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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012 

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lométrie pour les estrans sableux ou vaseux. Pour échantillonner chaque type 
de  substrat  avec  la  même  intensité,  il  faut  effectuer  un  nombre  de  prélève-
ments proportionnel à la couverture relative de chaque type de sédiment.  

 
Cette  stratégie  d’échantillonnage  nécessite  des  connaissances  préa-

lables sur la répartition des catégories de la ou des variables environnemen-
tales  d’où  découle  la  stratification.  Il  est  donc  nécessaire  de  collecter  en 
amont des informations sur la structure et le fonctionnement du système que 
l’on veut échantillonner (Frontier, 1983). 
 

Échantillonnage systématique 

Cette technique est particulièrement intéressante pour mettre en évi-

dence  des  structures  spatiales  de  peuplements  benthiques  ou  d’ensembles 
morpho-sédimentaires  dans  des  espaces  homogènes  (estran  meuble). 
L’échantillonnage  systématique  consiste  à  réaliser  les  prélèvements  en  des 
points connus et repérés d’avance (quadrillage, transects…). 
 

 
Par exemple, le plan d’échantillonnage du benthos en baie de Saint-

Brieuc  est  fondé  sur  un  quadrillage  d’environ  131  points  espacés  de 
500 mètres. En baie du Mont-Saint-Michel, le plan d’échantillonnage est de 
175 stations espacées d’un kilomètre (mission Benthomont-III 2003). 
 

 
Cette  approche  systématique  permet  de  fournir  une  carte  complète 

de  la  distribution  et  de  l’abondance  des  différentes  espèces  d’invertébrés. 
Lors  d’opérations  répétées  à  des  intervalles  de  temps  à  préciser,  il  devient 
possible de mesurer les changements dans la distribution et l’abondance des 
différentes espèces d’invertébrés et de comprendre les changements globaux 
du site (ensablement, élévation du niveau des mers…) et de l’utilisation du 
site par les limicoles. 
 

 
La mise en œuvre d’une grille d’échantillonnage régulière et resser-

rée offre la possibilité d’estimer simplement les stocks sans qu’il soit néces-
saire  de  mettre  en  œuvre  des  méthodes  plus  sophistiquées  d’interpolation 
telles  que  le  krigeage  (voir  fiche  sur  la  cartographie  des  ressources  ben-
thiques). Ainsi, en première approximation, les biomasses de chaque espèce 
à  l’échelle  d’un  site  peuvent  être  estimées  en  additionnant  les  biomasses 
calculées  en  chaque  station  considérée  comme  représentative  de  la  surface 
comprise entre les stations (Trigui, 2009). Néanmoins, du point de vue théo-
rique,  par  rapport  à  un  échantillonnage  aléatoire  simple,  l’échantillonnage 
systématique présente des difficultés pour obtenir une estimation fiable de la 
variance sans utiliser des méthodes géostatistiques comme le krigeage. 


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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012 

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Il  faut  déterminer  très  précisément  les  points  initiaux  en  haut 

d’estran qui vont déterminer le maillage et donc l’approche de la répartition 
et de l’abondance des espèces. 
 

 
La  distance  entre  chaque  point  d’échantillonnage  doit  tenir  compte 

de  la  possibilité  d’habitats  occupant  des  surfaces  faibles  et  qui  peuvent  se 
situer entre deux points. Ceci peut conduire soit à manquer des espèces, soit 
à  sous-évaluer  l’abondance  des  espèces  les  plus  importantes  pour 
l’alimentation  des  oiseaux.  Il  est  possible  de  remédier  à  cela  en  modifiant 
l’espacement  entre  les  points  d’échantillonnage  lorsqu’un  habitat  de  faible 
surface  est  traversé.  Ainsi,  la  distance  entre  deux  points  d’échantillonnage 
peut-elle passer de 250 à 50 mètres si nécessaire. 
 

