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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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fragiles dans des flacons. Les animaux et végétaux encroûtants posent un
problème particulier : nombre d’entre eux ne peuvent pas être recueillis à
partir du substrat dans des conditions assurant une identification précise.
Pour prélever ces espèces, il faut donc prendre une portion de la roche sur
laquelle elles se trouvent en la taillant au ciseau. Quand on échantillonne une
zone intertidale, il ne faut pas oublier que les fissures cachent beaucoup
d’espèces non sessiles. Il faut être vigilant quant au sur-échantillonnage de
ces microhabitats (Le Hir, 2002).
Il est difficile de mesurer l’importance des espèces dans un milieu où
une partie de la communauté est nettement tridimensionnelle et l’autre est
encroûtante. La biomasse des espèces encroûtantes est pratiquement impos-
sible à mesurer. Une solution de rechange acceptable est la « superficie oc-
cupée », qui peut être estimée à l’intérieur du quadrat. La surface occupée
par une espèce encroûtante est évaluée en posant sur elle des carrés de plas-
tique de 25 et 100 cm
²
et en les comptant (
figure
5).
Figure
5 : évaluation des surfaces de recouvrement par utilisation d’un carré en
plastique transparent (cl. A. Ponsero)
Avantage
. Simple et rapide à mettre en œuvre.
Inconvénient.
Adaptée seulement à l’étude de certaines espèces (mollusques
en particulier).
Benne
Méthode
. Lorsque le type de sédiment ne permet pas de prospecter l’estran,
le recours à des techniques utilisées habituellement en subtidal (bennes) peut
permettre de faciliter les relevés.

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Matériel.
Il existe plusieurs types de bennes en fonction du type de sédiment
échantillonné. La benne Van Veen est particulièrement adaptée aux sédi-
ments vaseux peu profonds. Son avantage principal est qu’elle peut être uti-
lisée à partir d’une embarcation de taille moyenne équipée d’un dispositif de
mise à l’eau, mais il faut toutefois noter qu’elle pèse 40 kilogrammes au
minimum à vide. Elle est par ailleurs moins dangereuse à utiliser que la
benne Smith McIntyre. Plus lourde (100 kilogrammes à vide), la benne
Smith McIntyre s’utilise sur des sédiments vaseux jusqu’aux sédiments gros-
siers et est moins perturbée par le courant que le Van Veen. Cette benne
impose le recours à un bateau de taille plus importante équipé d’un treuil et
d’un bras de levage.
Avantages.
Échantillonnage facilement réalisable à partir d’une large gamme
de tailles de bateaux ; standardisation des données ; nombre important
d’échantillons par campagne.
Inconvénients.
Besoin d’un nombre élevé de prélèvements, en raison des
variabilités naturelles pour minimiser les variances et détecter les différences
statistiquement interprétables ; nécessité d’engins différents, adaptés à
chaque type de fond ; sous-estimation de l’épifaune du fait d’une distribution
agrégative.
Pour aller plus loin
Sur les différentes méthodes d’échantillonnage du benthos marin : Elefthe-
riou & McIntyre (2005) ou Brey (2001). On peut également consulter la
norme A
FNOR
ISO 16665, 2005 téléchargeable sur le site de l’I
FREMER
ou
les documents du réseau R
EBENT
téléchargeable : www.rebent.org.

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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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Localiser les stations de prélèvements
Alain P
ONSERO
& Anthony S
TURBOIS
Chaque station est localisée grâce à ses coordonnées G
PS
. Un suivi
photographique couplé à la notation d’informations complémentaires permet
d’obtenir une description visuelle globale de la station : indices de bioturba-
tion, hydrodynamisme, échouage, débris coquilliers, conditions particulières
influençant ponctuellement la fiabilité d’un prélèvement… Ces éléments
permettent de faciliter l’interprétation ultérieure des résultats (
figure
6).
Figure
6 : exemple de fiche de relevé de terrain
Nombre de réplicats
Pour un échantillonnage représentatif de la diversité
Sur une même station, on effectue généralement plusieurs prélève-
ments pour échantillonner le benthos. Le nombre de prélèvements peut être
déterminé en construisant la courbe qui représente la richesse cumulée et le

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nombre de reliquats de prélèvements d’échantillons. L’asymptote vers la-
quelle tend cette courbe correspond à la richesse totale (
figure
7).
D’après la forme de la courbe, on peut estimer le nombre de réplicats
nécessaires pour obtenir un pourcentage acceptable du nombre total
d’espèces présentes. Par exemple, pour l’échantillonnage du macrobenthos
par carottage sur les substrats meubles, au moins 3 à 5 prélèvements doivent
être effectués (Gray
et al.
, 1992). Il est donc souvent nécessaire d’effectuer
une pré-étude (ou prémodèle) qui permette d’établir précisément le protocole
à suivre en fonction des objectifs poursuivis et des moyens dont on dispose
(Frontier, 1983).
Figure
7
:
estimation du nombre de réplicats nécessaires pour obtenir un pourcen-
tage acceptable du total d’espèces présentes. Ce point se trouve à la transition de la
pente de la tangente et de l’asymptote (
Š
tirn, 1981)
Échantillonnage représentatif de la densité d’une espèce
La plupart des espèces concernées par ces relevés ont une distribu-
tion contagieuse. Le nombre de réplicats nécessaires pour une estimation
fiable des densités est donné par la formule suivante :
N = (s
²
/ D
²
x
²
)
où D est le degré de précision voulu (par exemple, pour une erreur standard
égale à 20 % de la moyenne, D sera égal à 0,2), x est la moyenne et s
²
la
variance.