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HYDROGÉOLOGIE
Ces combinaisons nouvelles sont prouvées, 1°. parce
que les résultats de l’acte chimique de la dissolution ne
sont pas la séparation subsistante de tous les principes
auparavant combinés, puisqu'il y en a qui se dissipent ;
2°. parce que les composés qui sont produits par suite
de l'acte de la dissolution, ne sont jamais les résultats
de l’union de la totalité des principes qui constituaient
auparavant les deux matières mélangées ou mises en
contact, puisque, encore une fois, une partie de ces
principes s'est exhalée ou dégagée pendant la
pénétration de ces deux matières ; 3°. parce qu'enfin on
ne peut reproduire à volonté les deux matières en
question, et dans leur quantité première, qu'en
sacrifiant une ou plusieurs autres matières qui puissent,
par leur destruction, fournir le complément des
principes nécessaires pour les rétablir. (
Voyez
, dans
mes
Mém. de Phys.
le §. 134.)
Il est donc évident, d'après ce qui précède, que
l'action du feu par la voie humide, c'est-à-dire, par la
voie des dissolutions, est à très-peu près la même que
celle du feu par la voie sèche, c'est-à-dire, par celle des
combustions, des calcinations, etc. puisque, dans l'un et
l'autre cas, il se fait des destructions de combinaisons
existantes, des dissipations de prin- [principes]

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HYDROGÉOLOGIE
cipes, et presqu'en même tems des combinaisons
nouvelles.
Dans toutes ces opérations (les dissolutions, les
combustions, les calcinations, etc.) l’on peut assurer
que si, d'une part, le feu divise les corps et en sépare
des parties, en agissant comme instrument mécanique ;
de l'autre part, en se fixant plus ou moins
abondamment, et se combinant avec une partie des
principes des combinaisons qu'il a changées, ce même
feu forme aussitôt des combinaisons particulières qui
n'existaient pas auparavant.
Tels sont les résultats de l’action du feu, soit par la
voie sèche, soit par la voie humide, résultats qu'on ne
saurait solidement contester.
Le compte que l’on doit nécessairement tenir des
effets du feu que je viens de mentionner, prouve que le
feu, soit par la voie sèche, soit par la voie humide, ne
doit jamais être employé pour faire l’analyse d'un
composé quelconque, c'est-à-dire, pour en séparer et en
présenter à part les véritables principes constituans.
Mais, disent les chimistes, en employant les mêmes
moyens d'analyse sur la même substance, nous
obtenons toujours les mêmes résultats. Sans doute, et
j'en ai donné la raison

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HYDROGÉOLOGIE
ailleurs. Il en résulte toujours que vous avez une fausse
idée de l’origine des produits ; que vous ne pouvez
tenir compte de toutes les matières dissipées, puisqu'il
y en a que vous ne sauriez retenir dans aucun vaisseau,
et que vous ignorez quelles sont au juste les matières
fournies par les instrumens chimiques que vous
employez.
Enfin, ajoutent les chimistes dans les analyses que
nous faisons maintenant, nous découvrons avec
certitude les véritables composans des substances que
nous analysons, en sorte que nous pouvons assurer
qu'en analysant des substances végétales ou des
substances animales, nous parvenons à connaître très-
positivement la quantité de carbone, d'hydrogène,
d’azoth et d'oxigène, dont chacune de ces substances
est composée ; nous découvrons en même tems les
premières applications ou les premières unions de ces
principes, d'où résultent l'ammoniac, le nitre,
l'hydrogène carboné ou sulfuré, etc. etc.
De même nous parvenons à connaître, analysant des
substances minérales, combien elles contiennent de
parties, soit de silice, soit d'alumine, soit de carbonate
de chaux, soit de tel ou tel oxide, etc. etc.
Et moi, je me crois très-fondé à assurer que

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HYDROGÉOLOGIE
rien de tout cela n'est exact, et que toutes ces
prétendues analyses sont autant de faits mal jugés,
puisque, pour les faire, on a employé l’action du feu,
tantôt par la voie sèche, tantôt par la voie humide, et
presque toujours par l’une et par l'autre dans le cours
des opérations qu'il a fallu exécuter pour les terminer.
CONCLUSION.
Quand les chimistes feront leurs analyses sans
altérer la substance à analyser par le feu calorique à nu,
et sans faire usage d’aucune matière saline, c'est-à-dire,
de l'action du feu par la voie humide ; enfin, quand ils
n'emploieront que des instrumens dont l'action sera
uniquement mécanique, alors je croirai que les produits
de leurs analyses étaient véritablement contenus dans
les matières qu'ils auront analysées (
1
).
QUESTION.
Quand cette belle partie de la physique
__________
(1) Si après avoir lu ce Mémoire, et suffisamment médité sur tout
ce qu'il contient, l'on prend la peine de revoir ce qui s'y rapporte dans
le chap. IV de mon
Hydrogéologie
, et surtout ce que j'ai dit sur les
fermens
(addition, p. 186), on sera inévitablement frappé de la force
des raisons qui appuient la théorie que j'ai publiée.

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HYDROGÉOLOGIE
qu'on nomme
chimie,
aura-t-elle des principes solides,
non vacillans, et sera-t-elle affranchie des hypothèses
et de cet arbitraire de raisonnement qui font changer à
peu près, tous les
demi-siècles, les bases de la théorie
que l'on suit dans le cours de chaque époque ?
RÉPONSE.
Lorsque la
matière du feu,
ses qualités propres et les
modifications qu'elle est susceptible d'éprouver, seront
parfaitement connues ; et lorsqu'on ne la prendra plus,
dans chacun des états différens où on la rencontre, pour
autant de matières particulières existantes
essentiellement dans la Nature.
Nota
. Ce Mémoire a été imprimé dans le
Journal de
Physique,
mois de floréal an 7. J'y ai fait des additions.