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HYDROGÉOLOGIE
solutions une idée entièrement fausse. On croyait que
ce qui se passe entre un dissolvant en contact avec un
corps qu'il dissout, n'était autre chose que le résultat de
la tendance qu'ont les parties intégrantes des deux
corps à se combiner ensemble ; et l'on pensait que la
chaleur qui se manifeste pendant les changemens
qu'opère la dissolution, était uniquement due à la
réaction des parties.
La chimie moderne et admise n'a redressé aucune de
ces erreurs. Les chimistes, qui en sont partisans,
toujours dominés par l'ancienne idée d'une prétendue
tendance à la combinaison entre les principes
constitutifs du dissolvant et ceux du corps à dissoudre,
l’ont accommodée à leurs idées particulières ; et ils ont
même enchéri à cet égard, en ajoutant au préjugé
existant celui des
attractions électives
.
Je crois avoir présenté dans mes Mémoires (
1
) sur
les dissolutions en général, et particulièrement sur la
tendance qu'ont les principes constitutifs des
décomposés à se dégager de l’état de combinaison, des
considé- [considérations]
__________
(1)
Voyez
dans
mes Mémoires de Physique et d'Histoire naturelle
,
le quatrième Mémoire, page 88, et le
cinquième, page 111
.

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HYDROGÉOLOGIE
rations tellement importantes, et si conformes aux faits
connus, que si une prévention insurmontable et
naturelle n'empêchait les physiciens de donner leur
attention à d'autres vues qu'à celles qui sont conformes
aux leurs, mes nouvelles considérations auraient
obtenu de leur part l'examen le plus sérieux, et peut-
être leur assentiment.
Lorsque, dans la recherche des vérités physiques, on
s'est une fois écarté de la véritable voie, il est sans
doute très-difficile à quiconque aurait le bonheur
d'apercevoir le principe, de pouvoir y ramener les
autres. Celui qui se croit dans ce cas, doit-il pour cela
taire sa découverte ? Non, sans doute ; mais comme il
peut lui-même se tromper malgré sa conviction intime,
il doit la présenter sans jamais s'occuper des succès que
peuvent avoir ses observations. Tôt ou tard, tout est
justement apprécié
; les mauvaises productions
tombent et demeurent dans l’oubli : les bonnes à la fin
nécessairement surnagent.
Sans avoir la faiblesse de m'occuper du sort réservé
aux miennes, j'ai dû les faire connaître ; et je dois
continuer cette entreprise parce que je crois que cela
peut être utile.
Maintenant je vais donc essayer de prouver

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HYDROGÉOLOGIE
que, dans toutes les dissolutions et dans les
fermentations, le feu qui est fixé dans les matières qui
subissent ces actes chimiques, est le principal agent des
mutations qui s'y exécutent. Je vais ensuite faire
remarquer que ce feu, qui se trouve dans un état
particulier qui lui donne cette faculté, est un instrument
que les chimistes emploient dans leurs opérations par la
voie humide, sans le connaître, attribuant tous ses
effets à d'autres causes supposées
; qu'enfin cet
instrument, qui est le même dans le fond que le
calorique à nu, n'est pas non plus uniquement
mécanique.
Pour ramener à cette considération fondamentale
dont on s'est si fortement éloigné, il faut rappeler que le
feu qui est fixé dans les corps, n'y est jamais dans son
état de rarité naturelle ; qu'il ne pourrait pas être fixé
s'il y était dans cet état, et qu'à l’instant de son
dégagement, il ne pourrait pas se trouver dans l’état de
feu calorique, comme il s'y trouve toujours, si, dans son
état fixé, le feu n'était fortement resserré, condensé, et
dans un état de compression extrêmement considérable.
Je crois avoir suffisamment développé ailleurs (
1
) le
fondement de cette vé- [vérité]
__________
(1)
Voyez
dans mes
Mémoires de Physique et d'His-
[
Histoire
]

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HYDROGÉOLOGIE
rité, pour qu’il ne soit pas nécessaire d'y revenir ici.
D'après la considération qui précède, et dont j'ai
donné d'amples développemens dans mes ouvrages, il
est évident que le feu qui est fixé dans les corps, y doit
être, selon l'état de la combinaison des principes de
chacun des corps qui en contiennent, tantôt la base de
toute combustibilité (tel est celui je nomme
feu fixé
carbonique
), et tantôt le radical de toute espèce de
salinité (tel est celui que j'appelle
feu fixé acidifique
).
Or, comme il est connu qu'il n'y a de dissolutions
possibles qu'entre des matières dont au moins une est
véritablement saline, c'est-à-dire contient du
feu fixé
dans l'état
acidifique
, il
n'est donc plus permis de
douter que ce soit principalement la matière du feu qui
agisse dans toutes les véritables dissolutions.
En effet, ce feu, imparfaitement fixé dans les acides,
dans les alkalis, dans les liqueurs vineuses ou
spiritueuses, enfin dans les matières savoureuses et
odorantes, s'y trouve doué d’une tendance si grande au
dégagement, et si facile à s'effectuer, qu'il n'a besoin
que du contact d'une autre matière
__________
toire naturelle,
le sixième Mémoire, page 131, traite de la nature du
feu.

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HYDROGÉOLOGIE
par sa nature peut favoriser l'effectuation de sa
tendance ou ses progrès dans une moindre
concentration ; en sorte que cette matière, en le
touchant, devient pour lui une provocatrice utile à son
dégagement (
1
).
Ainsi, lorsqu'on mêle un acide avec une autre
matière provocatrice du dégagement de son
feu
acidifique,
dans l'instant même du mélange ou du
contact mutuel des deux matières en question, et
surtout dans celui où l’une de ces matières pénètre
entre les parties de l’autre, il se fait aussitôt un
changement dans l'état de combinaison des principes
des deux matières dont il s'agit ; une désunion totale de
ces mêmes principes ; enfin, un dégagement réel d'une
partie des fluides élastiques auparavant combinés, et
surtout d'une partie du feu fixé qui est alors
nécessairement changé en feu calorique. Il se fait aussi,
à la faveur de cette désunion, des principes de deux
matières mises en contact, une ou plusieurs
combinaisons nouvelles, que les circonstances ou
l’abondance de certains principes favorisent
nécessairement.
__________
(1)
Voyez
en entier, dans mes
Mémoires de Physique et d'Histoire
naturelle,
l’art. page 152, qui traite du
feu acidifique
.