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HYDROGÉOLOGIE
que, et auquel il ne manque, pour y arriver, que les
circonstances propres à en faire exhaler certains
principes très-peu fixes, et ensuite que l’addition de la
quantité de feu fixé carbonique nécessaire à la
métallisation.
C'est donc l’opération même de la Nature (§. 523)
que l’on imite en grillant d'abord les minerais, ce qui
en fait dissiper le soufre ou d'autres matières volatiles
que l’état de métal ne peut admettre en combinaison
intime ; et ensuite en cumulant sur ces matières et en
combinant avec elles, par le moyen d'une longue fusion
dans nos fourneaux et de l’addition du charbon qui
fournit son feu fixé ; en cumulant, dis-je, une quantité
considérable de feu qui s'y fixe dans l’état de feu
carbonique, on les transforme complétement en
métaux.
La fusion ne réduit les chaux ou oxides métalliques
que parce qu'elle fournit à ces matières, la circonstance,
l’état et le moyen qui peuvent leur faire acquérir assez
de feu fixé pour changer leur combinaison et les
métalliser. Si, à la plupart des chaux ou minerais
métalliques, il faut joindre, en les fondant, certaines
matières abondantes en feu fixé, pour aider ou obtenir
leur métallisation, il suffit qu'il y ait certaines chaux
mé- [métalliques]

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HYDROGÉOLOGIE
talliques (celles, par exemple, de mercure, d'argent,
d'or, etc.) qu'on ait pu revivifier ou réduire sans
addition, pour qu'il soit évident que c'est uniquement à
la fixation du feu dans ces matières qu'on doit leur
métallisation.
Ainsi, qui osera maintenant soutenir que le feu ne se
fixe point dans les matières qu’il ne réussit point à
volatiliser, lorsqu'il verra que, sans aucune matière
ajoutée, un oxide de mercure peut être ramené à l’état
métallique par une simple exposition à l'influence du
feu calorique ?
Si certaines chaux métalliques ne peuvent être
rétablies dans l'état de métal par la simple action du feu
calorique, mais sont réduites lorsqu'en les soumettant à
cette action, on les a mélangées avec des matières
abondantes en feu fixé carbonique, comme du charbon,
des résines, des huiles, etc. c'est apparemment parce
que l'état de ces chaux exige un feu plus dense pour
pouvoir être combiné avec leurs parties, et que le feu
calorique, tel que nous l’employons ordinairement,
n'atteindrait pas lui seul ce degré.
Qu'on réfléchisse bien à ce qui arrive réellement aux
matières qu'on ajoute et qu'on mélange avec les chaux
métalliques qu'on

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HYDROGÉOLOGIE
veut réduire, on sentira qu'il n'y a que le feu fixé de ces
matières ajoutées qui vient se combiner dans les chaux
métalliques, et que ce ne sont pas les matières elles-
mêmes qui se combinent dans les chaux en question.
Ainsi du charbon, ou des résines, ou des huiles qu'on
mélange avec des matières à métalliser, ne viennent
pas, conservant l’intégrité de leur nature, se combiner
avec les substances à métalliser. Ces mêmes matières
abondantes en
feu fixé carbonique,
se décomposent,
pendant leur exposition, à une forte action du
calorique ; en sorte que leur feu fixé quitte alors la base
qui le fixait, se trouve nécessairement libre dans
l’instant même du changement qu'il éprouve, et
pendant qu'il est encore très-dense il passe et se fixe
derechef dans la substance à métalliser, qui se trouve
alors dans un état propre à pouvoir se combiner avec
lui et en recevoir l’état métallique.
La métallisation des minerais, ce que d'autres
appellent leur réduction, s'opère exactement par la
même voie que la réduction des chaux métalliques.
C'est de part et d'autre la transmission dans ces chaux
métalliques ou dans ces minerais, d'une quantité de feu
carbonique qui se dégage du
flux de réduction,

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HYDROGÉOLOGIE
c'est-à-dire, des matières ajoutées dans le fourneau de
fonte, va se fixer dans le minerai incandescent et en
fusion, et à la [fin] le porte à l’état métallique.
Le perfectionnement graduel de la métallisation se
fait sentir d'une manière évidente dans les différentes
fontes que l'on fait subir au fer à mesure qu'on le
forme ; et la cause connue qui le transforme lui-même
en acier qui n'est qu'un fer perfectionné, suffit pour
faire sentir le fondement de tout ce que je viens
d'exposer.
Les chimistes n'ont pas manqué de s'apercevoir eux-
mêmes de la fixation du feu dans les matières dont je
parle, lorsqu'on les soumet aux opérations que j'ai
indiquées ; mais les expressions qu'ils emploient pour
rendre ce qu'ils ont observé, changent les idées que l'on
doit se former de ce qui a véritablement lieu à cet
égard.
Par exemple, ils disent à cette occasion, que le fer a
avec le carbone une si grande affinité
qu'il l'enlève aux
matières qui peuvent lui en fournir, et que par sa
combinaison avec le carbone, le fer se transforme en
acier (
1
).
__________
(1) Rapport à l’institut, des expériences de Clouet sur la conversion
du fer en acier, par Guyton, page 5.

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HYDROGÉOLOGIE
Pour compléter leur idée, il faut qu'ils disent encore
que les minerais de fer, par exemple, ont tant d'affinité
avec le carbone, que quand on en a fait dissiper par le
grillage tout ce qu'ils contiennent de volatil, ils peuvent
alors se combiner à l’aide des moyens connus avec une
quantité de carbone suffisante pour les transformer en
fer : ce sera sans doute une assertion très-fondée. Mais
qu'est-ce donc que le
carbone
des chimistes ?
C'est précisément ce que Stahl nommait
phlogistique,
et qu'il a mal défini ; c'est ce que d'autres
ont
nommé principe inflammable,
sans s'apercevoir ou
reconnaître suffisamment que ce
prétendu principe
n'est qu'un état particulier de la matière du feu ; c'est
enfin ce que je nomme
feu fixé
, parce que c'est
réellement la matière du feu fixé dans les corps. Mais
comme le feu qui est fixé dans les corps, peut s'y
trouver sous deux modifications très-différentes par
l'effet de son état de combinaison, j'ai appelé
feu fixé
carbonique
celui qui est la base de toute
combustibilité, et
feu fixé acidifique
celui qui est la
cause de toute salinité quelconque (
1
).
D'après les faits relatifs à la métallisation,
__________
(1) Voyez mes
Mémoires de Physique
, p. 144 à 171.