ВУЗ: Не указан

Категория: Не указан

Дисциплина: Не указана

Добавлен: 20.01.2021

Просмотров: 4901

Скачиваний: 1

ВНИМАНИЕ! Если данный файл нарушает Ваши авторские права, то обязательно сообщите нам.
background image

210

HYDROGÉOLOGIE

à la calcination calcaire et à d’autres que je viens de
citer, je crois être fondé à conclure :

Que le 

feu calorique 

à nu, c'est-à-dire exerçant son

action par la voie sèche, n’agit sur les corps, comme
instrument simplement mécanique, que lorsqu'il
n'attaque point [l’ordre] de combinaison des principes
de ces composés, c'est-à-dire, que lorsque,
s'introduisant simplement dans les masses résultantes
de l’agrégation ou de l'agglutination des molécules
essentielles, il modifie simplement ces masses, soit en
les dilatant, soit en les liquéfiant, soit en volatilisant
leurs parties.

Mais lorsque le feu calorique à nu s'introduit entre

les principes constituans d'un composé quelconque, et
qu'il en altère l’état de combinaison, séparant et faisant
exhaler ceux qui sont volatils, il me paraît évident,
d'après les faits ci-dessus cités, qu'alors le feu calorique
n'agit plus uniquement comme un instrument
simplement mécanique, puisqu’il se fixe lui-même
dans les résidus de tout genre du composé qu'il a
dénaturé, et qu'il forme avec ces résidus un ou
plusieurs composés nouveaux.

Nous allons voir que le même feu calorique, agissant

par la voie humide, offre des


background image

211

HYDROGÉOLOGIE

résultats analogues, c'est-à-dire, à peu près semblables.

SECONDE PARTIE.

De l’action du feu employé comme instrument

chimique par la voie humide.

Je vais essayer de faire connaître un instrument

employé continuellement par les chimistes, instrument
dont ils ne peuvent se passer, sans lequel ils ne peuvent
faire aucune analyse, et cependant qu'ils méconnaissent
tellement, qu'ils attribuent à d'autres causes les résultats
de son action, et de ses facultés. Cet instrument est la
matière du feu, agissant, non à nu, mais par la voie
humide, dans toutes sortes de dissolutions et dans les
fermentations intestines.

Dans une science quelconque, lorsqu'une erreur (fût-

elle l’unique) s'introduit dans ses principes
fondamentaux, l'influence de cette erreur porte
nécessairement sur la théorie entière. Toutes les
conséquences alors sont défectueuses, je puis même
dire fausses, quoique pouvant être établies par des
hommes d'un grand mérite et d'un jugement très-
solide ; en un mot, quoiqu'on ne puisse pas


background image

212

HYDROGÉOLOGIE

dire d'elles qu'elles sont le fruit d'un faux raisonnement.
En effet, quelque juste que soit partout le
raisonnement, quelque fondées que soient toutes les
conséquences qu'un raisonnement juste force d'établir,
ces conséquences seront toutes erronées si la base d'où
l'on part repose sur une erreur. Il est donc possible
qu’une théorie physique, par exemple, soit erronée
dans toutes les conséquences qu'elle force de tirer des
faits même que l’on considère, et qu'aucun des
raisonnemens qui établissent ces conséquences, soit
véritablement faux.

Dans la théorie chimique maintenant la plus

accréditée, quelques-uns des principes fondamentaux
de cette théorie sont sans doute dans le cas d'exiger un
nouvel examen ;

1°. Parce qu'on ne saurait mettre trop d'attention et trop
de soins à s'assurer du fondement des principes d'où
l'on part pour raisonner, quoique, dans toute théorie le
raisonnement soit réellement appuyé sur la
considération d'une quantité de faits quelconques (

1

) ;

__________

(1) Toujours dire qu'on ne parle que d'après les faits. Qu'est-ce qui

ne sait pas qu'en considérant les fait connus, on peut cependant
imaginer une théorie très-fondée ? Ne sait-on pas que la solidité d'une
théorie dépend né- [nécessairement]


background image

213

HYDROGÉOLOGIE

2°. parce que, dans les différens ouvrages de physique
que j'ai publiés, je crois avoir fait voir que quelques-
uns des principes fondamentaux de la théorie chimique
maintenant accréditée, étaient non-seulement très-
hypothétiques, mais même moins vraisemblables et
moins conformes à ce qu'indique la généralité des faits,
que ceux que je suis parvenu à découvrir.

Sans vouloir rappeler ici les objections essentielles

que j'ai faites contre les principes fondamentaux de la
théorie chimique actuellement dominante (

1

),

objections qui subsistent et conservent toute leur force,
puisqu'on ne les a pas détruites, je dirai que l'ingénieux
roman des attractions de composition, c'est-à-dire, des
attractions électives, publié par le célèbre Bergmann,
n’eût pas été imaginé par lui si cet habile chimiste se
fût douté que les élémens des corps n'ont en eux-
mêmes aucune tendance à la combinaison ; en sorte
qu'ils ne subissent réellement cet état de gêne 

__________

cessairement de celles des bases de raisonnement qui la fondent, et
qu'entre une hypothèse spécieuse et un principe très-fondé, l'homme,
entraîné par des préjugés non détruits, pourra préférer l'hypothèse.

(1)

 Voyez 

ma 

Réfutation de la théorie pneumatique

, page 482.


background image

214

HYDROGÉOLOGIE

et de modification de leurs facultés, que lorsqu'une
cause étrangère les y contraint.

J'ai fait une démonstration assez rigoureuse de ce

principe, pour qu'on ne puisse le réfuter solidement, et
j'ai fait voir que si l'attraction universelle, démontrée
par Newton, peut être la cause de l'agrégation des
molécules d’un grand nombre de corps, cette attraction
n’est jamais la cause essentielle qui opère les
combinaisons.

Mais les physiciens, dominés par l’opinion ancienne

que les élémens des corps tendent eux-mêmes à se
combiner les uns avec autres, n'ont pu jusqu'à ce jour
entrevoir la cause réelle des combinaisons premières
des faits organiques les plus essentiels, et par
conséquent ils n'ont pu s'apercevoir de ce qui porte les
principes des corps à se dégager lorsqu'ils sont
enchaînés par la combinaison. Ainsi la cause des
fermentations et des dissolutions a dû nécessairement
leur échapper. Il a donc fallu imaginer, à la place de
cette cause qu'ils n'ont pu connaître, des hypothèses
pour rendre raison des faits observés, et l'on sent bien
que les plus ingénieuses de ces hypothèses ont dû être
accueillies ; c'est ce qui en effet arrivé : voilà l’état des
choses.

L'ancienne chimie s'était formée sur les dis-

[dissolutions]