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Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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minimes quelle que soit la journée considérée, qu’il s’agisse de journées de
faible (
cf
.
tableau
II) ou de forte fréquentation (
cf
.
tableau
III
)
. Les pertes de
domaine vital, au cours des différents stades de marée, sont le plus souvent
inférieures à 5 %. La raison est simple : les promeneurs n’empruntent pas les
sentiers (on devrait plutôt parler de hauts d’estran) où se concentrent habi-
tuellement les populations d’oiseaux (notamment les sentiers situés en fond
de la Petite-Mer de Gâvres). Ces derniers sont en effet peu praticables et
sous influence de la marée. Les contacts entre les promeneurs et l’avifaune
sont donc réduits.
Tableau
II : réductions du domaine vital des oiseaux d’eau liées à la fréquentation
des sentiers pendant une journée de faible fréquentation humaine : l’exemple du
mercredi 7 février 2007
espèces
10 h
(basse
mer
- 5h)
12h
(basse
mer
- 3h)
14 h
(basse
mer
- 1h)
16 h
(basse
mer
+ 1h)
18 h
(basse
mer
+3 h)
petits limicoles
-2,7 % -1,0 %
-0,2 %
-0,8 %
-0,5 %
Bernache cravant
-7,5 % -4,1 %
-3,1 %
-5,9 %
-0,1 %
Courlis cendré
-17,4 % -1,1 %
0 %
-1,1 %
-0,2 %
Huîtrier pie
0 %
0 %
0 %
-0,7 %
-2,6 %
Pluviers
-10,9 % 0 %
0 %
-1,1 %
-0,6 %
Tadorne de Belon -6,5 % 0 %
-4,5 %
-6,0 %
-0,3 %
La pêche à pied amateur constitue l’activité la plus massivement pra-
tiquée sur la Petite-Mer de Gâvres. Les interactions avec les populations
d’oiseaux augmentent de façon importante à mesure que le nombre de pê-
cheurs s’accroît sur le site. Lors des petites marées, les pertes de domaine
vital sont le plus souvent inférieures à 5 %, parfois même inexistantes (
ta-
bleau
IV). Lors des moyennes marées, elles augmentent mais restent infé-
rieures à 10 % (sauf pour l’Huîtrier pie à cause de sa répartition spatiale
spécifique). Lors des grandes marées, qui sont particulièrement propices à la
pratique de l’activité de pêche, les interactions sont autrement plus impor-
tantes. La fréquentation et l’éparpillement des pêcheurs à pied sur l’estran
sont à leur maximum. Toutes les espèces interagissent fortement, avec des
pertes de domaine vital qui atteignent en moyenne 15-20 % (
tableau
V et
figure
13). La situation est particulièrement problématique pour l’Huîtrier
pie qui connaît des pertes supérieures à la moitié de la superficie totale de
l’habitat qu’il exploite à basse mer (- 67 % le lundi 19 février 2007 ; -
55,3 %, le dimanche 08 octobre 2006).
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Tableau
III : réductions du domaine vital des oiseaux d’eau liées à la fréquentation
des sentiers littoraux pendant une journée de forte fréquentation : l’exemple du di-
manche 29 octobre 2006
espèces
10 h
(pleine
er)
12 h
(basse
mer
- 4 h)
14 h
(basse
mer
- 2 h)
16 h
(basse
mer)
18 h
(basse
mer
+ 2 h)
petits limicoles
0 %
-0,2 %
-0,5 %
-0,6 %
-0,6 %
Bernache cravant
-3,7 %
-9,0 %
-2,7 %
-5,2 %
-6,9 %
Courlis cendré
0 %
0 %
-1,5 %
-2,3 %
-7,1 %
Huîtrier pie
0 %
0 %
-0,4 %
0 %
-1,0 %
Pluviers
0 %
-0,8 %
-1,3 %
-0,9 %
-0,9 %
Tadorne de Belon
0 %
0 %
-8,7 %
-5,1 %
-5,7 %
Tableau
IV : réductions du domaine vital des oiseaux d’eau liées à la présence des
pêcheurs à pied amateurs lors des petites marées sur le site de la Petite-Mer de
Gâvres (à basse mer)
espèces
dimanche 10 décembre
2006
(30 pêcheurs à pied)
samedi 17 novembre 2007
(16 pêcheurs à pied)
Petits limicoles
- 0,7 %
- 0,6 %
Bernache cravant
- 0,7 %
- 1,9 %
Courlis cendré
- 3,4 %
- 3,8 %
Huîtrier pie
- 8,8 %
- 4,7 %
Pluviers
- 3,2 %
- 2,7 %
Tadorne de Belon
- 0 %
- 0 %
Tableau
V : réductions du domaine vital des oiseaux d’eau liées à la présence des
pêcheurs à pied amateurs lors des grandes marées sur le site de la Petite-Mer de
Gâvres (à basse mer)
espèces
lundi 19 février 2007
(1 177 pêcheurs à pied)
dimanche 8 octobre 2006
(1 044 pêcheurs à pied)
petits limicoles
- 14,5 %
- 11,2 %
Bernache cravant
- 24,5 %
- 16,4 %
Courlis cendré
- 24,4 %
- 20,9 %
Huîtrier pie
- 67 %
- 55,3 %
Pluviers
- 20,5 %
- 17,7 %
Tadorne de Belon
- 4,0 %
- 2,7 %
Enfin, du fait qu’elles sont des activités nouvelles se pratiquant dans
le cœur même de la zone de protection spéciale (Z
PS
), une attention particu-
lière a été portée aux sports de glisse, notamment au kitesurf et à la planche à
Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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voile. Les résultats mettent en évidence que les interactions entre les sportifs
et les oiseaux restent faibles lors des journées de pratique ordinaire (c’est-à-
dire un nombre de kitesurfers inférieur à 10 - 15) et ceci quelle que soit la
direction du vent (sud, sud-ouest, ouest, etc.)
