ВУЗ: Не указан
Категория: Не указан
Дисциплина: Не указана
Добавлен: 20.01.2021
Просмотров: 4879
Скачиваний: 1

200
HYDROGÉOLOGIE
De même que de l’eau liquide, soumise à l’action du
feu calorique, à l’air libre, n’en peut réunir et conserver
dans sa masse qu’une quantité véritablement limitée,
quantité qui la met en ébullition, de même aussi il y a
un terme positif dans la quantité de feu qui peut se
cumuler et se fixer dans un corps quelconque.
Ainsi, dans la calcination de la matière calcaire, les
résidus fixes de cette calcination, c’est-à-dire, les
masses de
chaux
vive
, qui forment ces résidus, sont
chargés d’une quantité abondante de feu qui s’y est
fixé, et qui s’y trouve au terme de la plus grande
cumulation que la nature de ces résidus puisse
admettre.
Les chimistes d’abord ayant pensé que le feu
calorique divisait tout ce qui est séparable, et que sans
se fixer lui-même dans aucune des matières sur
lesquelles il agit, il séparait jusqu’au dernier terme, les
principes de toute espèce de composé soumis à son
action : ensuite ayant fait atteindre aux résidus de la
craie calcinée par le degré de feu qu’on emploie
ordinairement pour cette calcination, le terme où ces
résidus ne peuvent plus fixer davantage de feu dans
leur substance, ils en ont conclu que ces mêmes rési-
[résidus]

201
HYDROGÉOLOGIE
dus, c’est-à-dire, que la
chaux vive
était une matière
simple, qu’elle était constamment existante dans la
nature et qu’elle faisait la base de la craie.
L’erreur dans laquelle on s’est laissé entraîner à cet
égard, vient de ce qu’on n’a pas fait attention que le feu
calorique se fixait lui-même dans les corps dénaturés
par son action ; et que lorsqu’un corps en contient par
cette voie, toute la quantité dont il peut être chargé, il
n’en peut acquérir davantage. En exposant ce corps à
une plus longue et surtout à une plus forte action du feu
calorique, il paroît que non-seulement il ne s’y fixe
plus de feu, mais même qu’à la fin il perd une grande
partie de celui qui s’y était fixé, et qu’alors il reçoit une
altération d’un autre ordre. (
Voyez les Opuscules
chimiques de Baumé,
p. 41, n°. 14.)
Soumettez un morceau de bois dans un vaisseau de
fer bien fermé, mais pouvant donner issue, par un tube,
aux matières susceptibles d’être dissipées ; exposez ce
vaisseau à un calorique très-dense pendant un tems
suffisant, le feu alors s’amassant dans le morceau de
bois, en dissipera les matières volatiles, s’y fixera et le
transformera entièrement en
charbon
.

202
HYDROGÉOLOGIE
Or, ne vous y trompez pas, le
charbon
est au
morceau de bois, ce que la
chaux vive
est à la pierre
calcaire ; dans l’un et l’autre vous avez fixé le feu
jusqu’à saturation, mais dans le charbon de feu s’y
trouve complétement combiné : aussi le charbon n’a
rien de salin, au lieu que dans la chaux vive le feu y est
très-incomplétement fixé. Avant votre opération, il n’y
avait plus de charbon dans le morceau de bois, qu’il
n’y avait de chaux vive dans la craie.
Que l’on réfléchisse bien sur l’importance de cette
considération, et l’on sentira sans doute toute
l’influence qu’elle doit avoir dans les conséquences
qu’on peut tirer des résultats d’un grand nombre
d’opérations chimiques.
Passons à une autre considération qui pourra nous
fournir une nouvelle preuve de la fixation du feu dans
les corps fortement exposés
à son action.
En parlant de la
métallisation,
dans mes
Mémoires
de Physique et d’Histoire naturelle
(pag. 353), j’ai dit :
“ Unir à certains composés terreux appropriés, une
quantité de feu carbonique assez abondante pour
constituer l’état métallique, est une opération que la
nature sait faire,

203
HYDROGÉOLOGIE
que l’art a imité sans le savoir, et qu’il est parvenu à
exécuter. ”
En effet, l’art, au moyen du feu calorique intense de
nos fourneaux de forges, parvient à combiner avec des
matières fixes composées terreuses, ou avec les résidus
fixes de divers composés, une telle abondance de feu
qui s’y fixe dans l’état carbonique, qu’il métallise
réellement ces matières. Ceux cependant qui font ces
opérations, croyent ne faire autre chose qu’extraire des
matières sur lesquelles ils opèrent, des métaux qui y
existaient déjà. Ils ne font pas attention que par
l’opération qu’ils emploient, ils favorisent la fixation et
la cumulation de la matière du feu, dans un composé
qu’ils ont réduit à l’état propre à se combiner avec cette
matière, et qu’enfin ils mettent ce composé dans le cas
de contracter une union intime avec beaucoup de feu,
qui s’y fixe dans l’état carbonique, en sorte que, par
cette voie ils parviennent à le transformer en un
véritable métal.
C’est là véritablement ce qui arrive tous les jours
dans certaines opérations des chimistes, et dans nos
fourneaux de fonte.
Le
fer
, par exemple, est un métal que l’homme
forme avec des matières qui n’en contiennent
nullement, mais qui sont dans un

204
HYDROGÉOLOGIE
état propre à pouvoir y être assez facilement
transformées. Cette métallisation est si facile qu'on
réussit même à former du fer avec presque toutes les
matières composées connues, lorsqu'on en peut obtenir
des résidus fixes. Ceux qui forment ainsi du fer,
s'imaginent, comme je l'ai déjà dit, ne faire autre chose
que de retirer et purifier ce métal qu’ils supposent que
la Nature a elle-même formé et caché dans ces
différentes matières ; et comme il est peu de substance
composée avec laquelle ils n'aient pu en former,
quoique plus ou moins, ils ont dit que le fer était
répandu partout dans la Nature, que c'était lui qui
colorait tous les corps, que le sang lui devait sa couleur
rouge, etc. : malheureusement pour l'hypothèse, on a
fait du fer avec du lait, ce qui a beaucoup diminué la
valeur de cette partie de la théorie reçue.
J'ose le dire : le fer obtenu par les opérations
connues pour en former, n'était pas plus contenu dans
les matières sur lesquelles on a opéré, que la suie et les
cendres obtenues après la combustion, n'étaient
contenues dans les matières qu'on a brûlées.
J'ai déjà fait voir
(Mém. de Phys.
§. 520), que les
pyrites et les minerais n'étaient que des matières qui
avoisinaient l'état métalli- [métallique]