de l’espace au sein d’une même entité
géographique (Sueur, 1993).
Méthodes
Pour les laridés les plus abondants, l’âge-ratio est déterminé au sein
des groupes observés. Il faut toutefois préciser que si la détermination de
l’âge à partir de l’examen du plumage à distance est suffisante pour analyser
la structure globale d’une population, elle ne permet pas de donner l’âge
exact d’un oiseau précis dans la mesure où des différences notables de vi-
tesse d’acquisition des plumages successifs ont été enregistrées aussi bien en
captivité qu’
in natura
, dans ce dernier cas grâce à l’observation d’oiseaux
bagués ou porteurs de marques colorées (Harris, 1962).

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Comme l’a fait remarquer Géroudet (1992), si la méthode paraît
simple dans son principe, sa réalisation affronte de nombreuses difficultés
dans la pratique. Aux problèmes de distance entre les oiseaux et
l’observateur, d’incidence de la lumière et de la mobilité des sujets notam-
ment, s’ajoutent ceux liés à l’évolution des mues et aux variations indivi-
duelles.
Aussi, parfois, les oiseaux observés ne peuvent pas toujours être séparés
pour les espèces à maturité tardive en quatre catégories (juvéniles, imma-
tures, subadultes et adultes) mais seulement en deux ou trois.
Étudier l’utilisation de l’espace
But
La diversité des habitats exploités par les oiseaux d’eau conditionne
largement la richesse spécifique des peuplements (Tamisier & Pradel, 1992).
Dans le cas des laridés, du fait de l’opportunisme de certaines espèces, ces
écosystèmes peuvent être notamment aquatiques ou terrestres, voire aériens
au-dessus de ces biotopes. Chaque habitat peut abriter à un même moment
des oiseaux de plusieurs espèces, mais pour chacune d’elles, il peut ne ré-
pondre qu’à une partie de ses exigences. L’accomplissement du cycle annuel
d’une espèce est ainsi déterminé par la disponibilité et l’accessibilité des
différents habitats nécessaires à la satisfaction de chacune de ses exigences.
Méthodes
Cette utilisation de l’espace peut être mesurée en parcourant une
proportion importante de l’aire étudiée et en notant les espèces présentes,
leurs effectifs respectifs et leurs activités. Ces données associées à leur loca-
lisation (sites, biotopes et éventuelles activités humaines), aux heures
d’observations et à l’état de la marée permettent de déterminer les zones
d’alimentation, celles de repos et le rythme des activités diurnes (Sueur,
1993).
Étudier le régime alimentaire
But
La connaissance du régime alimentaire d’une espèce et de ses varia-
tions au cours du cycle annuel sont des éléments indispensables dans la défi-
nition de sa niche écologique. Cette connaissance, reflétant en partie les as-
pects liés aux exigences alimentaires, n’a de signification réelle que si elle
s’intègre dans un contexte aussi large que possible (Schricke, 1983) en y
incluant notamment des études sur :

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- la typologie des milieux exploités par l’espèce pour son alimentation défi-
nissant ainsi son habitat alimentaire,
- les ressources disponibles et exploitables dans ces milieux,
- les comportements alimentaires utilisés en fonction de l’heure et de l’état
physique des milieux, en particulier le cycle de la marée,
- le régime alimentaire des autres espèces avec lesquelles celle étudiée est
susceptible d’entrer en compétition sur les aspects nutritionnels.
Méthodes
L’étude du régime alimentaire des oiseaux aquatiques, comme les la-
ridés, peut être réalisée selon plusieurs techniques : les analyses stomacales,
celles de pelotes de réjection et autres restes alimentaires et l’observation
directe.
Contenus stomacaux
Les analyses stomacales apportent des renseignements intéressants
mais le plus souvent imposent la mise à mort de nombreux oiseaux tout au
long du cycle annuel
Pelotes
Le but consiste à collecter des pelotes de régurgitation sur le reposoir
et de déterminer qualitativement les bivalves ingérés et d’approcher la quan-
tité ingérée en recherchant les charnières.
Étudier le rythme d’activité
But
L’étude quantitative du comportement des laridés contribue à la dé-
finition précise de leurs besoins et permet donc d’affiner la gestion des mi-
lieux naturels en fonction des périodes de l’année. Le repos et l’alimentation
constituent deux comportements fondamentaux pour lesquels il est primor-
dial de connaître les localités et les heures de la journée concernées.
Méthodes
Il convient tout d’abord de définir les grands types de comporte-
ment : repos, alimentation, toilette et autres activités de confort, déplace-
ments (en particulier marche, nage et vol), enfin activités liées à la reproduc-
tion. Les méthodes utilisées ont pour but de définir un budget d’activités ou
budget temps. Celui-ci correspond à la proportion de temps consacré par les
oiseaux à chaque catégorie de comportement pendant une période de temps
déterminée.