 
Les prélèvements benthiques peuvent s’effectuer le long de radiales 

(axes  perpendiculaires  au  rivage  ou  parallèles  à  l’axe  d’un  gradient  écolo-
gique).  On  effectue  des  transects  de  préférence  perpendiculairement  à  la 
radiale (cette solution étant la mieux adaptée à l’étude des peuplements qui 
ont tendance à se repartir en ceinture parallèle à la côte). Mais elle n’est pas 
adaptée  pour  l’étude  des  relations  abondance  des  prédateurs/abondance  des 
proies  exprimées  par  la  densité  d’oiseaux  par  unité  de  surface  et  la  densité 
d’invertébrés de chaque espèce proie. 
 

Le cas de l’estran rocheux 

Compte  tenu  de  l’hétérogénéité  de  ce  type  d’habitat,  les  plans 

d’échantillonnages des estrans rocheux impliquent une approche particulière 
de suivi stationnel pour ajuster au mieux les différentes contraintes liées à la 
distribution spatiale des communautés. Cette répartition étant sous la double 
influence  du  niveau  d’émersion  (visible  au  travers  des  différentes  ceintures 
algales)  et  de  l’exposition  à  l’hydrodynamisme  (mode  abrité,  semi-abrité, 
battu…),  le  plan  d’échantillonnage  doit  garantir  l’échantillonnage  de  diffé-
rentes  ceintures  algales  et  des  différents  niveaux  d’hydrodynamisme.  Une 
méthode  possible  consiste  à  établir  des  transects  perpendiculaires  à  la  côte, 
du  niveau  de  marée  basse  extrême  jusqu’au-dessus  de  la  frange  supralitto-
rale. Les sous-habitats tels que les cuvettes de marée, les fissures, les saillies, 
etc.  présentent  des  communautés  très  différentes,  ils  doivent  être  échantil-
lonnés séparément des transects généraux. 
 


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Prélever le macrobenthos 

 
 

Alain P

ONSERO

 & Anthony S

TURBOIS

 
 

Pour quelle utilisation ? 

Dans cette fiche nous ne nous intéresserons qu’aux méthodes de pré-

lèvements  du  macrobenthos  en  zone  intertidale  (lire  en  particulier  pour  les 
protocoles  sur  le  microbenthos  Kemp

  et  al.

  [1993])  et  pour  le  méiobenthos 

Elmgren & Radziejewska (1989) ; Giere (2009).  
 
 

La  méthodologie,  l’équipement  et  l’analyse  dépendent  des  objectifs 

précis  d’une  étude,  d’un  inventaire  ou  d’un  suivi,  de  la  nature  de  l’habitat 
étudié,  des  moyens  et  des  installations  disponibles.  Toutefois,  dans  le  con-
texte  des  programmes  d’échantillonnage  concertés  ou  d’ampleur  nationale 
ou  régionale  portant  sur  la  biodiversité,  l’utilisation  d’une  méthodologie 
standard ou commune est essentielle quand les résultats obtenus doivent être 
reliés et comparés. 
 
 

L’analyse de la macrofaune benthique dans les sédiments meubles a 

fait  l’objet  d’une  norme  internationale  (ISO  16665,  2005)  à  des  fins  de  re-
productibilité et de comparaison des résultats pour « que les études puissent 
être comparées dans le temps les unes aux autres, quels que soient le lieu et 
les  manipulateurs ».  Cette  norme  a  été  définie  pour  la  normalisation  des 
études de surveillance réalisées avec la directive cadre sur l’eau de l’Union 
européenne,  mais  ces  lignes  directrices  peuvent  s’appliquer  à  toutes  les 
études du macrobenthos. 
 

Comment procéder 
 

Type d’engins de prélèvement 

Il  existe  de  nombreux  types  d’outils  de  prélèvement  de  la  macro-

faune  benthique.  Les  plus  utilisés  sont  le  carottier  à  main,  le  quadrat  ou  la 
benne. 
 

Carottier à main 

Matériel. 

Carottier  de  15  centimètres  de  diamètre.  Il  peut  être  facilement 

confectionné dans un tube en P

CV

 muni d’une poignée (

figure

 3).


