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LES BONNES PRATIQUES EUROPÉENNES

Bulgarie, cas n°2 (suite)

Résultats

Les résultats obtenus ont totalement dépassé ce à quoi nous nous attendions

quand nous préparions le projet.

Les principaux résultats obtenus sont les suivants :

- Intérêt exceptionnel des citoyens pour une participation à long terme au

processus de débat et de prise de décision sur les problèmes importants du

district.

- 23 recommandations ont été adressées à des institutions et des autorités

concernées par des thèmes et des problèmes discutés lors des sessions.

- 8 projets émanant des partenaires ont été amorcés et réalisés.

- Enregistrement d’une nouvelle association civile : l’Union des Concierges et

des Greffiers.

- Intérêt de plus en plus grand de l’administration municipale et fédérale sur le

territoire de Plovdiv pour les problèmes des citoyens et les façons de mettre en

œuvre un dialogue digne de ce nom entre toutes les parties.

- Plus d’informations disponibles pour les citoyens par rapport au travail des

autorités locales et aux problèmes qu’elles rencontrent pour prendre les bonnes

décisions.

- Dialogue actif entre les représentants des différents groupes sociaux sur des

questions importantes pour les citoyens.

- Amélioration du savoir-faire et des connaissances des participants, pour à

leur tour développer leur projet et lancer des initiatives.

- Publication de 7 bulletins d’information sur le forum du district nord. Ils ont

été transmis à tous les participants ainsi qu’à tous les kiosques à journaux du

district.

-

Large publicité et promotion de la participation civile. De nombreux

représentants des médias ont participé aux sessions de discussions sur le

forum, qui ont toutes été retransmises au public lors des nouvelles télévisées et

dans les journaux.

- Bonne impression sur 12 journalistes suisses qui ont participé à la 5e session

de discussions et publication dans les journaux suisses du succès du forum

dans le district nord de Plovdiv.

- Création d’un partenariat durable entre tous les participants du forum.

Analyse et

Le projet a contribué :

évaluation

-

à la mise en place d’un dialogue et d’un partenariat entre les pouvoirs

municipaux de Plovdiv, les citoyens, les ONGs, les institutions et les entreprises

sur la gestion du district et la prise de décision sur les problèmes majeurs de la

communauté ;

- à encourager la participation des citoyens dans la gestion du district nord ;

- à soutenir le travail des autorités et de l’administration locales en mettant en

œuvre les décisions prises sur le forum ;

- à populariser l’approche du forum auprès de la population via les bulletins

d’information sur les forums;

49 Guide Européen pour le Dialogue Civil


LES BONNES PRATIQUES EUROPÉENNES

Bulgarie, cas n°2 (suite)

Analyse et

- à promouvoir un dialogue transparent et ouvert entre tous les citoyens

évaluation

intéressés et les autorités. De nombreux représentants des médias ont

participé aux forums, dont notamment le journal Maritza, la chaîne de télévision

(suite)

EUROCOM-Plovdiv et la chaîne publique Plovdiv Televison. Toutes les sessions

du forum ont joui d’une couverture médiatique dans les informations télévisées

et les journaux ;

- à construire un partenariat solide entre les groupes de la société civile et les

ONGs, ainsi qu’entre les citoyens et les institutions publiques par rapport aux

décisions relatives aux problèmes locaux ;

- à acquérir de l’expérience dans le lancement et le développement de projets

des citoyens par eux-mêmes.

Leçons à tirer

Ce projet peut être considéré comme une bonne expérience car :

• l’approche du forum est une méthode très bien structurée, avec des étapes,

des principes et des rôles clairs, de sorte qu’elle peut être utilisée dans

différentes communautés et sur différents thèmes ;

• le forum est suffisamment public et transparent, il permet d’attirer un grand

nombre de citoyens qui ont directement participé au projet ou ont été informés

par les médias. Les résultats obtenus pendant le projet semblent durables à long

terme.

• Les résultats du projet sont utilisés par les citoyens tous les jours. Suite aux

recommandations adressées par les participants aux différentes autorités et

institutions, des changements durables ont été appliqués au sein des politiques

municipales.