6
. Les pertes de domaine vital
sont le plus souvent inexistantes ou inférieures à 5 % de l’habitat exploité à
pleine mer pour les différentes espèces. Seules les interactions restent no-
tables avec la Bernache cravant (jusqu’à - 22,3 % de pertes de domaine vital
à pleine mer lors de la journée du dimanche 18 novembre 2007). Mais les
résultats ont également permis d’identifier des situations critiques pour les-
quelles le dérangement des oiseaux d’eau était particulièrement fort. Il s’agit
des stades intermédiaires de la marée montante et descendante (basse mer
+3 heures, + 4 heures ; basse mer -3 heures, - 4 heures) (
tableau
VI et
figure
14). En effet, lors de ces phases du cycle de marée, les interactions sont plus
fortes qu’à pleine mer du fait que les oiseaux et les kitesurfers sont en con-
tact plus rapproché. La mer n’ayant pas encore recouvert toutes les vasières,
les kitesurfers commencent à naviguer sur le plan d’eau alors que de nom-
breux oiseaux continuent de s’alimenter en suivant la ligne d’eau montante.
Les pertes pour les oiseaux dépassent alors 15 % du domaine vital pour la
majorité des espèces. Les journées de forte fréquentation du plan d’eau sont
également problématiques du fait de l’étalement de l’aire de pratique des
sports nautiques (
tableau
VII). Cette dernière représente en moyenne
134,2 hectares lorsque le nombre de pratiquants est supérieur à 21 soit 46,5
% de la superficie de la Z
PS
.
Tableau
VI : réductions du domaine vital des oiseaux d’eau liées à la présence des
sports nautiques lors de la marée montante : l’exemple du dimanche 8 octobre 2006
à basse mer +4h
Espèces
perte d’habitat exploité
à basse mer +4h
petits limicoles
- 20,8 %
Bernache cravant
- 26,3 %
Courlis cendré
- 15,8 %
Huîtrier pie
0 %
Pluviers
- 12,1 %
Tadorne de Belon
- 30,1 %
6
Il convient de préciser que cette analyse se fonde uniquement sur la présence de l’humain
sur le kitesurf mais ne prend pas en compte l’effet de la voile qui pourrait accroître encore le
dérangement occasionné. Certains spécialistes suggèrent en effet, que l’aile du kitesurf aurait
pour conséquence de faire fuir les oiseaux à des distances plus élevées car ces derniers la
confondraient avec un « gros » prédateur volant (type rapaces) (voir ailleurs dans cet ouvrage
pour une analyse complète du kitesurf).
Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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Tableau
VII : réductions du domaine vital des oiseaux d’eau liées à la présence des
sports nautiques lors d’une journée de forte fréquentation du plan d’eau : l’exemple
du samedi 23 septembre 2006 à pleine mer
espèces
perte d’habitat exploité
à pleine mer
petits limicoles
- 45,7 %
Bernache cravant
- 54,3 %
Courlis cendré
- 6,2 %
Huîtrier pie
0 %
Pluviers
- 54,0 %
Tadorne de Belon
- 47,6 %
Figure
14 : la pratique du kitesurf et les interactions avec les oiseaux d’eau à marée
montante. L’exemple du dimanche 08 octobre 2006 à basse mer +4 heures.
Remarque : journée nuageuse, pleine mer à 18h20, coefficient de 114, vent de sec-
teur sud, sud-est de 12 à 14 nœuds, 12 kitesurfers, 8 planchistes.
Manuel d’étude et de gestion des oiseaux et de leurs habitats en zones côtières, 2012
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La
figure
15 est une synthèse globale des concurrences territoriales
entre les hommes et les oiseaux d’eau sur le site de la Petite-Mer de Gâvres.
Elle représente le cumul de l’ensemble des zones d’interactions
hommes/oiseaux que nous avons pu identifier grâce aux analyses spatiales.
Toutes les activités humaines présentes sur le site pendant l’hivernage des
oiseaux ont été prises en compte ainsi que toutes les espèces d’oiseaux sélec-
tionnées dès le départ pour réaliser nos analyses (six espèces au total). Le
document permet ainsi de visualiser où sont situées les zones où peuvent
potentiellement avoir lieu les interactions entre les hommes et les oiseaux en
fonction du cycle de marée. Elle permet également de déterminer quelles
sont celles qui sont les plus sensibles d’un point de vue du dérangement de
l’avifaune.
Figure
15 : synthèse des concurrences territoriales hommes/oiseaux sur la Petite-
Mer de Gâvres en fonction du cycle de marée