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Figure

 3 : carottier composé d’un tube de P

CV

 épais et muni d’une poignée 

(cl. P. Triplet) 

Méthode

.  Le  prélèvement  est  réalisé  à  l’aide  du  carottier  sur  25/30  enti-

mètres de profondeur. Il est possible de faire varier la profondeur de prélè-
vement  pour  être  en  adéquation  avec  les  possibilités  d’alimentation  d’une 
espèce  ou  d’un  groupe  d’espèces  (espèces  d’oiseaux  à  bec  plus  court…). 
Ainsi la carotte peut être découpée 

in situ

 en plusieurs tranches selon la pro-

fondeur, afin d’obtenir une répartition verticale exacte des proies (Zwarts & 
Wanink, 1991 ; Piersma

 et al.

, 1994).  

La carotte (partielle ou totale) est tamisée à l’eau de mer (générale-

ment  maille de  1  millimètre)  et  le  refus  est  stocké  dans  un  flacon  en  atten-
dant  d’être  analysé  en  laboratoire.  Cette  étape  se  répète  jusqu’à  obtenir  le 
nombre de réplicats désirés en veillant à ne pas piétiner la zone de prélève-
ment et en rinçant le tamis et le carottier après chaque réplicat. 
 

Avantage

. Le carottage est facile et rapide à mettre en œuvre, nécessite peu 

de matériel et permet une bonne précision des résultats. Il est même possible 
d’utiliser des carottiers de grande longueur pour les eaux profondes (Frithsen

et al.

, 1983). 

Inconvénient

.  La  méthode  ne  s’utilise  que  sur  substrat  meuble  fin  (ne  con-

vient pas aux substrats grossiers, pour lesquels l’enfouissement devient diffi-
cile, voire impossible), à proximité d’une source d’eau pour pouvoir tamiser 


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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012 

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(après  la  marée,  les  points  d’eau  pour  tamiser  sont  plus  fréquents).  Il  est 
limité à 30 centimètres de profondeur. Au-delà l’extraction devient plus dif-
ficile. Compte tenu de la faible surface échantillonnée, cette technique n’est 
pas adaptée pour un inventaire de la richesse spécifique ni pour la cartogra-
phie d’espèces peu abondantes.  

Quadrat 

Matériel. 

Le quadrat peut être réalisé à partir de petits tubes de PCV reliés 

par une cordelette permettant d’obtenir un outil léger et peu encombrant une 
fois plié. Il est utilisé sur les estrans rocheux ou meubles (

figure

 4).

Figure 

4 : exemples de quadrats (cl. A. Ponsero) 

Méthode. 

Sur le même principe que les quadrats de suivi de la végétation, ce 

suivi  consiste  à  poser,  sur  les  estrans  meubles,  un  quadrat,  par  exemple  de 
0,25 m

²

, et à gratter le substrat à l’aide d’un râteau. L’ensemble du prélève-

ment est tamisé directement sur le terrain (maille 1 millimètre). La faune est 
ensuite stockée pour être analysée au laboratoire.

 
Cette méthode est particulièrement bien adaptée pour les évaluations 

de  gisement  de  certaines  espèces  de  bivalves  (comme  des  gisements  de 
coques, par exemple). 
 

 
Pour  les  substrats  rocheux  (roche  en  place,  champs  de  blocs  et  ga-

lets), l’échantillonnage s’effectue par la méthode des quadrats, par exemple 
sur 1 m

²

. Les algues de grande taille doivent être coupées et collectées dans 

un sac afin de récolter la faune qu’elles supportent. L’ensemble de la macro-
faune  présente  dans  le  quadrat  est  recueilli  manuellement,  à  l’aide  d’une 
pince  fine  pour  les  plus  petits  organismes,  et  placé  dans  un  sac  ou  un  pot 
séparé. Les matériaux ramassés peuvent être groupés pour l’identification et 
le traitement ultérieur des espèces, mais il faut mieux séparer les spécimens