• Après la réalisation du projet et l’assimilation de l’approche du forum, celle-ci

a pu être reprise par d’autres organisations et groupes civils pour résoudre leurs

problèmes locaux de communication et de prise de décision. Dès que le projet

a pris fin, l’administration du district et les citoyens ont organisé des débats

modérés par eux-mêmes, de façon à prendre des décisions communes sur des

questions importantes.

Contacts

Nom de la personne de contact: Reneta Veneva

Tél. + 359 32 625-197

E-mail: nava.plovdiv@gmail.com

Adresse: 28 A “Petko Karavelov” Street

Pays: Bulgarie

Site Internet : www.nava-bg.org

50 Guide Européen pour le Dialogue Civil


LES BONNES PRATIQUES EUROPÉENNES

Bulgarie, cas n°3

Titre

Respect des droits des enfants handicapés mentaux

Partenaires

Le Comité Helsinki bulgare (ONG des droits de l’Homme)

Des ONGs bulgares : Pour nos Enfants, Institut pour les Activités et les

Expériences Sociales, le Département des Services Sociaux Internationaux en

Bulgarie, l’Association bulgare des Personnes Handicapées Mentales, Caritas,

L’Agence National d’Assistance Sociale, l’Unicef, la Fondation anglaise ARK

Lieu

Bulgarie

Date

1999 – 2007

Domaine

Discrimination et violation des droits des enfants handicapés mentaux qui vivent

en institution (home) en Bulgarie.

Objectifs

Ré-intégration sociale des enfants handicapés mentaux en famille d’accueil,

(En relation avec le dialogue civil)

transformation de la politique de l’Etat dans ce domaine.

Description

Depuis 8 ans, nous avons essayé différents mécanismes pour toucher l’opinion

publique et trouver des solutions politiques et pratiques au problème de

l’abandon de ces enfants. Mais jusqu’en 1999, le gouvernement a toujours jugé

que nos démarches manquaient de compétence et de consistance. Nous avons

continué à visiter les homes du pays et à envoyer des rapports aux organes

nationaux et internationaux, sans grand effet.

Nous croyons que les enfants qui vivent en home deviennent de plus en plus

handicapés à cause de cette mise en institution.

Nous pensons et avons prouvé que la Bulgarie a un énorme problème pour

diagnostiquer les maladies mentales à cause du bas niveau de compétence des

médecins et du manque de mécanismes de contrôle des diagnostiques.

Nous savons que la Bulgarie paie plus pour un enfant institutionnalisé qu’un

enfant placé en famille d’accueil et nous trouvons cela inacceptable à cause

de la ségrégation à long terme de nombreux enfants et adultes qui pourraient

participer et apporter leur contribution à la société en tant que citoyens à part

entière, avec des droits égaux.

Environ 1200 enfants et jeunes adultes vivent dans 26 homes dans des zones

reculées où ils n’ont pas accès à l’éducation, aux soins de santé, aux contacts

sociaux, c’est-à-dire où ils n’ont pas de réelle perspective d’intégration. Une

fois placés en institution, ils y meurent, ou ils en sortent pour aller dans une

autre. Nous avons fait pression pour remplacer le placement en institution

par l’adoption, encourager les soins, les placements dans des homes de type

familial dans des grands centres urbains, de façon à assurer leur intégration

dans la société.

Méthodes

D’abord, nous avons rassemblé des données sur la situation dans tous les

homes pour enfants handicapés mentaux en 2000 et en 2001. En 2002, nous

avons publié un rapport contenant des dossiers détaillés sur chaque institution,

avec une analyse sur le système dans son ensemble.

Nous l’avons présenté lors d’une table ronde et distribué aux ministres et ONGs

concernés, aux ambassades étrangères, à des universités et aux médias,

fournissant par la même occasion une base de données sur laquelle travailler

à la nouvelle Agence Publique pour la Protection des Mineurs. Le rapport est

disponible en anglais sur www.bghelsinki.org. Cependant, ce n’était toujours

pas suffisant pour que le grand public prenne conscience de la situation.

51 Guide Européen pour le Dialogue Civil


LES BONNES PRATIQUES EUROPÉENNES

Bulgarie, cas n°3 (suite)

Méthodes

(suite)

En 2002, nous avons organisé une campagne internationale en collaboration avec Amnesty International pour les droits des enfants et des adultes handicapés mentaux qui vivent dans les institutions bulgares. Encore une fois, le gouvernement a nié le problème. En 2003, le Ministère des Affaires sociales, qui gérait l’ensemble des homes, a adopté une nouvelle loi pour les décentraliser et a continué à les financer, mais leur gestion était toujours entre les mains des municipalités locales, qui n’étaient pas prêtes pour cela.

En 2004, nous avons publié un rapport en collaboration avec différentes ONGs sur la situation des enfants et l’avons porté devant de la Commission européenne, qui en 2002 avait insisté sur le fait que le gouvernement bulgare améliorait les conditions de vie dans les institutions et avaient entrepris le processus de désinstitutionalisation avec de réelles mesures pour mettre en place des alternatives telles que les familles d’accueil, l’adoption et les petits homes de type familial. Le gouvernement a reçu des millions d’euros de la Commission européenne pour « améliorer les conditions de vie » et rénover les anciennes institutions, mais il n’a rien fait pour changer le système médical, faciliter l’intégration des enfants, soutenir leur accès à l’éducation et leur socialisation. Des centres journaliers, des homes et des centres de réhabilitation ont vu le jour grâce à une partie des fonds européens, mais sans évaluation des besoins des clients potentiels, sans réelle sélection et formation du personnel, sans cette nouvelle philosophie de vie indépendante.

Aussi, les alternatives ne concernent pas les pensionnaires des grandes institutions mais servent en partie les communautés locales qui ont aussi besoin de tels services. Les enfants en institution y étaient toujours et continuaient à souffrir des mauvais traitements, des comportements dégradants et des conditions de vie inhumaines.

En 2006, nous avons réussi à filmer un de ces homes (dans le village de Mogilino, où 75 enfants vivaient) pendant neuf mois. Le film était intitulé « Les enfants abandonnés de Bulgarie » et a été diffusé sur BBC4 le 13 septembre 2007. Il a aussi été diffusé sur BBC2 le 18 novembre. Le film montre que les améliorations matérielles dans ces institutions n’étaient pas suffisantes et que les enfants y sont traités dans des conditions inhumaines inacceptables et dégradantes, sans aucune perspective d’avenir.

La réaction au film au Royaume-Uni a été très forte, mais le gouvernement bulgare a maintenu qu’avec un nombre aussi élevé d’enfants handicapés, n’importe quel pays européen aurait atteint les mêmes résultats. Ces quatre dernières années, chaque fois qu’un scandale a éclaté dans les médias, le gouvernement a fermé un home et déplaçait les enfants dans d’autres institutions, ne leur laissant donc aucune chance d’être désinstitutionalisés. Après 40 jours de discussion en septembre et octobre 2007 avec les ONGs locales, les médias et les ministères, aucun d’entre eux n’était disposé à se pencher sur une solution. Nous avons formé une coalition d’ONG fondée par l’Unicef qui a finalement atteint un accord avec l’Etat pour une désinstitutionalisation réelle des 75 enfants du home de Mogilino. C’est la première fois qu’ils travaillaient dans un tel projet et c’était un grand défi pour eux. Avant, ils n’étaient pas concernés par cette question. Nous avons aussi soutenu une protestation civile du Mouvement des Mères Bulgares à l’adresse du Ministère des Affaires sociales, insistant sur le besoin d’une politique cohérente à long terme pour lutter contre l’abandon et pour les soins de qualité à apporter à tous les enfants handicapés mentaux bulgares, et en particulier à ceux placés en institution. Une organisation civile menait donc campagne pour la première fois dans un espace public pour défendre non pas ses propres intérêts, mais ceux des membres les plus vulnérables de notre société.

52 Guide Européen pour le Dialogue Civil